Coliques

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Canal Vie

Les coliques sont vieilles comme le monde et demeurent pourtant un véritable mystère : les coliques. Pourtant, quand elles apparaissent chez notre poupon vers l'âge de 2-3 semaines pour ne disparaître qu'environ vers le 3e mois sinon plus, qu'elles peuvent faire crier notre enfant au moins trois heures par jour, tous les jours, souvent à la même heure et souvent le soir, c'est parfois à en devenir totalement fou!

Causes des coliques

Bien que certains médecins avancent quelques pistes quant à aux causes des coliques, rien n'est scientifiquement prouvé et aucun remède ne vient non plus tout régler. Plusieurs théories sont avancées par les professionnels pour expliquer les pleurs intenses des bébés. Celles-ci sont généralement liées à un manque de maturité psychologique et/ou physique du nourrisson :

  • Système digestif immature
  • Angoisse (surtout en soirée)
  • Anxiété de la mère
  • Excès de stimulation
  • Besoin d’évacuer les tensions
  • Intolérance alimentaire (protéines bovines)

Qui est touché des coliques? Quels sont les facteurs de risque?

25 à 40 % des enfants souffrent de coliques. Elles débutent généralement vers la 3e semaine de vie et peuvent durer jusqu’à 3-4 mois. Certains facteurs de risque supplémentaires ont été identifiés, mais ils ne sont pas vraiment prouvés :

  • La mère fume pendant et après la grossesse
  • Il s’agit du premier enfant de la mère
  • Si la mère allaite, un jet de lait très puissant peut parfois être à l’origine de troubles digestifs
  • La mère a entre 30 et 34 ans au moment de la naissance de son bébé

Contagion

Les coliques ne sont pas contagieuses.

Les principaux symptômes

Les symptômes peuvent être légèrement différents selon les nourrissons, mais ils regroupent d’habitude :

  • Des pleurs très intenses et aigus, le plus souvent en fin de journée.
  • Une grande agitation physique : poings serrés, visage rouge, dos arqué.
  • Un petit ventre dur et sensible au toucher.
  • Des gaz.

Diagnostic des coliques

Il faut bien s'assurer que notre bébé ne perd pas de poids, est en santé, donc ne fait pas de fièvre, ne vomit pas, n'a pas la diarrhée et que rien dans son comportement habituel (hormis les pleurs) n'a changé. Il mange bien, dort comme avant... Si vous avez des doutes, n'hésitez pas à consulter votre médecin ou à appeler le service sans frais Info Santé. Des infirmières qualifiées sont aptes à déceler le type de pleurs, ou par leurs questions, à nous aider à évaluer s'il s'agit bien de coliques ou d'une affection plus sérieuse.

Les coliques sont la première cause de consultation pour les nouveau-nés. Si l’enfant grandit et se développe normalement et si aucune maladie spécifique n’est identifiée, le médecin diagnostique généralement des coliques… Il n’y a pas grand-chose à faire, à part patienter.

Possibles risques de complications

Passé 4 mois, si les coliques persistent, il devient nécessaire de consulter à nouveau afin de vérifier si elles ne sont pas causées par une maladie (par exemple, le reflux gastro-œsophagien).

Traitement des coliques

Il n’existe malheureusement aucun traitement médical contre les coliques… Toutefois, des générations de parents accablés par les pleurs de leurs enfants ont partagé les moyens qu’ils utilisent pour soulager l’inconfort du bébé :

  • Le porter sur soi dans un porte-bébé (vous ne le gâterez pas en le portant sur vous)
  • Le bercer
  • Lui faire un massage doux sur le ventre
  • Le promener en voiture ou en poussette
  • Lui placer une bouillotte tiède-chaude sur son ventre ou un sac magique légèrement chaud, attention toutefois aux brûlures
  • L'envelopper dans une couverture douce
  • Lui donner une suce
  • Le mettre à plat ventre sur une sécheuse en demeurant avec lui pour le surveiller : en aucun cas vous ne devez le quitter des yeux si vous le placez dans cette position
  • Placer bébé, le ventre sur notre avant-bras, face vers le sol, la tête vers le creux de notre coude
  • Lui chanter une berceuse, lui mettre de la musique douce
  • Lui faire écouter des enregistrements qui reproduisent les battements du coeur
  • Éviter de trop le nourrir, par peur que la faim ne soit la cause des pleurs, sans quoi cette faim pourrait rapidement devenir la conséquence des coliques
  • Lui faire faire plus de rots pendant la tétée et ne pas le presser à manger : quand on est stressé, il le ressent
  • Si on n'allaite pas, prendre des tétines avec régulation d'air ou des tétines qui soient adaptées à son appétit (ni trop petites, ni trop grandes)
  • Certains parents ont essayé des produits homéopathiques et ont été ravis du résultat : selon les études scientifiques, il n'est pas prouvé que l'homéopathie fonctionne, mais on sait aussi que ça ne peut pas avoir d'effets négatifs, autre que l'argent déboursé pour se procurer le produit. Donc, si on l'apprécie, on peut l'utiliser. Mais surtout,ne donnez aucun médicament à votre enfant sans au préalable demander l'avis au pharmacien ou à votre médecin.
  • D'autres parents se sont tournés vers l'acupuncture et ont constaté une réelle différence : heureusement, pour des enfants, les acupuncteurs n'utilisent pas d'aiguilles
  • Enfin, les adeptes des herbes ont trouvé leur bonheur dans les tisanes au fenouil

Prévention de coliques

Encore une fois, il n’est pas possible de prévenir les coliques. Certains parents ont toutefois remarqué qu’ils parvenaient parfois à en diminuer l’intensité grâce à quelques mesures relativement simples :

  • Effectuer régulièrement de légers massages abdominaux sur le bébé
  • La mère qui allaite doit éviter certains aliments qui donnent des gaz (choux, oignons, etc.), les aliments trop épicés et la caféine sous toutes ses formes (thé, chocolat, café, etc.)

Saviez-vous que...

Sérieuses ou pas pour le bébé, les coliques peuvent être extrêmement exténuantes et énervantes pour les parents qui se sentent dépourvus et impuissants face aux appels vains de leur nourrisson. Avant de perdre patience, n'hésitez pas à demander l'aide d'un parent, d'un ami ou de déposer votre enfant dans son lit au chaud, question de reprendre votre souffle. Le fait de pleurer ne le fera pas mourir, mais votre pause pourrait bien vous redonner l'énergie nécessaire pour en prendre soin et reprendre ce calme dont il a tant besoin.

Note

Les informations contenues dans cette fiche vous sont fournies à titre informatif seulement et vous permettront de poser des questions éclairées à votre médecin. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de la santé. Notre équipe de rédacteurs et d'experts met tout en oeuvre pour vous fournir de l'information de qualité. Toutefois, Canal Vie ne saurait être tenu responsable si le contenu d'une fiche s'avérait incomplet ou désuet. Nous vous rappelons qu'il est fortement recommandé de consulter un médecin si vous croyez souffrir d'un problème de santé.
 

Cet article a été révisé par Geneviève Harbec, cadre conseil pour le secteur de la pédiatrie au Chu Sainte-Justine.

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