COVID-19 : Y a-t-il une surabondance d’informations?

Auteur
Marie-Ève Laforte
6 avril 2020

Quel est votre rapport avec toute l’information véhiculée autour de la pandémie de la COVID-19? Trouvez-vous important de vous garder au courant de toutes les dernières nouvelles? Ou avez-vous atteint le point de saturation?

 

L’information, c’est le pouvoir

Je vais le dire tout de suite : en tant que créatrice de contenu mais aussi de citoyenne, de fille, de mère, etc., je ne crois pas qu’il y ait «trop» d’information sur la pandémie. 

Je crois même que c’est une chance que pour la première fois de l’Histoire, il y ait autant d’information disponible et de facilité de diffusion de celle-ci durant une crise de cette ampleur. Au-delà de tout le bruit qui s’en dégage, être capable de rejoindre autant de population avec des faits et des directives, c’est fantastique. 

L’information a aussi permis de mieux se préparer à la situation, en voyant venir ce qui se passait en Europe par exemple. Au niveau mondial, elle a permis une certaine collaboration entre les pays pour s’arrimer sur les efforts et les étapes nécessaires.

En temps de crise, demeuré informé et avisé sur la question est un privilège, voire un pouvoir qui nous permet de mieux nous prémunir et d’anticiper les prochaines étapes.

 

Une question de responsabilité

Durant une telle crise publique, s’informer est non seulement un choix, mais aussi une responsabilité. Voir le nombre de cas s’alourdir jour après jour n’est pas nécessaire, mais suivre les directives et consignes des autorités devrait par contre l’être. Ça nous concerne tous et nous avons tous notre rôle à jouer là-dedans.

S’informer devient donc aussi en quelque sorte un devoir, puisque c’est au travers des nouvelles que les citoyens peuvent être tenus au courant des appels à tous ainsi que des mesures qui les concernent directement.

 

Pour tout lire sur la COVID-19, c'est ici.

 

Plus que jamais, attention à ce que vous partagez

Avec les réseaux sociaux, c’est, dans un sens, un peu tout le monde qui devient un média, puisque tous un chacun peut transmettre de l’information.

Mais malheureusement, c’est durant ces moments de crise qu’on voit à la fois le meilleur, mais aussi le pire. 

Les fausses nouvelles abondent et on dirait qu’en temps de crise, les gens prennent encore moins le temps de vérifier les sources et de questionner la véracité, l’intention ou la portée de leurs partages.

Toujours pénibles en temps normal, ces fausses nouvelles ou partages malveillants peuvent rapidement devenir plus lourds de conséquence en temps de crise.

Avant de croire et de partager quelque chose, s'il vous plait, arrêtez-vous une minute pour y penser posez-vous les questions suivantes :

 

  1. Est-ce que la source est crédible? (C’est très rapide de valider au moyen d’une petite recherche).
  2. Est-ce que l’information est vérifiable? (Encore une fois, Google).
  3. Est-ce que l’information est pertinente dans le contexte de la crise actuelle?
  4. Est-ce que mon partage va réellement apporter quelque chose de constructif?
  5. Est-ce que mon partage a pour seul but d’amener plus de négativité dans un ordre déjà fragilisé (par exemple, pour dénoncer les autres publiquement)?
  6. Est-ce que je comprends bien l’impact que mon partage pourrait avoir?

 

Je vous donne un exemple de mon fil Facebook cette semaine, qui m’a littéralement coupé le souffle. Une connaissance avait partagé un article avec le titre suivant : «La grippe a tué 22 personnes par jour en janvier».

Je clique sur l’article en question et je vois immédiatement qu’il date de 2015. J’écris donc un commentaire à la personne pour lui faire remarquer. Elle répond immédiatement : «Je sais, mais c’est quand même vrai».

Dans ce contexte, je considère que ce type de partage est carrément irresponsable, pour les raisons suivantes.

  • Ça n’a absolument rien à voir avec la crise actuelle.
  • La plupart des gens ne cliqueront pas sur l’article et retiendront uniquement que le titre, sans comprendre la chronologie ni le contexte. (Est-ce que ces 22 personnes par jour étaient au Québec? Partout au Canada?)
  • Ça laisse sous-entendre que «puisque la grippe a tué (dans une petite période de temps donnée) plus de gens que la COVID-19 jusqu’à maintenant», les mesures auxquelles nous faisons face en ce moment sont exagérées.
  • Et ça donne peut-être l’impression qu’il ne faut pas croire ni écouter les autorités (gouvernementales ou de santé), qui prônent toutes l’extrême prudence dans le but de sauver un maximum de vies. 

De grâce, ne participez pas à ça.

 

Le malheureux exemple de la grippe espagnole

Pratiquement personne n’a jamais vécu une situation similaire à ce que l’on vit présentement, à l’échelle planétaire. Pour essayer de trouver des points de comparaison, il faut remonter à il y a un siècle, avec l’épidémie de grippe espagnole, apparue au printemps de 1918.

Et il est très intéressant de constater que l’information (ou les lacunes de celle-ci) ont joué un très grand rôle dans le développement de cette précédente pandémie.

D’abord : cette grippe ne provenait pas d’Espagne, malgré son nom! Mais pendant la guerre qui faisait rage en Europe, l’Espagne, qui était neutre dans le conflit, était l’un des seuls pays environnants qui possédait des médias «libres», et qui ont commencé à rapporter les premiers cas dès leur apparition. La perception du public, particulièrement en Amérique du Nord, a donc été que l’Espagne était le premier (et le seul!) pays affecté.

Les pays alliés ont de plus tout fait pour censurer les nouvelles sur la propagation de la maladie, dans le but de de pas démoraliser les troupes mais également de ne pas inquiéter encore plus leurs proches restés à la maison. Pendant plusieurs semaines, voire des mois, le public a donc été largement tenu à l’écart du développement de l’épidémie, mais aussi de ses risques, des moyens de transmission, des symptômes[1], etc. 

Ceci a largement contribué au manque de préparation et de réaction stratégique face à la menace, qui a été dévastatrice : 50 millions de victimes estimées dans le monde. En une seule année, aux États-Unis, l’espérance de vie a diminué de 12 ans.

L’accès à l’information peut définitivement sauver des vies. C’est clair.

 

Chaque personne doit trouver sa propre limite

Au-delà de ce qui est disponible comme information, chaque personne va réagir différemment aux nouvelles. J’ai entendu plus d’une personne dire qu’elles n’étaient «plus capables» et c’est important de respecter ça. Les personnes anxieuses (dont je suis!), entre autres, peuvent trouver que certaines informations agissent comme des déclencheurs importants –c’est évident que personne ne souhaite ça.

C’est donc primordial que chacun reconnaisse ses «bonnes» et ses «moins bonnes» journées et soit capable d’établir ses propres limites d’exposition à l’information. Prendre des pauses, c’est correct et c’est même sain. Il est possible d’éviter les nouvelles une journée de temps en temps, ou encore de contrôler son accès aux réseaux sociaux à une certaine période donnée durant la journée.

 

Les informations contenues dans cet article vous sont fournies à titre informatif seulement et vous permettront de poser des questions éclairées à votre médecin. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de la santé. Notre équipe de rédacteurs et d'experts met tout en oeuvre pour vous fournir de l'information de qualité. Toutefois, Bell Média ne saurait être tenu responsable si le contenu d'une fiche s'avérait incomplet ou désuet. Nous vous rappelons qu'il est fortement recommandé de consulter un médecin si vous croyez souffrir d'un problème de santé.

 

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