Une nouvelle vague de pollution causée par la COVID-19

Auteur
Cynthia Brunet
28 septembre 2020
Une nouvelle vague de pollution

On parle de la 2e vague de la COVID-19, mais on parle peu de la vague de pollution que génère cette même pandémie. Pourtant, vous vous souvenez, il y a de cela… un an, le 27 septembre 2019, une foule immense déambulait dans les rues de Montréal avec Greta Thunberg à sa tête. On souhaitait que des changements opèrent dans la lutte contre les changements climatiques. Il y avait un vent de changement, un souffle d’espoir. Et puis, il y a eu la pandémie de la COVID-19.

Du confinement au déconfinement, basculer à nouveau dans la (sur) consommation

Notre quotidien a été chambardé avec la pandémie de la COVID-19. Le confinement en mars dernier nous a troublés, mais en même temps nous a ouvert les yeux sur les beautés qui nous entourent. Les oiseaux se sont remis à chanter, les animaux sont revenus visiter des lieux qu’ils avaient abandonnés. On a écouté le silence, alors que les voitures avaient cessé de circuler. Le ralentissement a fait du bien à notre planète et nombreux sont ceux à avoir réalisé qu’il était possible de vivre plus simplement, que le plus important était la nature qui nous entoure. En même temps, le plastique est revenu en force, comme s’il était la solution à tous nos maux, comme s’il pouvait nous protéger de tout.

Puis, le déconfinement s’est amorcé. Et, on a oublié toutes nos réflexions?!

Oui et non. Je pense surtout que plusieurs d’entre nous se sont ennuyées d’une normalité… normalité qui ne reviendra probablement pas. On a besoin de combler un manque et cela se fait parfois par des excès. On le voit alors que les gens se lancent pour réserver des vols pour aller nulle part… Vraiment?! Sommes-nous rendus là, à se soucier si peu de la pollution générée par un avion? Simplement parce qu’on s’ennuie de voyager?

Nos inquiétudes augmentent également l’utilisation du plastique à usage unique, alors que dans la majorité des cas, cela ne s’avère pas nécessaire. Après avoir basculé dans les extrêmes, de part et d’autre, peut-être faut-il retrouver un juste milieu pour protéger notre planète?

La plastique à usage unique qui reprend une place de choix

Alors qu’on était sur le point d’interdire l’utilisation du plastique à usage unique, on fait face à une recrudescence de son utilisation. Un récent sondage effectué par des chercheurs de l’Université Dalhousie à Halifax a mis en lumière ce triste constat. Dans cette enquête, on apprend que «29 % des participants estiment qu’ils achètent davantage de produits emballés en plastique depuis le début de la pandémie. Parmi les jeunes adultes interrogés, âgés de 18 à 25 ans, près de la moitié (47 %) disent en consommer davantage.» Même sans sondage, il suffit de regarder autour de soi pour voir que le plastique est partout, même le chauffeur d’autobus est pratiquement emballé dans une pellicule de plastique!  

Les sacs de plastique ont aussi fait leur grand retour dans les épiceries et dans les magasins de toutes sortes. Au début de la pandémie, on n’avait souvent pas d’autres choix, mais voilà que maintenant, on peine à reprendre notre bonne habitude d’avoir en tout temps nos sacs réutilisables.

De 450 à 500 ans pour qu’un masque se décompose dans la nature

Le matériel médical génère une quantité astronomique de déchets; il en va toutefois de la sécurité du personnel soignant. Ces gens affrontent au quotidien les aléas liés à la COVID-19 et doivent avoir la protection optimale. Il faut toutefois savoir qu’un masque N95 prend entre 450 et 500 ans pour se désagréger dans la nature. Et ces masques ne sont qu’une composante de l’équipement de protection. Il y a aussi les gants, les visières… sans parler des bouteilles de gel désinfectant.

Heureusement, diverses entreprises tentent de développer des produits qui auraient la même efficacité, mais qui ne seraient pas à usage unique. D’autres tentent de trouver une façon de réutiliser les masques déjà sur le marché. À cet effet, un consortium de scientifiques participe au projet N95DECON afin de trouver des façons de décontaminer ces masques pour qu’ils puissent être réutilisés.

 

Pour tout lire sur la COVID-19, c'est ici.

