Plantation et entretien des rosiers

Auteur
Albert Mondor
Plantation et entretien des rosiers

De tout temps, la rose a été vénérée par l'être humain. Considérée comme la reine des fleurs par plusieurs jardiniers, sa floraison gracieuse et parfumée lui assure un immense succès partout à travers la planète. Mais, attention! La rose ne dévoile ses charmes qu'avec un minimum de soins.

Sol riche au départ

Pour fleurir abondamment, les rosiers doivent bénéficier du plein soleil, soit un minimum de six heures d'ensoleillement par jour. Bien qu'ils s'adaptent à divers types de sols, ces végétaux exigeants préfèrent être plantés dans une terre très riche, plutôt argileuse, mais bien drainée, dont le pH se situe idéalement entre 6,5 et 7. Si vous jardinez dans les basses terres du Saint-Laurent, vous n'avez qu'à ajouter une partie de compost à deux parties de terre argileuse existante afin de composer un terreau idéal pour les rosiers. Par contre, si votre terre est trop sableuse ou de mauvaise qualité, vous pouvez la remplacer par une terre brune légèrement argileuse. Vous pouvez également ajouter au terreau deux à trois poignées (60 à 90 ml) d'un engrais naturel à dégagement lent spécialement conçu pour les rosiers, dont la formulation est 5-3-8.

Planter les rosiers

La plantation des rosiers vendus en pots et de ceux à racines nues s'effectue de façon similaire. N'oubliez pas qu'il est essentiel de retirer les pots qui recouvrent la motte de racines des rosiers, même s'ils sont constitués de carton pressé, car ils ne sont pas biodégradables. Vous devez placer chaque rosier dans son trou, de façon à ce que son point de greffe - partie renflée située où la base des tiges du cultivar et fixée au porte-greffe - soit à environ 2,5 cm sous le niveau de la surface du sol environnant. Dans les régions nordiques, en zones 2 et 3, placez le point de greffe à près de 10 cm sous la surface de la terre.

Quant aux rosiers qui ne sont pas greffés, disposez leur collet - partie où les racines s'unissent aux tiges -  au niveau de la surface du sol. Servez-vous du manche de votre pelle ou d'une pièce de bois bien droite pour vous assurer que le point de greffe ou le collet de chaque rosier est situé au niveau adéquat. Ensuite, ajoutez le terreau autour de la motte de racines par couches successives d'environ 15 cm d'épaisseur, en prenant soin de le compacter légèrement avec vos mains de manière à empêcher la formation de poches d'air. Une fois la plantation terminée, aménagez une cuvette en terre autour des tiges de chaque rosier et arrosez abondamment.

Compost et engrais chaque printemps

Les rosiers établis sont pour la plupart des végétaux très voraces qui exigent un apport soutenu en éléments nutritifs. Chaque printemps, en avril ou en mai, épandez une épaisseur de compost d'environ 2,5 cm au pied de vos rosiers, sur un diamètre équivalant à celui de leur couronne de feuilles. En plus de leur fournir du compost, fertilisez-les avec un engrais d'origine naturelle à dégagement lent, riche en potassium, dont la formulation a un ratio de 5-3-8. Tôt au printemps, en même temps que vous ajoutez le compost, épandez au pied de chaque plant deux poignées (60 ml) de cet engrais.

Afin d'obtenir une floraison maximale de la part des rosiers hybrides de Thé, floribunda grandiflora et polyantha, vous pouvez les fertiliser également avec des algues liquides. Les algues liquides doivent être mélangées à de l'eau, à raison de 5 ml (1 cuillère à café) par litre, et pulvérisées directement sur le feuillage des rosiers, tôt le matin ou par temps couvert. Vous pouvez vaporiser ce produit tous les dix ou quinze jours durant les mois de mai, juin et au début de juillet. Il est cependant préférable de ne plus vaporiser d'algues liquides sur vos rosiers à partir de la mi-juillet, afin de leur permettre de bien endurcir leurs jeunes tiges en prévision de l'hiver.

Deux maladies à contrer

La majorité des rosiers hybrides de Thé, floribunda grandiflora et polyantha sont particulièrement sensibles à deux maladies fongiques. Le blanc et la tache noire causeront assurément des problèmes à ces rosiers au cours de leur vie.

Le blanc

Le blanc, appelé à tort mildiou, est une maladie causée par un champignon qui provoque l'apparition d'un feutre blanc grisâtre sur la surface des feuilles des rosiers. Contrairement à la plupart des maladies fongiques, la germination des spores du blanc est favorisée par le temps sec et elle est inhibée par la présence d'eau.

Pour éviter que les plantes soient affectées par cette maladie, il est conseillé de ne jamais laisser se dessécher complètement le sol dans lequel plongent leurs racines. On peut donc arroser régulièrement ces végétaux sans se soucier d'humecter leur feuillage. Il est aussi possible de prévenir efficacement l'apparition du blanc en aspergeant le feuillage des plantes sensibles une à deux fois par semaine avec une solution constituée d'un litre d'eau tiède (4 tasses) et de 15 ml (1 1/2 cuiller à table) de bicarbonate de sodium, communément appelé p'tite vache.

Afin de bien faire adhérer ce liquide sur le feuillage des végétaux, on peut également y ajouter 10 ml (une cuillère à soupe) de savon insecticide ainsi que  10 ml (une cuillère à soupe) d'huile de canola. Il est recommandé de vaporiser cette solution par temps frais et couvert ou tôt le matin. On commence à asperger ce produit quelques semaines avant l'apparition probable du blanc, soit vers la fin de juin. Il ne faut pas oublier d'asperger cette solution à nouveau après chaque pluie ou chaque arrosage.

La tache noire

Quant à elle, la tache noire est une maladie fongique est caractérisée par des taches circulaires brun foncé, presque noires, entourées de grandes plaques jaunes qui se forment sur les feuilles des rosiers. Il est très difficile d'éradiquer cette maladie; une vaporisation hebdomadaire de bouillie soufrée sur le feuillage peut, tout au plus, stopper sa progression.

Toutefois, en utilisant la solution d'eau et de bicarbonate de sodium proposée plus haut, il est relativement simple de prévenir l'apparition de la tache noire. Vous devez asperger le feuillage des rosiers sensibles une à deux fois par semaine, quelque temps avant que la maladie ne se manifeste, soit dès le début de juin. Évitez toutefois de vaporiser cette solution sur les fleurs, puisque le bicarbonate de sodium peut parfois provoquer une décoloration des pétales.

D'autres techniques vous permettront également de prévenir l'apparition de ces deux maladies. Je vous suggère d'abord de planter vos rosiers suffisamment espacés pour permettre à l'air de bien circuler autour de leur feuillage. À l'automne, ramassez et jetez aux ordures toutes les feuilles attaquées par ces maladies. Finalement, choisissez des cultivars de rosiers qui sont résistants au blanc et à la tache noire, comme «Charles Albanel», «John Davis» et «Cuthbert Grant». Si malgré tous vos efforts de prévention, certains de vos rosiers sont cependant atteints par le blanc et la tache noire, il vous faut alors être tolérant et tailler les parties qui sont les plus atteintes, puis les jeter aux ordures.

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