Déconfinement : s'entrainer (enfin!) avec des humains

Auteur
Cynthia Brunet
15 juin 2020
Déconfinement : s'entrainer avec des humains

On avait tenu pour acquis qu’on avait toujours le choix. Le choix d’être entourés ou le choix d’être seul. Le choix de s’entrainer chez soi ou de s’entrainer en groupe. On a tous nos préférences. Pendant le confinement, on a été nombreux à se river devant un écran pour garder une bonne forme physique, mais surtout pour conserver un certain équilibre mental. Il n'y a aucun doute, la technologie est utile. Toutefois, ces mois de confinement m’ont surtout démontré la très grande valeur de l’humain.

L’entrainement virtuel

Les applications et les chaines d’entrainement existent depuis déjà un certain temps, avant même l’apparition de la COVID-19. Plusieurs individus y trouvent exactement tout ce dont ils ont besoin. Pour ma part, je n’ai jamais réussi à me discipliner ainsi, je n’ai jamais trouvé la motivation, bien que j’aie un grand besoin de bouger.

Je fais du karaté, je m’entraine et je fais du yoga… alors lorsque la pandémie de la COVID-19 a interdit toute activité, une partie de mon univers s’est écroulée… Pas de problème, j’adore aussi marcher et ça, c’était toujours possible, par chance! FitSquad, avec qui je m’entrainais auparavant en plein air, a également donné quelques rendez-vous virtuels, ici et là via la plateforme Zoom. Aussi, j’ai pu faire du Pound, une activité que je voulais essayer depuis longtemps, mais que je ne réussissais pas à entrer dans mon horaire. La prof des plus dynamiques s’est organisée rapidement et s’est munie d’une bonne caméra afin de donner des cours en ligne.

La technologie : ses avantages, mais aussi ses limites

Bref, la reprise de l’activité physique, même si c’était dans mon salon, m’a fourni une incroyable soupape. Voir des gens en direct m’a donné un second souffle, cela m’a même donné une lueur d’espoir : oui, la vie reprendrait un jour… L’activité physique réussit toujours à apaiser ma tête qui s’emballe par moment! Même si ces cours en direct me faisaient un grand bien, en même temps, par moment, une vague de tristesse me submergeait et je basculais du côté sombre… Serait-on dorénavant toujours séparés par un écran? Cet ordinateur si pratique mettait tous les humains que j’aime dans une boite, sans relief. Bouger, c’est une chose, le contact humain en est une autre. 

Car au-delà de l’entrainement physique, il y a souvent un quasi rituel d’associé à notre activité de prédilection.

Je fais du karaté depuis près de 20 ans… avec sensiblement le même groupe. 20 ans, 4 grossesses, avec les hauts et les bas que la vie peut apporter à travers les années. Les partenaires d’entrainement qui traversent la vie avec soi deviennent une seconde famille. Les bienfaits dépassent donc le caractère purement physique. À l’opposé, lorsqu’on se retrouve devant un ordi, on constate que les liens qui se créent dans la vraie vie ne peuvent se développer de manière virtuelle. L’humain, même avec la plus grande des volontés, ne nous atteint pas de la même façon.

Il m’est donc arrivé un moment où j’ai eu envie de lancer mon ordi par la fenêtre. Les entraineurs devant leur caméra font un travail extraordinaire, ils sourient, nous motivent… mais tout ça, c’est… comment dire?! Vide… Oui, il y a un contact. Par moment, on oublie presque l’écran… mais voilà que l’image fige, qu’un décalage est présent… et notre cerveau (et peut-être encore plus notre coeur!) comprend très bien que tout ça n’est pas réel. Pourquoi s’entraine-t-on? On pourrait juste se coucher dans le salon, fermer les yeux et attendre que tout ça passe. Bien sûr, on se ressaisit. Car on ne s’entraine pas pour les autres, on s’entraine pour soi-même, pour le bien-être que cela procure.

Mais dans toutes activités physiques, il y a plus, tellement plus!

 

Pour tout lire sur la COVID-19, c'est ici.

 

Le retour à la vie

Alors, lorsque je suis partie rejoindre mes voisins et voisines pour un premier entrainement en plein air, après près de 3 mois d’arrêt, je ne sais pas si c’est à cause du soleil, du ciel bleu ou du vert dans les arbres, mais c’est un peu comme si je revenais à la vie… comme une seconde naissance, comme si je voyais à nouveau, que je prenais conscience de la beauté de tout ce qui m’entoure, en particulier la beauté de l’humain.

Et à voir le sourire de tous, je n’étais pas la seule à ressentir ce profond bonheur.

S’entrainer en groupe, ce n’est pas comme s’entrainer seul dans son salon… D’ailleurs, on a vite remarqué qu’on se donnait pas mal moins chez soi. Entendre la voix de notre coach, celle des autres, s’entrainer, oui, mais rire aussi tous ensemble. L’humain est extraordinaire et un écran ne réussit jamais à démontrer sa pleine valeur.

La très grande valeur de l’humain

À travers ce long confinement, on a compris que la technologie ne pourrait jamais remplacer les contacts humains. Les individus ont retrouvé leur place, leur grande importance, dans notre univers technologique.

Enfin, les entrainements extérieurs reprennent! Certains doivent se réinventer puisqu’ils se tenaient auparavant à l’intérieur. Pour ma part, heureusement, je m’entrainais déjà avec une équipe qui avait misé, bien avant la pandémie, sur l’entrainement en plein air, avec un gym mobile. Du côté du yoga, les cours se donnaient déjà le printemps et l’été sur le bord de l’eau. Tout a repris comme avant, comme si de rien n’était, ou presque. Évidemment, mon cœur, lui, a changé. Je connaissais la très grande valeur de l’autre, mais celle-ci n’avait jamais été mise en relief comme actuellement. L’autre est précieux, tellement précieux. Par moment, il est le reflet de nous-mêmes, et nous procure un réconfort immense. Parfois, il est notre opposé et nous déstabilise. Parfois, il nous rappelle de prendre soin de soi ou nous incite à nous dépasser. Dans tous les cas, il nous fait évoluer et surtout, il est essentiel à notre survie.

Une reprise sous peu pour les centres de conditionnement physique?

Pour le karaté, je devrai encore patienter, comme tous ceux qui s’entrainent habituellement dans des centres de conditionnement physique intérieurs. Aucune date de réouverture n’est annoncée pour le moment. Toutefois, avec les rassemblements intérieurs de 10 personnes qui sont dorénavant permis dans la plupart des régions du Québec, et qui le seront à partir du 22 juin dans la communauté métropolitaine de Montréal, ainsi que dans le comté de Joliette, il y a fort à parier que des annonces seront faites sous peu pour tous ceux qui souhaitent retrouver leur lieu d’entrainement et surtout les gens avec qui ils ont l’habitude de pratiquer leur activité préférée.

 

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