 

Des masques et des gants : les nouveaux déchets des fonds marins

Cependant, même lorsqu’on sort du milieu hospitalier, les masques de procédures et les gants sont également utilisés en grande quantité dans différents milieux, que ce soit dans nos écoles et dans les usines, et se retrouvent trop souvent dans l’environnement.

On les aperçoit en bordure de la route, dans les parcs et sur les berges de nos plans d’eau. Et ils finissent un jour ou l’autre par atteindre nos océans. Alors que ces déchets étaient quasi inexistants auparavant, ils font dorénavant partie du paysage dans différents écosystèmes. C’est ce qu’a remarqué, entre autres, un plongeur aguerri, Laurent Lombard, fondateur de l'ONG "Opération mer propre", tout au fond de la méditerranée. Cette nouvelle forme de pollution vient évidemment nuire à la vie marine et sous-marine.

Autant que possible, les masques lavables et réutilisables doivent donc être utilisés. Lorsque cela s’avère impossible, des entreprises comme Terracycle ont développé un procédé pour pouvoir les recycler. Il faut, néanmoins, débourser pour ce service. Une petite boite se détaille à plus de 130 $. Mais peut-être est-ce le prix à payer pour ne pas submerger notre planète de ces déchets?

Le suremballage des achats en ligne

Les achats en ligne ont également fait un bond considérable, ce qui contribue également à accentuer la pollution. Je suis toujours surprise lorsque je reçois un colis. Je me demande ce que j’ai pu commander de si gros! Et puis, je découvre une boite, dans une boite, dans une boite… un peu à la manière d’une poupée russe! En plus, on y ajoute du papier bulles. Tout cet emballage est-il vraiment nécessaire?

À l’opposé, lorsque je fais des commandes en ligne de produits québécois, régulièrement, selon les entreprises bien sûr, les contenants sont recyclables, compostables. Je peux même les planter pour obtenir des carottes ou des fleurs, selon le moment. Il faut se questionner par rapport à ce que l’on achète et la manière dont ces produits nous sont livrés. Évidemment, il y a un prix d’associé à tout ça, mais on peut tous, à notre façon, faire une petite différence, à tout le moins signifier notre aberration devant le suremballage.

Des plats pour emporter qui remplissent les poubelles ou un panier de pique-nique qui tend vers le zéro déchet?

Même chose du côté des plats pour emporter. Les poubelles de ma très belle ville ont débordé tout l’été, étant donné ces fameux contenants. Plusieurs préfèrent prendre un repas pour emporter plutôt que d’aller au restaurant. Mais, on se retrouve avec une multitude de contenants qui ne font qu’augmenter les déchets que l’on produit. Pourquoi ne pas trouver des alternatives, comme des plats consignés? L’idée commençait à se frayer un chemin avant la pandémie. Elle doit être remise à l’avant-plan. D’ailleurs, durant l’été, différents commerces à travers le Québec proposaient des paniers de pique-nique pour emporter. À la fin de la journée, il suffisait de le rapporter à ce même restaurant. Une belle idée qui permet de diminuer la quantité de déchets qu’on laisse derrière soi.

D’autres formes de pollution qui s’amoindrissent…

Bien sûr, certaines formes de pollution ont grandement diminué. Les avions ne sont plus aussi nombreux à circuler dans le ciel jour et nuit. Les voitures demeurent plus souvent dans notre entrée, étant donné qu’une grande proportion de la population travaille de la maison. Toutefois, d’autres formes de pollution sont en plein essor et le plastique est sans aucun doute l’un des grands gagnants de cette pandémie. Bien qu’il faille se soucier de la COVID-19, il faut tout autant se soucier de la planète que nous laisserons aux prochaines générations.

Rappelons-nous qu’on ne recycle dans les faits qu’environ 9 % des plastiques au Canada et la majeure partie des déchets plastiques (89 %) qui reposent au fond des océans provient d’objet à usage unique. Pensons-y… car oui, un jour, la COVID-19 sera derrière nous, mais notre planète sera toujours sous nos pieds. En espérant qu’elle puisse traverser cette pandémie sans trop de répercussions irréversibles.

Sources : Radio-Canada, La Presse, Le Soleil, TV5, 10000changes.ca

 

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