Mes 9 souhaits les plus chers pour quand la pandémie sera derrière nous

Auteur
Annie Dubé
24 mars 2020
Jeune femme qui souffle sur un pissenlit pour faire un souhait

Il m’arrive de ressentir un grand vertige le soir, quand je prends conscience que nous vivons une transition entre le monde d’avant et celui de demain. Comme tout le monde, je me demande ce qui nous attend quand la crise provoquée par la pandémie du coronavirus Covid-19 sera derrière nous. Même si je sais très bien qu'elle fera toujours un peu partie de nous. Alors, je m'agrippe à mon couvre-lit pour ne pas trop sentir qu'on tombe tous dans le vide, et soudainement, je nous sens prêts à déployer nos ailes et à voler. 

Je ne savais même pas que j'avais des ailes, tant pour prendre un envol que pour attérir en douceur en cas d'urgence. Vous en avez peut-être aussi, regardez bien au fond de vous. Vous les sentez grandir? Prenez-en soin, elles deviendront votre plus grande ressource interne.

Je me réconforte de savoir que nos ancêtres, depuis le début des temps, ont dû faire face à de grands vertiges. Nous ne sommes pas si spéciaux, vous savez. 

Avec leur résilience incroyable, comme nous le ferons aussi, ils se sont adaptés, ils se sont relevés et ont continué à avancer.

C’est à notre tour de faire preuve de courage, de lucidité, d’imagination et de force intérieure afin de mettre de l'avant certaines des ressources qui se cachent en nous, afin de nous mobiliser vers un avenir meilleur. Nous en sommes capables, on en a la preuve depuis le début de l'humanité. Nous ne sommes ni meilleurs ni pires. Mais nous avons la chance de vivre dans une époque où la technologie et la science nous aident à passer à travers un temps de crise de manière plus douce et confortable. 

Ce texte n'est pas une prémonition à la Nostradamus, ce n'est pas une prévision d'experts. Ce n'est que le constat de ce que je nous souhaite tous, au lendemain de ce moment historique que nous traversons seuls, ensemble. 

Voici quelques-unes des grandes réalisations que je nous souhaite après la crise sanitaire et économique mondiale qui nous attend tous, sans exception.

Parce que malgré le vertige, il faut faire place aux possibilités positives qui pourraient émaner de cette situation extraordinaire. Et il faut continuer de souhaiter que nous en ressortions plus éclairés et mieux outillés pour mener nos vies de manière digne, en évitant les erreurs du passé, et sans jamais les oublier.

 

1. Qu’on apprécie plus les petits bonheurs sans les prendre pour acquis

Alors qu’on était habitués à pouvoir déambuler dans les rues en toute liberté pour aller s’acheter à la boulangerie du coin des brioches fraîchement sorties du four, accompagnées d'un bon latte dont la mousse est décorée d'un dessin de fleur, on réalise que la saveur des choses est un élément qu’on oubliait parfois de savourer à chaque bouchée tellement nos vies allaient rapidement. Bien sûr, tout le monde n'avait pas les mêmes moyens financiers. Mais chacun, à notre façon, étions hier encore des créatures d'habitudes, qui pouvaient s'offrir des plaisirs sans trop se rendre compte qu'on en était presque blasés de tous ces privilèges d'abondance.

On voyait nos amis, on se serrait dans nos bras, on mangeait des litres de crème glacée ensemble sur le divan quand ça n'allait pas. Les petites chicanes qu'on a pu avoir avec les gens qui nous entourent nous semblent soudainement futiles, maintenant qu’on doit se résoudre à socialiser avec nos proches...à distance. Faire un 5 à 7 par vidéoconférence est notre nouveau baume sur le coeur. Qui l'eût cru. 

Les introvertis et ceux qui souffrent d'anxiété sociale parmi nous étaient les plus adaptés au confinement qui s'en venait, sans trop s'en douter. 

Le monde va devenir plus petit. Les voyages seront plus locaux, et plus rares. Mais combien précieux. Nous profiterons de chaque chance de voir du paysage et d'en apprendre plus sur les autres cultures tout en étant plus responsables dans nos choix. Du moins, je nous le souhaite. 

