Arrêt maladie : comment bien le vivre

arrêt de travail

Le médecin vous a mis en arrêt maladie en raison d'une dépression, d'un burn-out ou d'une maladie grave. Pourtant, vous avez toutes les peines du monde à vous y faire. Vous vous sentez coupable et redevable envers votre employeur et vos collègues ou vous n'arrivez tout simplement pas à l'accepter.  Rassurez-vous, c'est tout à fait normal. Comment faire en sorte que ce temps d'arrêt vous soit le plus profitable?

 

Quand la dépression vous frappe

Véritable maladie, la dépression se caractérise notamment par une grande tristesse, un sentiment de désespoir, une perte de motivation et l'impression de ne pas avoir de valeur en tant qu'individu. D'après Santé Canada, environ 11% des Canadiens et 16% des Canadiennes souffriront d'une dépression majeure au cours de leur vie.

L'histoire de Marie-Hélène

Pour Marie-Hélène, professeur au cégep ayant vécu une dépression majeure il y a quelques années, l'acceptation de son état a été d'autant plus difficile que, jusqu'à la veille de son rendez-vous chez le médecin, elle arrivait à tout faire ou presque. «J'aurais tellement voulu avoir un mal «qui se voit», comme une jambe cassée.»

En arrêt de travail sur ordre de son médecin, Marie-Hélène culpabilise pour tout. «Je culpabilisais de ne pas être capable de m'occuper davantage des enfants, de ne pas avoir une maison ultra-propre, alors que j'y passais mes journées et surtout, de me sentir encore épuisée après trois semaines passées à la maison, à ne rien faire sinon dormir.»

Sortie de son milieu de travail pendant quelques mois, avant son retour, Marie-Hélène angoisse. «J'avais peur de la réaction des gens, peur de retomber, peur d'avoir à tout raconter.» Selon Caroline Morin, ergothérapeute, les gens qui souffrent de dépression sont réellement malades et méritent les meilleurs soins en plus d'une attitude compatissante, même au retour.

 

Vivre un burn-out

Le burn-out est une maladie caractérisée par un ensemble de signes, de symptômes et de modifications du comportement en milieu professionnel. L'état de fatigue des gens atteints est lié à l'exposition à un stress permanent et prolongé.

L'histoire de Marie-Claude

Marie-Claude, professionnelle des communications, a été en congé pendant près de deux ans pour cause de burn-out. «Lorsque mon médecin m'a donné congé, je me suis sentie coupable. Pendant les deux premières semaines, j'ai juste pensé au bureau. Je me sentais faible, j'avais l'impression de ne pas avoir réussi, l'impression d'avoir laissé tomber mes collègues. Le temps seul peut nous faire accepter.»

Le burn-out ou la dépression n'arrivent pas d'un coup. Marie-Claude affirme que ce qui l'a menée à cet épuisement professionnel, c'est son incapacité à dire non. Éventuellement, tout s'écroule.

En arrêt Marie-Claude ne parlait pas beaucoup de sa maladie. «Je m'encabanais afin de ne pas montrer aux autres ma détresse. Je n'avais plus d'intérêt et me sentais diminuée. C'était difficile à accepter.»

Pendant le congé, ce qui est le plus difficile c'est l'incompréhension des gens, affirme Caroline Morin. «Il y a encore tellement de préjugés que les gens ne savent pas comment agir. Au Québec, le gouvernement doit continuer de sensibiliser la population au fait que la dépression et le burn-out sont de réelles maladies.»

Lorsque vous souffrez, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. De plus, selon Mme Morin, pour prévenir les dépressions et les burn-out, les employeurs doivent être plus à l'écoute de leurs employés. Ils doivent apprendre à détecter les signes et être plus compréhensifs face au sentiment de débordement. Trop souvent, les employeurs ne réagissent qu'après coup, une fois que l'employé a atteint le fond et a dû partir. Un employé qui se sent compris ressentira moins le besoin de partir. Parfois, un simple repos permet que tout rentre dans l'ordre.

 

Faire les changements nécessaires

La dépression et/ou le burn-out sont des périodes d'apprentissage qui vous obligent à prendre du recul par rapport à vous-même. Vous devez comprendre pourquoi vous avez dû quitter provisoirement votre emploi, informe madame Morin.

Elle ajoute qu'avant de retourner au travail, vous devez vous sentir assez solide, mais vous ne devez pas attendre trop longtemps, car cela ne fait que rendre le retour encore plus difficile. Le retour au travail est souvent un moment de doute et d'inquiétude.

 

Chacun ses sensibilités

Certains sont sensibles aux changements saisonniers. Leur besoin de soleil se fait sentir lorsque l'hiver s'éternise ou que les saisons sont pluvieuses. Pour d'autres, c'est la maternité qui est la source d'une grande fatigue. Les nouveaux parents essaient de continuer à en faire autant, se sentent parfois mal de faire la sieste et cela ralentit la récupération.

Si votre énergie n'est pas revenue, que votre batterie n'est pas pleinement rechargée lors de votre retour, le travail ajouté aux responsabilités familiales et individuelles ne fait que décharger plus rapidement vos réserves d'énergie. Et ce n'est pas que vous, mais également vos proches, qui souffriront de votre état.

 

En cas de maladie grave

Si vous vivez une maladie grave, la compréhension de votre entourage est là. Personne ne vous reprochera votre départ ou ne vous jugera. Comparativement à la dépression et au burn-out, la maladie n'est pas tabou.

 

Se préparer 

Lorsque vous apprenez que vous avez une maladie grave, d'ordinaire vous avez un peu de temps devant vous avant que des traitements débutent. Ceci permet de préparer votre départ. En déléguant, on se sent prêt et moins coupable face à ses collègues.

Selon Caroline Morin, les employeurs et collègues doivent garder le contact avec la personne malade, peu importe la cause de la maladie, mais jamais ils ne doivent aborder le sujet du travail. « Offrez votre support, votre écoute à votre collègue, ceci l'aidera à diminuer sa culpabilité et diminuera son angoisse du retour, mais éviter de parler ou de poser des questions à propos d'un de ses anciens dossiers. Ce dont a besoin la personne malade, c'est de se sentir supportée. »

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