La maladie de Ménière

Auteur
David Nathan
Une femme qui souffre de maux de tête

Définition

La maladie de Ménière (on dit parfois aussi syndrome de Ménière ou encore vertige de Ménière) est une maladie qui touche l’oreille interne et qui se traduit par des crises de vertiges ainsi que l'apparition d'acouphènes et une perte de l’audition.

Les symptômes de la malade de Ménière

On associe généralement trois symptômes principaux à la maladie, survenant d'un seul côté:

  • Des acouphènes et des bourdonnements d’oreille (qui peuvent annoncer la survenue d'une crise).
  • Des vertiges (qui sont associés à une angoisse, des palpitations et des sueurs).
  • Une surdité (qui est constante pendant que la crise se produit). On notera que la baisse d'audition peut aller de quelques secondes à quelques jours.

Origine de la maladie

C'est le médecin français Prosper Menière qui a découvert cette maladie et ses symptômes au XIXe siècle. Si ceux-ci sont bien connus, les mécanismes impliqués dans leur apparition ne le sont encore en revanche que partiellement et la cause exacte de la maladie est à ce jour inconnue.

On sait cependant que la maladie est liée à des modifications au niveau de l’endolymphe, c'est le liquide présent dans l’oreille interne et qui en assure le bon fonctionnement.

Diagnostiquer la maladie de Ménière

Pour diagnostiquer la maladie, il faut réaliser un bilan ORL (oto-rhino-laryngologie), ce qui va permettre au médecin d’éliminer les autres pathologies qui peuvent avoir les mêmes symptômes. Le diagnostic de la maladie est souvent rendu compliqué car les symptômes sont parfois dissociés et n'apparaissent pas tous au même moment. Elle est en revanche facilement diagnostiquée si le patient présente en même temps des vertiges, une baisse de l’audition ainsi que des acouphènes, le tout apparaissant sous forme de crises à répétition.

Pour réaliser le diagnostic, les médecins disposent de plusieurs outils :

  • Des tests audio-métriques : une audiométrie tonale (qui concerne les fréquences atteintes et la sévérité de l’atteinte), une audiométrie vocale (qui à trait au retentissement de la perte auditive en ce qui concerne de compréhension).
  • Des épreuves vestibulaires, pour tester le système de l’équilibre situé dans l’oreille interne (enregistrement des mouvements oculaires par caméra vidéo).
  • Des épreuves rotatoires (en faisant tourner plus ou moins rapidement le fauteuil d’examen).
  • Des épreuves caloriques (on introduit successivement de l’eau chaude et de l’eau froide dans chaque oreille).
  • Des examens dans une cabine insonorisée avec un casque (pour détecter certaines anomalies du nerf auditif).
  • Par imagerie par résonance magnétique (IRM), ce qui permet de vérifier l’absence d’autre cause de vertiges dont les symptômes sont proches de ceux de la maladie de Ménière.

Les crises

La sévérité de la maladie de Ménière est très variable d’une personne à l’autre. Pour certains malades, les crises sont très rares et peu intenses alors que pour d'autres, des accès de vertiges sont fréquents et sévères, tout comme les acouphènes et une perte auditive prolongée.

Dans les cas les plus graves, la crise peut devenir presque permanente. La maladie de Ménière se manifeste par des crises de vertiges, des bourdonnements d’oreille et une perte d’audition (surtout des sons graves). La plupart du temps, la maladie de Ménière ne touche qu’une seule oreille, mais il arrive parfois qu'elle touche les deux (très rare). Les accès de vertiges apparaissent de façon subite et durent entre 15 minutes à plusieurs heures.

Les vertiges commencent généralement par une sensation d’oreille bouchée avec une baisse de l’audition, des bourdonnements ou des sifflements (acouphènes). La personne qui subit une telle crise a souvent l’impression que tout tourne autour d'elle, ce qui lui provoque des nausées et parfois des vomissements. On constate aussi parfois l'apparition de diarrhée, de pâleur et de sueurs. La crise se calme de façon progressive. Le malade peut ressentir un état de somnolence et de faiblesse après les vertiges.

Prévalence

La prévalence de la maladie de Ménière (nombre de personnes qui en sont atteintes) est très variable puisqu'elle se situe de 1 sur 600 à 1 sur 10 000. Cette grande amplitude s'explique par des critères diagnostiques qui diffèrent selon les études ainsi que par les variations géographiques possibles.

Qui est concerné?

La maladie de Ménière peut toucher toutes les populations. Elle est cependant plus fréquente chez les femmes (60-65 %). Si elle survient principalement entre 20 et 50 ans, elle peut cependant apparaître à tous les âges de la vie. On notera toutefois qu'elle est plus rare chez les enfants et les adolescents.

La maladie de Ménière est-elle contagieuse ?

La maladie de Ménière n’est pas contagieuse.

Comment la maladie évolue-t-elle?

En ce qui concerne l’évolution de la maladie de Ménière, elle est très variable et imprévisible. Les périodes de crise peuvent s'étaler de 5 à 20 ans à raison de quelques crises par an à plusieurs crises par semaine. Les périodes de rémission (sans crises) apparaissent spontanément et peuvent se prolonger jusqu’à plusieurs années. Parfois, il y a des complications et certains malades peuvent souffrir d’une perte d’audition définitive ainsi que de troubles de l’équilibre quasi permanents. En ce qui concerne les acouphènes, ils sont très fluctuants, mais persistent parfois à long terme.

Comment traiter la maladie?

Les traitements «de fond» visent à faire diminuer la fréquence et la sévérité des crises. Ils comportent:

  • Des conseils sur le mode de vie et l'alimentation (réduction des apports en sel, prise d' un médicament en continu).
  • Une prise en charge psychologique.
  • Une rééducation vestibulaire (rééducation sensorielle de l’équilibre mettant en interaction la vision, l’oreille interne, la colonne rachidienne et les pieds).
  • Administration d’un antivertigineux, d’un sédatif et/ou d’un antiémétique.
  • Des traitements chirurgicaux ou chimiques destructeurs qui visent à détruire les récepteurs vestibulaires (labyrinthectomie chimique ou chirurgicale) ou à sectionner le nerf vestibulaire (neurotomie vestibulaire).
  • Un traitement «pressionnel». Mise en place d'un drain ou aérateur transtympanique (tube traversant le tympan).


Sources:
www.passeportsante.net
www.france-acouphenes.org
www.lesvertiges.com
www.orpha.net

 

Note

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