À force de tout avoir, parfois, c’est un peu comme si on n’avait rien du tout. Quand le pire sera derrière nous, profitons des petites choses, en réalisant combien elles sont parfois bien grandes.

 

2. Qu’on valorise tous ceux qui font une différence dans la société

Les situations de crise peuvent bien sûr nous montrer les pires côtés de l’être humain, mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir tous ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes quand vient le temps de se relever les manches et de se serrer les coudes. Pour chaque personne qui se bat pour du papier de toilette, il en existe d’autres qui portent assistance aux gens dans le besoin. Ceux qu’on appelle soudainement les anges gardiens de la santé étaient là bien avant la crise, et pourtant, on peinait à leur donner des conditions de travail humaines. Les services d’urgence comme les policiers et les pompiers, les camionneurs, les chauffeurs de transport en commun, les taxis, les éboueurs, ces gens méritent qu’on leur lève notre chapeau. Sans oublier les employés des commerces alimentaires, qui se démènent actuellement pour nous permettre de nous nourrir. J’espère que vous allez y penser à deux fois avant de parler de «la petite caissière d’épicerie». Tous ces employés de tous les secteurs nécessaires au bon fonctionnement de la société sont les héros de cette crise, et grâce à eux, les impacts seront moins dramatiques.

J’espère que dans le futur, nous saurons donner autant d’attention à ceux qui se démarquent afin de souligner leur contribution, en faisant tous preuve de plus de renforcement positif.

Nous serons surpris de voir l’effet d’entraînement et la fierté qui en découlent. De telles mesures, qui ne coûtent à peu près rien et qui sont très rentables, peuvent faire boule de neige à grande échelle.

Jeune femme portant un masque médical

BLACKDAY / Shutterstock

 

3. Qu’on réalise qu’on a un pouvoir sur l’environnement

Comme dirait Spider-man : «Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.»

En quelques semaines, l’accalmie de l’activité humaine dans de nombreux pays a créé des changements qu’on croyait à peine possibles avant. Alors que la plupart des humains reconnaissent l’urgence d’agir afin de diminuer les impacts de nos industries sur les écosystèmes, un sentiment d’impuissance régnait jusqu’à récemment quant à notre pouvoir de changer la situation alors que l'horloge sonne minuit moins une. La situation actuelle laisse pourtant croire qu’en atteignant un meilleur équilibre entre la production de biens et services pour répondre aux besoins des humains, et les milieux naturels qui nous entourent, on peut faire la différence. Sans revenir à l’ère médiévale, il est possible d’exploiter nos ressources naturelles avec plus d’intelligence et de durabilité.

Plusieurs experts sont d'accord pour dire que nous nous sommes placés dans une situation de vulnérabilité face aux virus à cause des bouleversements créés par la destruction des écosystèmes. Nous serions les artisans de notre propre malheur.

Par exemple, si les habitats naturels des animaux étaient mieux préservés, la santé humaine s'en porterait mieux. Les chauves-souris sont responsables de la propagation de nombreux virus, comme celui qui nous cause cette pandémie. Lors d'un voyage à Cairns, en Australie, j'ai vu des centaines de renards-volants (des énormes chauves-souris) voler dans le ciel de la ville, pendant qu'on s'affairait à couper les arbres d'un quartier pour s'en débarrasser. L'idée n'est pas de causer la disparition d'une autre espèce et d'encore plus fragiliser l'équilibre naturel. Moins elles ont d'espace pour en faire leur habitat, et plus elles se rapprocheront de nous. Sans compter les humains qui se font un plaisir de les déguster dans certains pays. Je ne suis pas vétérinaire ou experte des pandémies, mais il semble évident que ces bêtes sont beaucoup plus utiles dans la forêt, que lorsqu’elles doivent se rapprocher des humains et risquer de les contaminer, comme ce fut le cas avec le coronavirus Covid-19.

La prochaine fois, assurons-nous de faire une distanciation sociale avec les chauves-souris, laissons-les tranquilles en les fréquentant le moins possible.

