#àmafaçon : Krystel Gonthier, enseignante en formation professionnelle

Auteur
Julie Roy
Krystel Gonthier

C’est à la fin de ses études en design mode et ne voyant aucun métier qui pourrait satisfaire ses ambitions que Krystel a eu un déclic professionnel : existait-il un autre métier où mettre sa créativité à profit pour lequel il y avait des débouchés? Rapidement, elle s’intéresse aux études pour devenir machiniste. «Les gens ne font pas le lien entre le métier de machiniste et celui de designer, mais pour moi, il y a beaucoup de similarités. Je suis arrivée à définir clairement qu’une de mes vraies passions, c’est de transformer une matière afin de lui donner une utilité. Dans les deux cas, on travaille une matière brute pour lui donner la forme et l’aspect désiré. Que ce soit du métal ou du tissu, pour moi, c’est la même chose. Il n'y a que le processus qui change,» explique Krystel Gonthier.

Après cinq ans d’expérience comme machiniste en entreprise, son enthousiasme et sa personnalité lui ouvrent le chemin de l’enseignement. «J’aime trouver la meilleure méthode pour aborder les différents aspects du métier de machiniste. Je sens que je fais une différence pour mes élèves. J’essaie de leur faire voir les erreurs comme des outils pour s’améliorer et non des échecs. Il ne faut jamais avoir peur d’essayer,» explique-t-elle. Depuis quelques années, elle enseigne à temps plein à l’école des métiers de l’aérospatiale de Montréal, tout en continuant, à temps partiel, des études universitaires en enseignement. « Les deux me nourrissent autant : quand j’enseigne, j’aide le plus possible les étudiants et quand j’étudie, je suis toujours en train de réfléchir à comment je pourrais appliquer ce que j’apprends pour évoluer comme enseignante. C’est très stimulant!»

Pour Krystel, enseigner à un groupe c’est un peu comme être une mère. «Même s’ils sont des adultes, il y a, dans la transmission du savoir, quelque chose de très, parental, disons,» compare-t-elle. D’ailleurs, depuis quelques années, son choix s’éclaircit — à 85%, avoue-t-elle — de ne pas avoir d’enfants. «Je n’en ressens pas le besoin. Je me réalise autrement, et ça n’enlève absolument rien à mon bonheur,» explique-t-elle tout simplement. Au menu : la couture, qu’elle adore et qui la tient bien occupée, mais aussi la création de meubles, le dessin, etc. «J’ai la tête qui ne dort jamais, ce qui me pousse à m’exprimer d’une foule de façons.»

Parmi celles-ci, il y a la fibre humanitaire, qui tisse sa toile tranquillement depuis plusieurs années dans le cœur de Krystel. «J’y pense depuis un certain temps. J’aimerais aller aider à l’étranger». Car derrière cette battante, se cache une fille qui a vécu plusieurs épreuves, et qui a connu aussi quelques périodes d’ombre. «Ce n’était pas facile tous les jours, mais dans la vie, j’ai choisi d’avancer.»  Parions qu’au cours de ce chemin qu’elle a entrepris, à la croisée entre l’enseignement et la créativité, elle y trouvera aussi beaucoup de bonheur… et des milliers de projets !

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