Pas facile, le retour au confinement pour les personnes seules

Auteur
Marie-Ève Laforte
2 octobre 2020
Personne seule

2020 n’a pas fini de nous étonner et de nous en faire voir de toutes les couleurs avec la COVID-19. Même si ce 2e confinement est partiel –il concerne seulement les habitants des zones rouges, plus les écoles et commerces demeurent pour l’instant ouverts-, il ramène une grande part d’incertitude et de découragement chez une population déjà fragilisée.

Cette 2e vague (en date du 2 octobre, le nombre de cas correspond à la 4e journée la plus élevée depuis le début de la pandémie) était pourtant bel et bien prédite par tous les experts depuis le printemps… Mais avec le relâchement de l’été et un certain retour à la normale qui a tant fait de bien, elle cause du tourment à bien des gens. À commencer par les personnes seules.

 

Les couples vivant à différentes adresses peuvent se fréquenter… Mais pas les personnes célibataires

Suite à différentes questions ainsi qu’à la publication d’articles comme celui dans La Presse, le gouvernement a clarifié sa position par rapport à l’interdiction de recevoir des visites à domicile. Contrairement au confinement du printemps, certaines exceptions sont en effet prévues cette fois-ci, permettant aux gens d’accueillir chez eux certaines personnes, sans s’exposer aux amendes salées administrées par la sécurité publique. 

Parmi ces exceptions, on peut compter un proche aidant, un(e) gardien(ne) ou un fournisseur de services, par exemple. Mais également un ou une partenaire de vie, même si cette personne ne réside pas à la même adresse.

Toutefois, les personnes qui vivent seules et n’ont pas de fréquentation amoureuse ne sont pas visées par ces exceptions. Elles n'ont donc d'autre choix que d'éviter complètement les contacts avec leurs proches.

 

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Beaucoup de personnes seules vivent le confinement plus durement 

En 2018, 1,2 million de personnes de 15 ans et plus vivaient seules au Québec, ce qui correspond à 17 % de la population. Cette tendance s’est intensifiée dans les dernières années; en 1981, c’était seulement 8 % des Québécois

Que ce soit par choix ou par obligation, les personnes vivant seules ont déjà en général un taux de satisfaction moindre que celui des personnes qui vivent avec d’autres individus. En effet, un sondage mené l’année dernière a révélé que 61 % des personnes seules se déclaraient satisfaites de leur vie, soit 11 % de moins que celles vivant avec d’autres personnes.

Dans un contexte de pandémie, alors qu’il est nécessaire de limiter le plus possible les contacts avec les autres, les personnes vivant seules peuvent avoir l’impression qu’elles «paient» un prix plus élevé que les autres, soit celui de devenir complètement isolées pendant plusieurs semaines, voire des mois. «C’est difficile d’envisager ce 2e confinement de manière sereine,» s’est confié une amie qui préfère garder l’anonymat. « Après plus de 3 mois à ne voir personne « en vrai » la dernière fois, je me demandais si je serais capable de m’en remettre... C’était une situation tellement étrange et pas naturelle. Et voilà qu’on y retourne déjà et qu’en plus cette fois, il n’est même pas question de pouvoir se voir à l’extérieur! Mais cette fois en plus, c’est l’automne, il fait gris et chaque jour on perd de la lumière, ce qui joue déjà sur le moral ».

 

L’isolement fait des ravages

La situation concernant la pandémie est très complexe et nuancée; soyons clairs, pour les décideurs, il n’y a AUCUNE solution gagnante et/ou qui fera l’unanimité. Ne serait-ce que par souci pour les autres, le respect des consignes semble donc exactement la bonne chose à faire.

Par contre, il est impossible de nier la détresse que peuvent ressentir en ce moment les personnes qui vivent seules, particulièrement alors qu’elles savent comment le premier confinement a été difficile et qu’elles commençaient peut-être juste à reprendre du mieux.

Les effets sur la santé mentale de cette pandémie seront probablement beaucoup plus dévastateurs que l’on peut l’imaginer à l’heure actuelle, que ce soit pour les personnes âgées qui ont peur de sortir, les enfants et ados privés d’éducation et/ou de socialisation, les gens qui ont perdu leur emploi ou encore les personnes vivant seules. L’isolement est en effet l’un des facteurs les plus dévastateurs sur la santé globale des gens, associé entre autres à un risque beaucoup plus élevé de mort prématurée. Si vous avez une personne vivant seule dans votre entourage, essayez au moins de lui faire comprendre que vous êtes là pour elle!

 


Sources : Institut de la statistique du Québec; Le Devoir; American Psychological Association

 

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