On se rabattra sur les films de Batman si on s'ennuie. 

 

4. Qu’on mise sur l’économie et les ressources locales

Avec la fermeture récente des frontières, on voit que les États du monde se replient sur leurs propres ressources. Avec le pouvoir des technologies, nous resterons probablement toujours en lien avec des peuples lointains. On risque cependant de commencer à réfléchir aux manières de produire nos propres ressources sans devoir dépendre de puissances étrangères. Nourriture, médicaments et équipement médical, sources d'énergie; la souveraineté des régions deviendra plus importante afin d’éviter une pénurie mondiale en cas de cataclysme. Bien sûr, l’entraide entre pays sera toujours une bonne chose, mais en se donnant les moyens d’être autonomes. On revient à l’adage de montrer à pêcher plutôt que de donner un poisson.

Plus que jamais, lorsque le choix s'offre, achetez local. Changer ses habitudes, ça commence maintenant. Et ça deviendra de plus en plus facile de le faire. C'est l'un de mes souhaits. 

 

5. Qu’on réalise le rôle primordial de la science moderne

Alors que les Hommes se font la guerre depuis des millénaires au nom de la religion, une chose nous unit tous : la vulnérabilité de notre espèce face au monde infiniment petit des virus et des bactéries.

Plus que jamais, les scientifiques peuvent jouer un rôle salvateur dans la prévention de grandes maladies qui pourraient s’abattre sur tous les humains, peu importe leur origine ou leur richesse.

Il faut des scientifiques éthiques et responsables, mais il faut les écouter. Il faut cesser de se fier à des superstitions et à des rumeurs. Encourageons la recherche qui nous permettra de mieux connaître ce contre quoi nous devons nous battre. Nous sommes dans le noir sous un petit clair de lune, mais progressivement,  la science pourra nous éclairer de ses lanternes alors qu'on nous continuerons notre route vers la lumière.

 

Pour tout lire sur la COVID-19, c'est ici.

 

6. Qu’on réalise que de rester tranquille à la maison, c’est parfois sain

Le FOMO (acronyme de l’anglais «Fear of missing out» qui signifie «la peur de manquer quelque chose») est un terme qui devient très en vogue ces dernières années. À force de voir la vie idéalisée des autres sur les réseaux sociaux, il arrive qu’on ait l’impression de tout manquer en restant tranquillement chez soi.

Oui, c’est bien de sortir faire des activités divertissantes et de tout documenter en images instagrammables, mais ne passe-t-on pas à côté de l’essentiel si l'on nie notre besoin de reconnecter avec nous-mêmes de temps en temps?

La peur de se retrouver en nous-mêmes n'est pas notre amie. Il faut se rendre compte qu'on a tout à gagner à mieux se connaître afin de présenter notre version la plus authentique au reste du monde, qui le fera peut-être à son tour.

Pancarte résilience

Gustavo Frazao / Shutterstock

 

7. Qu’on réalise le rôle crucial des artistes et de la vie culturelle

Je regarde parfois mon plafond en écoutant les chansons que la situation m'inspire, et je me demande quand viendra le jour où nous pourrons à nouveau nous réunir en grand nombre dans une salle de spectacle pour applaudir nos artistes préférés en compagnie des autres fans. Est-ce que les choses vont changer au point où il faudra désormais regarder nos artistes en direct de leur salon via Internet? Pour l'instant, c'est sympa. Mais à long terme? Je me dis que non, ça viendra à nouveau, peut-être avec plus de mesures de protection, un peu comme ceux qu'on peinait à imaginer avant le 11 septembre.

Chose certaine, le showbizz est annulé présentement, mais pas l'imagination. C'est le moment pour que tout le monde puise dans sa propre créativité.

Les oeuvres que les artistes nous ont laissées à travers l'histoire sont un baume, en ces temps de crise, qui aident à calmer nos esprits, à solliciter en nous notre force intérieure et à nous rappeler que nous sommes profondément humains, et plus que jamais vivants. 

