L'endométriose : ces douleurs menstruelles méconnues

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Canal Vie
Maux de ventre

L'endométriose se caractérise par des douleurs plus ou moins violentes lors des menstruations. Toutefois, la cause est toujours inconnue et les symptômes, fort désagréables.

Définition

Fréquente et complexe, l'endométriose est un trouble gynécologique qui affecte entre 5 et 15 % des femmes, selon les pays. Elle apparaît généralement entre l'âge de 25 et de 40 ans, se caractérise par des douleurs chroniques au bas du ventre, provoquées par la présence de tissu endométrial à l'extérieur de l'utérus.

Origines

Les causes de l'endométriose sont inconnues. Toutefois, les professionnels de la santé émettent certaines hypothèses. Il est possible, chez certaines femmes, que le flux menstruel soit dirigé vers la cavité pelvienne qui renferme notamment la vessie (phénomène d'inversion). D'autres spécialistes estiment que le tissu pourrait migrer par les systèmes lymphatique ou sanguin. Des facteurs génétiques ou environnementaux sont également sous la loupe des chercheurs.

Contagion

L'endométriose n'est pas une maladie contagieuse.

Conséquences sur la grossesse

L'endométriose a des impacts sur la fertilité des femmes. En fait, de trois à quatre femmes sur 10 deviendront infertiles. Les adhérences du tissu endométrial empêchent parfois la libération de l'ovule ou son passage vers les trompes de Fallope. Chez les personnes atteintes de façon légère ou modérée, la grossesse est généralement possible à l'intérieur d'une période d'environ cinq ans. La femme qui désire des enfants devrait donc éviter de retarder une grossesse. D'ailleurs, ce trouble gynécologique est parfois diagnostiqué lors de tests liés à l'infertilité de la femme.

Les symptômes

Plusieurs symptômes sont associés à l'endométriose. Les symptômes qui affectent les femmes atteintes d'endométriose diffèrent de l'une à l'autre. Plusieurs ressentent des douleurs dans le bas-ventre qui irradient parfois dans le bas du dos. Ces douleurs s'accentuent lors des menstruations, lors de l'évacuation de l'urine et au moment des rapports sexuels. Certaines femmes atteintes ressentent des douleurs lors de l'ovulation.

L'endométriose est aussi accompagnée de fatigue, d'irritabilité, de pertes prémenstruelles brunâtres, de sang dans l'urine ou dans les selles, voire de saignements rectaux, lors des menstruations. Notez qu'une grossesse élimine temporairement les douleurs tandis que la ménopause assure un soulagement définitif. Toutefois, certaines femmes ne présentent pas de manifestation apparente ni de symptômes de l'endométriose. Celle-ci est diagnostiquée par hasard au cours d'un bilan d'infertilité.

  • Douleurs plus ou moins violentes lors des menstruations
  • Douleurs abdominales basses
  • Saignements d'origine génitaux
  • Douleurs au niveau des jambes ou du bas du dos 
  • Rapports sexuels douloureux
  • Troubles digestifs et urinaires
  • Diarrhée, constipation, douleurs lors de la défécation
  • Fatigue chronique
  • Nausées, vomissements, vertiges, douleurs pulmonaires


Si vous souffrez d'un ou de plusieurs symptômes décrits plus haut, cela ne veut pas nécessairement dire que vous êtes atteinte d'endométriose. Le diagnostic précis d'un professionnel de la santé est le seul remède qui saura soulager vos appréhensions. Consultez sans tarder votre médecin ou votre gynécologue qui saura identifier le trouble gynécologique et atténuer la douleur.

Diagnostic

L'endométriose est diagnostiquée grâce à un examen gynécologique approfondi. On peut avoir recours à une échographie (pour déceler les endométriomes), une IRM, une laparoscopie ou une coelioscopie afin d'examiner la cavité abdominale avec un endoscope.

Risques de complications

L'endométriose est également responsable de la formation de kystes (qui peuvent atteindre la taille d'un pamplemousse), de tissu cicatriciel, voire d'adhérences qui lient les organes entre eux, augmentant la douleur de la personne atteinte. Ce tissu, quel que soit l'endroit où il se trouve, réagit aux fluctuations hormonales de la femme. Or, comme l'endromètre (la muqueuse utérine), il « saigne » lors du cycle menstruel.

C'est la présence de tissu endométrial à l'extérieur de l'utérus qui entraine des complications. À l'intérieur de l'utérus, il est responsable des menstruations. À l'extérieur de cet organe, les saignements ne peuvent être évacués normalement. Ils provoquent alors l'irritation du péritoine et/ou de divers organes. S'il reste généralement confiné à la région de l'utérus, le tissu endométrial peut atteindre d'autres organes (intestins, vessie, poumons), voire les bras ou les cuisses. Mais il s'agit là de situations exceptionnelles.

Risques accrus

Le risque augmente lorsque les règles durent longtemps ou que les cycles sont raccourcis. Les femmes blanches ou asiatiques, celles n'ayant jamais eu d'enfant, celles atteintes de malformations congénitales ou celles qui possèdent des antécédents médicaux à ce chapitre sont plus susceptibles d'être atteintes d'endométriose. Toutefois, il ne semble pas y avoir de lien avec le cancer des ovaires.

Prévention

Comme les causes de ce trouble gynécologique sont inconnues, il est difficile de prévenir l'endométriose. Toutefois, des chercheurs prétendent que l'activité physique, qui diminue le taux d'oestrogènes, pourrait être bénéfique. La consommation de légumes verts et de fruits réduirait également les risques. En contrepartie, les viandes rouges et le jambon favoriseraient l'apparition de l'endométriose. Toutefois, il ne s'agit que d'études préliminaires.

Traitement

Il n'existe aucun traitement définitif de l'endométriose. Même l'hystérectomie ne peut garantir la disparition totale des douleurs puisque le tissu endométrial peut affecter d'autres organes. Toutefois, plus le trouble gynécologique est diagnostiqué rapidement, mieux il est traité.

Certains médicaments peuvent toutefois apporter un soulagement temporaire. Des analgésiques, des anti-inflammatoires ou des traitements hormonaux peuvent soulager la douleur. La pilule contraceptive, le stérilet intra-utérin, l'acétate de médroxyprogestérone (un stéroïde synthétique qui exerce une action progestative), le Danazol, des hormones agissant sur l'hypophyse peuvent également être prescrits.

Toutefois, rappelons que ces traitements réduisent la douleur, sans traiter le trouble gynécologique proprement dit. Des interventions chirurgicales sont également possibles. Dans certains cas, le chirurgien peut retirer les excroissances endométriales, les tissus cicatriciels et les adhérences, souvent par laparoscopie. Malgré l'intervention, la douleur réapparait chez plusieurs femmes. Dans les cas extrêmes, l'ablation de l'utérus et des ovaires s'avère nécessaire.

Mais il y a de l'espoir. Les recherches progressent en ce domaine. Les plus prometteuses font état d'un processus inflammatoire dans le péritoine comme l'une des causes de ce trouble gynécologique.

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