COVID-19 et grossesse : prudence

Auteur
Cynthia Brunet
Femme enceinte

À ce jour, il existe peu de données sur les répercussions de la COVID-19 sur les femmes enceintes et sur leur fœtus. Toutefois, les premières informations, qui nous proviennent sur le sujet, sont rassurantes.

Peu de données à ce jour

La COVID-19 semble avoir un plus faible impact chez les femmes enceintes et leur fœtus que les deux derniers virus majeurs associés au coronavirus soit le SRAS (Syndrôme respiratoire aigu sévère) et le SRMO (Syndrôme respiratoire du Moyen-Orient). Malgré tout, la prudence s’avère essentielle puisque les données sont encore trop peu nombreuses pour dresser un tableau exhaustif.

Un système immunitaire plus faible

Les femmes enceintes ne semblent pas être plus à risque de contracter le virus que l’ensemble de la population. Néanmoins, puisqu’il est reconnu que leur système immunitaire est plus faible, elles doivent redoubler de vigilance afin d’éviter de contracter toutes formes de maladies.

De plus, comme dans les cas associés à la grippe, il peut s’avérer plus difficile de traiter les symptômes provoqués par la maladie, en particulier la fièvre et les troubles respiratoires. Effectivement, la prise de médicament est déconseillée à la femme enceinte et certains traitements pour les troubles respiratoires peuvent avoir un impact sur le bon déroulement de la grossesse. Aussi, La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada rappelle que : «les femmes enceintes atteintes d’une infection des voies respiratoires inférieures présentent souvent une évolution plus préoccupante par comparaison aux personnes non enceintes.»

Alors, même si de prime à bord, les femmes enceintes ne font pas partie des groupes à risque liés à la pandémie du COVID-19, elles doivent éviter toutes sources de contagion. Il en va de même pour toutes les maladies, qui peuvent avoir des répercussions plus grandes durant la grossesse.

Sachez toutefois que certains pays incluent dorénavant les femmes enceintes dans les groupes à risque concernant la COVID-19.

 

Pour tout lire sur la COVID-19, c'est ici.

 

Peu de risques de transmission vers le fœtus

Les études sont embryonnaires dans le domaine de la transmission verticale soit de la mère vers le fœtus. Pour l’instant, il semble que les risques soient faibles, mais tout de même présents. Donc, advenant une situation où une femme contracte la COVID-19, le fœtus n’en sera pas nécessairement atteint, mais des répercussions sont possibles.

Une étude réalisée en Chine auprès de 4 femmes porteuses du virus démontrait qu’à la naissance, les bébés de celles-ci n’étaient pas atteints par la maladie. Une étude précédente laissait sous-entendre les mêmes conclusions.

Cependant, à la suite de ces premières études, un nouveau-né a été testé positif à Londres. Sa mère avait été admise à l’hôpital quelques jours auparavant pour traiter une pneumonie. Elle a également reçu un diagnostic positif associé à la COVID-19. Il est impossible, à ce jour, de savoir si le nourrisson a contracté le virus pendant la grossesse ou lors de l’accouchement.

La plus récente étude, publiée dans le Journal of the American Medical Association Pediatrics, réalisée en Chine auprès de 33 femmes de la ville de Wuhan, démontre que 9 % des nouveau-nés étaient déjà infectés à la naissance. Les chercheurs en arrivent à cette conclusion puisque les accouchements se sont déroulés en suivant un protocole strict afin qu’il n’y ait pas de transmission possible lors de l’accouchement et dans les minutes qui ont suivi. Tout porte donc à croire que les souches de SARS-CoV-2 (le nom scientifique du virus qui déclenche la COVID-19) trouvées dans l’appareil respiratoire et dans l’anus des bébés étaient d’origine maternelle.

Bien qu’il y ait eu des complications à la naissance pour ces 3 nourrissons, avec entre autres de la fièvre et des difficultés respiratoires, voire même une pneumonie, ils ont tous survécu et ont reçu un diagnostic négatif quelques jours après leur naissance.

À ce jour, tous les bébés qui sont nés d’une mère atteinte du virus se portent bien. Donc, pour l’instant, les données sont rassurantes, bien qu’elles soient encore trop peu nombreuses pour en tirer un bilan sans équivoque. La prudence est toutefois de mise et à cet effet, la plus récente étude chinoise mentionne en conclusion qu’il est « crucial de tester toutes les femmes enceintes et d’appliquer de strictes mesures de contrôle des infections, de quarantaines des mères infectées et de surveillance rapprochée des nouveau-nés. »

L’allaitement lorsque la mère est atteinte de la COVID-19

Au niveau de l’allaitement, les experts ne s’entendent pas encore sur une directive claire. À ce jour, La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada mentionne que les mères qui souhaitent allaiter, devraient pouvoir le faire, après, bien sûr, s’être bien lavé les mains et en portant un masque. L’allaitement devrait permettre la transmission d’anticorps au nouveau-né, mais les bienfaits potentiels demeurent incertains. Des auteurs chinois recommandent cependant de cesser l’allaitement et préconisent l’isolement du nourrisson. D’un pays à l’autre, d’un établissement à l’autre, les médecins font différentes recommandations, influencées par l’état de santé de la mère et du bébé. Pour l’instant, les spécialistes prennent des décisions au cas par cas.

Pas d'inquiétude, mais un maximum de mesures de précaution

Jusqu’à maintenant, les femmes enceintes ne semblent pas particulièrement menacées par la COVID-19. Toutefois, comme pour toutes les infections, elles doivent porter une attention particulière à la propagation. Sans s’inquiéter outre mesure, elles sont tenues de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter autant que possible de contracter la maladie. Malgré tout, advenant une situation où elles recevraient un diagnostic positif à la COVID-19, les données actuelles démontrent que dans la majorité des cas, elles poursuivront leur grossesse sans problème et leur bébé devrait naitre en pleine santé.

Évidemment, les femmes enceintes ne doivent courir aucun risque. La COVID-19 constitue un nouveau virus et il est encore trop tôt pour en tirer un constat définitif et précis. Dans le doute, vaut mieux prendre toutes les précautions possibles et consulter les recommandations émises par le Gouvernement du Québec, ainsi que La société des obstétriciens et gynécologues du Canada.

Sources : La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Radio-Canada, santelog.com, JAMA Pediatric

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