 

8. Qu’on réalise l’importance des médias locaux pour informer la population

Depuis des années, l'univers médiatique subit sa crise à elle. Elle s'adapte pour survivre, mais on s'inquiète de son avenir. Le gouvernement québécois a dit le 23 mars en point de presse que les médias font partie des services essentiels. C'est dans une période d'urgence sanitaire qu'on se rend compte que la transmission d'informations est essentielle à la population, et qu'on ne peut pas uniquement se fier aux géants du Web ou aux médias internationaux pour rester à jour.

Journaux, radios, sites Web, bulletins de nouvelles locaux : nous dépendons de ces moyens afin de nous rassembler, prendre le pouls de la réalité, et parfois aussi pour nous divertir et nous rassurer. Comme c'était le cas lors de la Seconde Guerre mondiale. 

Les médias sociaux jouent aussi un rôle en 2020, mais sans le travail des journalistes, nous ne sommes que des générateurs de mèmes. Je me demande de quoi aurait eu l'air les fils Facebook durant la guerre de 1939-1945. Honnêtement, le Journal d'Anne Frank en story, ce n'est pas pareil comme la version papier. 

 

9. Qu’on puisse avoir plus d’empathie et de solidarité les uns envers les autres

Les gens qui ont présentement dans leur sous-sol autant de bouteilles de désinfectant pour les mains et de papier hygiénique qu'un magasin en temps normal pourront peut-être enfin avoir de l'empathie pour la terreur des migrants, qui doivent fuir des crises humanitaires pour protéger leur famille. Juste le fait de comprendre ce sentiment instinctif de survivre et de tout risquer pour protéger l'avenir de ses enfants semblera peut-être moins lointain, moins fictif, moins improbable, moins tentant de s'en laver les mains en criant : «retourne dans ton pays».  Nous vivons présentement dans le pays de la pandémie, même en fermant nos frontières. 

Et puis tous les autres, les valeureux, les braves, les forts, les généreux, les bienveillants; tous ceux qui se sont toujours souciés du sort des plus démunis et de leurs voisins, même sans toujours avoir la solution miracle pour leur venir en aide, ces gens-là vont plus que jamais faire preuve de solidarité pour le bien du plus grand nombre, ces gens-là ne sont pas annulés.

Et ils sont contagieux de beauté. 

L'entraide a toujours existé, mais elle sera peut-être appréciée à sa juste valeur, comme une richesse qui ne varie pas selon les humeurs de la Bourse. 

 

Mes 9 souhaits ont beau n'être que des idées, peut-être que pour certains, ils ne sont que du vent. Chose certaine, ce n'est pas de la pensée magique. Ni Mercure rétrograde ni votre ascendant astrologique ne seront responsables de la suite des choses. Malgré les éléments hors de notre contrôle, nous sommes dans un livre dont nous sommes le héros. 

Ce sont nos choix qui détermineront le monde dans lequel nous vivrons dans les prochaines années. Certains résisteront aussi longtemps que possible et nieront encore un bout de temps la réalité. L'adaptation déterminera qui s'en sortira plus grandis, dans combien de temps, et à quel prix. 

Des leçons nous attendent, apprenons-les. C'est la seule chose sur laquelle on a un réel pouvoir. Plus nous serons agiles, flexibles, adaptatifs, et moins nous pédalerons dans le vide. 

On a beau avoir des points de vue différents, des dieux différents, des allégeances politiques différentes, nous avons en commun cet ennemi invisible qui sans le vouloir, nous offre une chance de devenir les meilleures versions de nous-mêmes.

Prenons cette chance et ne la laissons pas passer. 

 

Les informations contenues dans cet article vous sont fournies à titre informatif seulement et vous permettront de poser des questions éclairées à votre médecin. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de la santé. Notre équipe de rédacteurs et d'experts met tout en oeuvre pour vous fournir de l'information de qualité. Toutefois, Bell Média ne saurait être tenu responsable si le contenu d'une fiche s'avérait incomplet ou désuet. Nous vous rappelons qu'il est fortement recommandé de consulter un médecin si vous croyez souffrir d'un problème de santé.

 

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