Vivre la négativité au lieu de la repousser

Auteur
Nadine Descheneaux
Femme qui se cache les yeux avec les mains

Être positif est devenu presque un diktat. Il faut voir la vie du bon côté à tout prix. Mais quand on flirte avec le positivisme extrême, on risque de repousser les émotions négatives. Pourtant, celles-ci nous aident à cheminer et même à être en meilleure santé.

Afficher un sourire même quand on ne se sent pas si bien est un réflexe. Le même que lorsqu’on répond «Ça va» alors qu’on n’a pas du tout le moral. Vit-on dans une ère de positivisme obligé? Peut-être un peu. Il n’y a qu’à jeter un œil sur tous les livres poussant à être positifs et à voir le meilleur côté des choses. Être positif, optimiste, heureux et bien dans sa peau est devenu plus qu’un art de vivre, mais presque une obligation. Mais cette voie ne serait pas toujours celle à préconiser. En effet, selon Susan David, professeur à Harvard et auteure du livre Emotionnal Agility, il faudrait apprendre à dire «non» à la positivité extrême et «oui» aux émotions négatives. Évidemment, elle n’oblige personne à broyer du noir pour être heureux, mais elle ne croit pas que de forcer la positivité soit bénéfique. Elle prétend qu’accepter les émotions négatives permettrait même d’avoir une meilleure humeur à long terme.

Le côté sombre du positivisme

Prétendre que tout va toujours bien est un leurre. Une vie est parsemée d’embuches, petites ou grandes. Et c’est normal. Susan David estime que supprimer, rejeter, refuser ou taire nos émotions difficiles ou nos pensées négatives serait dommageable. Voici les risques qu’elle associe à cette tendance :

  • Réduction de la capacité à vivre et à s’adapter dans le monde tel qu’il est (et non comme on voudrait qu’il soit);
  • Diminution du niveau de bien-être personnel;
  • Augmentation des dépressions et de l’anxiété;
  • Difficulté à atteindre ses objectifs;
  • Influence négative sur ses relations.

Comment bien vivre les émotions négatives

Il n’y aurait donc rien à gagner à vouloir supprimer les émotions négatives de nos vies. Il faut donc apprendre à les vivre sereinement. Susan David insiste sur ce point : avoir des pensées négatives ou vivre des émotions difficiles n’est pas néfaste, c’est de rester accrocher à elles qui l’est. Et lorsqu’on ne les vit pas, celles-ci restent quand même tout près et nous «hantent» d’une certaine façon.

Voici 3 étapes pour accepter de vivre nos émotions difficiles:

— Identifier spécifiquement l’émotion.

Il ne faut pas se contenter de choisir entre deux extrêmes (comme heureux ou malheureux ou encore stressé ou calme). Tout n’est pas noir ou blanc. Il existe une palette d’émotions pour définir ce qu’on ressent. Stressé peut se décliner en terrassé, accablé, nerveux, soucieux, inquiet, dans le doute, incertain, etc. La précision permet de clarifier le ressenti et de mieux identifier ses causes. Aussi, vous serez davantage en mesure de vous activer pour apporter des changements et trouver des solutions.

— Accueillir l’émotion avec compassion.

Bye bye la culpabilité, la honte, le jugement ou la gêne! Vivez ce que vous avez à vivre. Et ne vous empressez pas à repousser l’émotion qui vous habite. Elle vous est utile. Apprenez à l’accueillir avec compassion. L’auteure estime que la compassion est un espace intérieur sécuritaire où vous vous autorisez à prendre des risques et à vous aimer, peu importe ce qui survient.  

— Écouter ce que raconte cette émotion.

En un sens, cette émotion arrive avec un bagage, une histoire. Mais pour l’écouter, vous devez d’abord mettre de la distance entre vous et l’émotion. Il est aussi important de faire la distinction : vous n’êtes pas l’émotion. Elle ne vous définit pas. Au lieu de dire «Je suis stressé», dites plutôt «Je remarque que je ressens du stress». La différence est subtile, mais nécessaire pour ne pas que vous vous définissiez par ce que vous vivez. Ensuite, vous parviendrez à écouter ce que raconte votre émotion. Vous cernerez mieux ce qu’elle met en relief dans votre vie. Vos observations vous permettront d’avancer, de faire des choix et de poser des gestes.


N’oubliez pas que les émotions négatives ou positives ne sont pas un état permanent. Elles fluctuent, changent, s’intensifient, se calment, etc. Bref, elles sont en mouvement. Vous avez le potentiel en vous pour les vivre et les accueillir.

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- Miser sur le positif pour être plus heureuse
- Les «up and down» d'émotions: normal?

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