Pourquoi porter le masque est la bonne chose à faire

Auteur
Marie-Ève Laforte
21 juillet 2020

Je reviens de l’épicerie et ça m’a fait un bien fou de voir que 100 % des gens à l’intérieur étaient masqués… Et que l’atmosphère était tout à fait calme et normale (dans les circonstances). J’étais un peu inquiète de l’adoption des nouvelles règles, mais les récalcitrants semblent être restés des cas très isolés. Gros parleurs sur les réseaux sociaux, petits faiseurs?

 

Le masque ailleurs dans le monde

Dans le monde à l’heure actuelle, une cinquantaine de pays ont imposé le port du masque, soit en totalité, soit en partie -comme dans les transports en commun, par exemple. Et ceci n’inclut pas les pays où le masque n’est obligatoire qu’à certains endroits spécifiques, comme le Canada (le Québec, Toronto) ou les États-Unis (Californie, New York, New Jersey, Oregon, plusieurs villes).

Ce que l’on sait, c’est que plusieurs pays qui appliquent rigoureusement la règle du masque (la Corée du Sud, le Japon, Taiwan) sont aussi ceux qui s’en sortent le mieux durant cette crise. Une étude qui s’est penchée sur les données provenant de 198 pays a clairement démontré que plus ceux-ci mettaient en place des règles concernant le port du masque obligatoire tôt dans le processus, mieux elles s’en sortaient du point de vue de la mortalité reliée à la COVID-19. 

«En Amérique du Nord, où le virus circule présentement, porter un masque est la chose la plus importante que l’on puisse faire pour garder le contrôle sur la situation,» a expliqué le Dr. Christopher Leffler, de l’Université Virginia Commonwealth. 

 

En l’absence de solution miracle, si on essayait au moins de se protéger les uns les autres?

Non, les masques ne sont pas une solution miracle pour prévenir d’attraper ou de transmettre le virus. Oui, ils varient certainement en «protection» réelle, selon leur confection ainsi que selon la manière dont les gens le portent. Et effectivement, l’avis des autorités là-dessus a porté à confusion depuis le début de la crise, même si c’est tout à fait normal dans une situation sans précédent de s’ajuster à mesure et de changer de cap au besoin.

Mais rien de ça n’empêche le masque de constituer l’une des meilleures options que nous avons à notre disposition, présentement. Il ne faut pas croire qu’on porte le masque pour se protéger soi-même; il ne s’agit pas d’une barrière imperméable contre les particules du virus qui pourraient y entrer. Par contre, il est efficace pour empêcher quelqu’un d’émettre des gouttelettes infectées, que ce soit en respirant, en parlant, en toussant ou en éternuant.

Même si le masque qu’une personne individuelle porte n’est pas parfait, «tout ce qui compte c’est qu’une masse critique de gens le porte, particulièrement à l’intérieur,» affirme le Dr. Leffler.

Personne n’est immunisé contre la COVID-19; aucun niveau de privilège ne peut prévenir de l’attraper. Mais même si nous n’avons pas de contrôle là-dessus, nous avons par contre un moyen très simple d’essayer d'éviter de la transmettre aux autres… aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux personnes malades : porter un masque.

 

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Une réflexion marquante

Voici une réflexion que j’ai lu dans les derniers jours et qui me hante depuis. Comme plusieurs personnes, j’avais l’impression que la pandémie allait nous rapprocher comme société, comme êtres humains. Que des liens de solidarité, d’entraide et d’empathie allaient se créer… Et c’est certainement arrivé, Dieu merci. Mais je trouve aussi que la crise révèle beaucoup plus le pire que le meilleur : l’impatience, le manque de civisme, le mépris, la division, les insultes, l’adhérence à des théories du complot toutes plus farfelues les unes que les autres.

Alors cette réflexion anonyme allait comme suit : «Ce que la pandémie et le débat sur le port du masque m’ont surtout montré, c’est à quel point les gens sont égoïstes. Pas dans le sens régulier du terme, comme dans «Je ne vais certainement pas partager ce que j’ai avec les autres» … Mais plutôt comme dans : «Je préfère te laisser mourir plutôt que de devoir subir un inconvénient mineur»».

Nous vivons dans une société, avec des règles non-écrites pour que tout se passe bien dans la communauté. Mais malgré ça, les désavantages au quotidien sont très peu nombreux, avec énormément plus de liberté que d’obligations. Là, maintenant, avec le port du masque, c’est sans doute la première fois de notre vie qu’un gouvernement intervient pour nous obliger à poser un geste de civisme, qui est à 100 % pour les autres et qui n’entrave en rien nos possibilités. 

La première fois –et probablement la dernière aussi. C’est pourquoi le mouvement anti-masque me fait autant mal; au milieu des discours qui refusent d’admettre les inégalités raciales ou encore le biais favorable envers les agresseurs, il me fait complètement perdre foi en l’humanité.

 

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