Le somnambulisme

Auteur
Canal Vie

Le somnambulisme n'est pas facile pour ceux qui en souffrent, ni pour leurs conjoints ou pour les parents d'un enfant aux prises avec ce problème. Ce n'est pas une maladie, mais plutôt un phénomène physiologique qui se manifeste au cours de la nuit.

C'est en général un comportement non-dangereux, une pathologie du sommeil d'origine neurologique. Il survient d'habitude lors d'un éveil incomplet en sommeil lent. Les somnambules semblent éveillés et ils ont les yeux ouverts. Ils se limitent normalement à des déambulations autour de la chambre.

À quel moment survient-il?

Il se manifeste durant le premier tiers du cycle de sommeil, pendant la phase la plus profonde qui suit l'endormissement. C'est le moment où les rêves sont moins fréquents.

D'ailleurs, les somnambules ne rêvent pas au cours de leur épisode de somnambulisme. Durant ces moments, le cerveau réagit comme celui d'une personne éveillée. De plus, l'enfant qui sort d'une fièvre importante ou se retrouve ailleurs que chez lui peut aisément vivre un épisode de somnambulisme.

Les statistiques

  • On l'observe plus souvent chez les enfants, surtout les garçons de 7 à 12 ans, mais il peut aussi survenir vers l'âge de 2 à 3 ans chez les filles.
  • On remarque une nette amélioration dès la puberté. D'ailleurs, un grand nombre de somnambules enfants ne revivent plus cet état une fois rendus à l'adolescence.
  • On note également une tendance familiale au somnambulisme.
  • Cet état peut se présenter plusieurs fois par mois, particulièrement chez les enfants (6 à 10 %) ou une seule fois (pour 15 % des enfants).

Le somnambulisme chronique

Après la puberté, si les épisodes de somnambulisme se poursuivent, il serait sage de consulter un psychologue afin de chercher leurs causes et parvenir à éliminer le problème. Mais ne vous inquiétez pas, il s'agit d'une affection bénigne et généralement facile à régler.

Est-ce dangereux?

Le somnambulisme n'est pas vraiment dangereux en soi, mais les actions du somnambule peuvent parfois l'entraîner vers certains dangers.

Contrairement à la légende, il n'est pas dangereux de réveiller un somnambule durant sa phase de somnambulisme. Toutefois, il est préférable de ne pas le faire afin d'éviter qu'en se réveillant l'individu se croie dans un cauchemar et sursaute, ou réagisse violemment. Il pourrait aussi trébucher et se blesser gravement.

Cependant, dans le cas d'un enfant, il faut s'assurer qu'il ne puisse pas tomber ou qu'il n'ait pas accès à des zones dangereuses de la maison.

Le raisonnement d'un somnambule est en « mode sommeil », il n'a donc pas conscience de tout ce qui l'entoure.

Les comportements du somnambule

L'anxiété ou encore de mauvaises habitudes de sommeil chez l'enfant peuvent déclencher le somnambulisme.

L'adulte qui en souffre peut avoir des causes psychologiques souvent liées au stress et à l'anxiété. Des événements majeurs qui surgissent parfois au cours d'une vie jouent sur l'état de somnambulisme.

Certaines études auraient détecté un gène pouvant être associé au somnambulisme. Celui-ci ferait partie des gènes impliqués dans la régulation du système immunitaire. Il reste encore du travail à faire de ce côté avant d'aller plus loin...

Toutefois, ces dernières études, qui proviennent de l'hôpital universitaire de Berne, pourraient mettre le somnambulisme en relation avec un réseau métabolique complexe. Un jour, nous aurons peut-être une réponse claire, mais pour l'instant il faut s'en tenir à ce que nous savons... Et traiter ce comportement comme nous le faisons avec succès depuis des décennies.

Les différentes formes de somnambulisme

Le somnambulisme peut se manifester de plusieurs façons. Ainsi, la personne atteinte pourra :

  • Se promener les yeux ouverts.
  • Uriner dans un lieu inusité.
  • Utiliser un langage inapproprié (remarqué bien souvent chez les enfants).
  • Toujours faire le même rituel d'une fois à l'autre, très compliqué pour ceux qui observent le somnambule.
  • Avoir les yeux ouverts et essayer de se lever, mais sans être conscient de ce qui se passe.
  • Avoir un comportement à risques, comme essayer de sortir par la fenêtre ou par la porte vers l'extérieur (1 à 6 % des somnambules).
  • Dans certains cas rares, se promener avec des manifestations de terreur et d'agressivité.

Quoi faire si vous ou l'un de vos proches êtes somnambule?

En tout premier lieu, il convient d'éviter les périodes de fatigue ou de stress.

  • Limitez au minimum l'alcool, les drogues et les médicaments psychotropes.
  • Prévoyez des mesures de sécurité comme des barrières aux escaliers, des serrures renforcées aux fenêtres et aux portes, des protections pour les rebords ou les coins dangereux, et surtout évitez les lits superposés (particulièrement pour les enfants).
  • Assurez-vous que les somnambules autour de vous puissent circuler sans se blesser sérieusement. Rangez les jouets ou tout autre obstacle pouvant leur nuire.
  • S'ils sont trop agités, parlez-leur lentement et dirigez-les doucement vers le lit.
  • Si la situation dégénère, n'hésitez pas à consulter un médecin, car il arrive parfois qu'un problème médical sous-jacent soit la cause.
  • L'hypnose s'est révélée utile chez certaines personnes avec le problème du somnambulisme.

De plus, sachez qu'en général, le lendemain d'un épisode de somnambulisme, la personne est en grande forme et pas spécialement fatiguée...

En somme, il ne faut pas dramatiser, car il n'y a pas grand-chose à faire, sauf attendre... Bien souvent, ce phénomène disparait avec le temps. Évitez de mentionner l'épisode à l'enfant au lendemain de sa phase de somnambulisme, car il ne s'en souvient pas. Vous pourriez le traumatiser un peu.

Le secret de la réussite avec un somnambule demeure la patience. Après quelque temps, ces épisodes ne seront probablement qu'un souvenir un peu comique.

Gilles Lapointe, rédacteur Canal Vie

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