COVID-19 : Des faits à clarifier ou à rectifier

Auteur
Cynthia Brunet
7 avril 2020
COVID-19 : des faits à clarifier ou à rectifier

Avec la pandémie de la COVID-19 qui sévit à travers le monde, nous sommes submergés d’informations. Puisqu’il s’agit d’un nouveau virus, les recherches sont en cours. Les données peuvent donc se modifier de jour en jour. Il en va de même avec les consignes exigées par le gouvernement du Canada et du Québec. Tout évolue rapidement. Ce qui était vrai hier ne l’est plus forcément aujourd’hui. Il faut donc s’informer, souvent! Voici quelques énoncés et questionnements qui méritent notre attention.

Je reviens de voyage, puis-je sortir prendre une marche?

Alors que durant les dernières semaines, les consignes changeaient si l’on avait ou non des symptômes; il est dorénavant clair, autant du côté du gouvernement du Canada que du Québec, que tout voyageur doit s’isoler pour un minimum de 14 jours lors de son retour au Québec et ne sortir en aucun cas. Il n’est pas permis de prendre une marche, même si l’on n’a aucun symptôme.

Le gouvernement du Canada précise : «si vous sortez prendre l’air, demeurez dans un endroit privé comme votre cour arrière ou sur votre balcon». Du côté du gouvernement du Québec, on mentionne : «En aucun temps, ces personnes ne doivent sortir à l’extérieur, et ce, même pour prendre une marche.»

Les mêmes recommandations devraient être suivies pour ceux qui reviennent d’une autre région, que ce soit au Québec ou dans une autre province du Canada.

J’ai des symptômes de la COVID-19, est-ce que je peux tout de même sortir à l’extérieur avec mon chien?

Autant les individus qui reviennent de l’étranger, que ceux qui ont des symptômes associés à la COVID-19, les contacts avec les animaux de compagnie ne sont pas recommandés. L’Organisation mondiale de la santé animale mentionne que «Dans la mesure du possible, les personnes malades ou sous traitement médical pour le COVID-19 doivent éviter tout contact étroit avec leurs animaux de compagnie et confier leurs animaux aux bons soins d’un autre membre de leur foyer. Si elles doivent s’occuper de leur animal, elles devraient appliquer de bonnes pratiques d’hygiène et si possible porter un masque facial. Les animaux appartenant à des propriétaires infectés par le COVID-19 devraient autant que possible rester à l’intérieur et les contacts avec ces animaux évités dans toute la mesure du possible».

 

Pour tout lire sur la COVID-19, c'est ici.

 

Mes voisins jouent avec mon chien, d’autres personnes viennent le caresser, est-ce que je devrais m’en inquiéter?

À ce jour, selon la MAPAQ, «rien ne prouve que le virus circule dans la population animale.» Néanmoins, le virus peut se retrouver sur leur corps, entre autres, dans leur pelage et sur leur museau. De plus, il faut savoir que le virus semble survivre plus longtemps sur des zones humides, comme un museau, et que les animaux peuvent difficilement être désinfectés. Il est donc recommandé que ceux-ci soient en contact uniquement avec les personnes qui vivent sous un même toit. Il faut également éviter les contacts entre les animaux du voisinage afin de diminuer les risques de propagation.

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec a mis en ligne une vidéo à cet effet.

Ai-je raison d’avoir peur de la transmission de la COVID-19 par les aliments que je consomme?

Il ne faut pas avoir peur, mais il faut être prudent. En consultant le site du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et del'alimentation du Québec (MAPAQ), on peut comprendre qu’il subsiste un certain flou au niveau de l’alimentation.

On y mentionne à maintes reprises : «La transmission du virus par l’ingestion d’aliments est écartée. De plus, le coronavirus ne peut pas se multiplier dans les aliments.» Ces énoncés sont clairs. Toutefois, on ajoute par la suite :

«Il est possible de contracter la COVID-19 en touchant une surface ou un objet où se trouve le virus, puis en portant la main à sa bouche, à son nez, à ses yeux…»

Habituellement, lorsqu’on mange un aliment, on lui touche et on le porte… à sa bouche!

Il faut comprendre, encore une fois, que les aliments sont considérés comme une surface comme une autre. Le virus peut donc s’y trouver, que ce soit sur un fruit ou un légume, sur un emballage ou encore lorsque l’on commande un repas à la maison.

Pour éviter une contamination, on recommande de laver les fruits et les légumes avec du savon. Tous les produits achetés à l'épicerie, qui sont dans un emballage, peuvent être laissés dans des sacs durant 24 heures afin d’écarter tout risque de contagion. Après cette durée, il y a peu de chance que le virus, s’il y était présent, ait survécu. Selon le MAPAQ, le virus survivrait durant environ 3 heures sur une surface sèche.

Pour les repas commandés, il faut éviter d’entrer en contact avec le livreur et manipuler les contenants avec précautions. Encore une fois, le lavage des mains est la clé. Le repas commandé a été préparé en suivant un protocole strict, vous n’avez donc pas à craindre que le virus s’y dissimule sur la surface. Pour plus de précautions, vous pouvez remettre la nourriture au four.

Les masques peuvent-ils nous protéger de la COVID-19?

Le port du masque constitue un sujet qui revient régulièrement à l’ordre du jour depuis le début de la pandémie. D’ailleurs, le mouvement #masks4all (#masquespourtous) prend de l’ampleur, certains médecins du CHUM s’y seraient joints également.

Les États-Unis recommandent maintenant le port d’un masque ou d’un foulard lorsque les mesures de distanciation physique peuvent difficilement être respectées, par exemple dans les transports en commun ou dans les épiceries. Les autorités de santé publique du Canada abondent dorénavant dans le même sens. Néanmoins, tous s’entendent pour dire qu’il ne faut, en aucun cas, utiliser les masques médicaux. Ceux-ci doivent être réservés au personnel soignant ou encore aux personnes atteintes de la COVID-19.

Le gouvernement du Canada et du Québec, ainsi que l’Organisation mondiale de la Santé, conservent cependant leur position. Le port du masque peut être utile dans certaines circonstances, mais ils maintiennent qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle.

Pour l’instant, il est impératif que les masques de type N95 soient réservés à une utilisation médicale. À ce sujet, le Dr Arruda lors du point de presse du 31 mars a mentionné : « Si quelqu’un veut se faire des masques en tissu, je n’ai pas de problème. Ça peut être fait. Mais il ne faut pas utiliser le masque en pensant que c’est juste le masque qui va régler le problème. » Le masque peut en effet créer un faux sentiment de sécurité, d’autant plus qu’il faut savoir l’utiliser correctement. Le lavage des mains et la distanciation physique s’avèrent plus importants pour limiter la propagation du virus.

Puis-je me fier aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux lorsqu’il est question de médecins, de chercheurs et d’hôpitaux?

Des messages d’intérêt public émanent des réseaux sociaux et conservent leur importance. Cependant, des informations erronées y circulent également, par exemple : boire du thé peut tuer le virus, ou encore, il est possible de se diagnostiquer soi-même en retenant son souffle durant 10 secondes… Il est impératif de vérifier la source et se questionner à savoir si elle est fiable. L’équipe des Décrypteurs de Radio-Canada permet de clarifier bien des propos à cet effet.

 

Bref, l’information est en constante évolution et elle surgit de partout. Si vous avez des questionnements ou des doutes concernant un sujet, consultez les sites du gouvernement du Canada, du gouvernement du Québec, ainsi que du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

 

Les informations contenues dans cet article vous sont fournies à titre informatif seulement et vous permettront de poser des questions éclairées à votre médecin. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de la santé. Notre équipe de rédacteurs et d'experts met tout en oeuvre pour vous fournir de l'information de qualité. Toutefois, Bell Média ne saurait être tenu responsable si le contenu d'une fiche s'avérait incomplet ou désuet. Nous vous rappelons qu'il est fortement recommandé de consulter un médecin si vous croyez souffrir d'un problème de santé.

 

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