L'angoisse d'être parent

Vous attendez avec impatience l'arrivée de votre enfant, vous avez préparé sa chambre, acheté tout ce qui vous semblait indispensable, lu des dizaines de livres, et tout-à-coup... Panique!

Quelle que soit l'intensité de notre désir de devenir parents, il y a toujours un moment où on se demande si on a fait une bonne chose en décidant de faire le grand pas. C'est normal, et c'est même très bon signe. En effet, cela veut dire qu'on est parfaitement conscient de l'ampleur de la tâche qui nous attend. Voici nos réponses à quelques-unes de vos probables préoccupations...

La panique

Cette observation est parfaitement légitime. Il y a tellement de choses à prendre en compte lorsqu'on décide de devenir parent. Bien sûr, toutes les considérations matérielles sont bien moins importantes que celles d'ordre mental.

On se demande si on sera en mesure d'offrir les meilleurs soins à notre enfant, de l'éduquer de manière à faire de lui une personne responsable, de lui transmettre un système de valeurs qui nous est propre, de l'aimer sans l'étouffer, de l'aider à prendre sa place, de respecter sa personnalité, etc. La liste est longue!

Suis-je prêt(e)? 

Tâchons de répondre à cette question de manière succincte : non, vous n'êtes probablement pas prêt(e), pour la bonne raison que personne ne le sera jamais! Avoir un enfant, surtout un premier, changera votre vie d'une manière que vous ne pouvez pas imaginer, même en essayant très fort.

Il est donc impossible de se préparer de manière idéale. Vous pouvez bien sûr avoir des idées globales, mais chaque situation est différente. Il n'y a pas de mode d'emploi ou de « manuel de l'utilisateur » pour un bébé. Vous allez apprendre ensemble.

L'amour, plus grand que tout

En fait, il y a une seule chose à laquelle vous devez être parfaitement disposé, c'est aimer ce bébé de tout votre coeur et de toutes vos forces, et être prêt à l'accepter inconditionnellement. Si vous ressentez déjà ces sentiments au fond de vous, c'est que vous êtes plus prêt(e) que vous ne le serez jamais.

J'étouffe!

Il se peut aussi que vous réalisiez soudain que pendant quelque temps, votre vie sera entièrement consacrée à votre bébé, que vous n'aurez plus la liberté que vous aviez avant, que vous ne pouvez pas vous reposer quand vous le voulez et que vous vivez l'angoisse d'être soudain liée à une responsabilité dont vous aviez sous-estimé l'ampleur. Bien sûr, vous saviez tout ça, mais à ce point-là?

Je ne vais pas y arriver

La grande majorité des futurs parents expérimentent des sentiments d'incertitude , et vous êtes fort probablement parmi ceux-ci. Vous avez peut-être l'impression que vous ne parviendrez jamais à faire tout ce qui est nécessaire, tout en gardant du temps pour vous et en tâchant de conserver une vie de couple harmonieuse.

C'est vrai que c'est toute une adaptation, mais pensez que beaucoup avant vous sont passés par là et ont réussi sans trop de difficultés. C'est sûr qu'il y aura parfois des sacrifices et des moments plus durs que d'autres, mais au final, tout se « tasse ». Par expérience, vous vous rendrez vite compte que même après la pire des journées, voir votre chérubin dormir calmement vous fera oublier toutes les crises qu'il vous aura peut-être fait endurer à peine quelques heures plus tôt.

Et financièrement?

Vous avez des préoccupations d'ordre matériel : ici encore, il convient de remettre les choses en perspective. C'est peut-être difficile à croire, compte tenu du nombre de gadgets soi-disant indispensables qu'on voit dans tous les magasins, mais tâchez de revenir à la simplicité. Pour bien grandir, un enfant n'a besoin que d'amour.

Tout le reste concerne l'instinct de survie, que nous avons tous. Il y a parfois des moments plus difficiles que d'autres, c'est sûr, mais il est rare (au moins en Occident) de vivre une misère telle que vous n'aurez pas de quoi nourrir ou habiller votre enfant. Donc... on relaxe!

Surtout, n'oubliez pas que, tant que votre enfant n'est pas encore là, il est impossible de savoir comment vous réagirez dans une situation que vous n'avez encore jamais connue. Une chose est sure : vous saurez vous débrouiller le moment venu, même s'il faut pour cela chercher une aide extérieure.

Je ne veux pas faire d'erreurs

Il n'existe absolument aucun parent qui ne fasse pas d'erreurs. Même si vous lisez tous les livres qui existent, achetez le moindre gadget et suivez les conseils des plus éminents spécialistes, il y aura des moments où vous vous rendrez compte, après-coup, que votre réaction n'était peut-être pas appropriée.

Nous ne sommes pas des robots ou des machines. Nous sommes des êtres (souvent) dominés par les émotions. Alors, bien sûr, parfois nos sentiments nous amènent là où on ne voudrait pas aller. Cependant, si nous n'avions pas ces sentiments, nous ne pourrions jamais expérimenter cette vague d'amour envers nos enfants!

L'important est de reconnaître nos erreurs, d'essayer de ne pas les reproduire, de retenir la leçon, et de continuer... jusqu'à la prochaine fois. Il est parfaitement inutile de culpabiliser et de se lamenter. Cela ne fera pas avancer les choses. Qui plus est, en grandissant, notre enfant ne se souviendra même pas de tout cela. Par contre, ce qu'il aura en mémoire pour toute sa vie, c'est l'amour dont vous l'avez entouré.

Comment apprendre?

On lit des livres, on observe les autres parents, on se forge des idées et une conception personnelle de la chose : c'est la partie théorique. Ensuite, bébé arrive, on embarque sur la route et on ne peut plus faire demi-tour. Comme pour la conduite automobile, on se rend vite compte qu'il est nécessaire d'acquérir de nombreux réflexes et que c'est la pratique seulement qui permet de s'améliorer. Il n'existe pas de recette parfaite.

Petit à petit

Être un bon parent est un choix quotidien et un apprentissage pendant toute la vie. Au fur et à mesure que votre enfant grandira, vous grandirez en tant que parent... jusqu'à devenir celui ou celle qui donnera des conseils (parfois peu écoutés) sur l'éducation idéale de vos petits-enfants! C'est ainsi que les choses se passent depuis la nuit des temps.

L'important est de ne pas angoisser pour des situations qui n'existent pas encore. Le parent parfait et idéal n'existe pas, alors il vaut mieux se sortir tout de suite cette image de la tête, et avancer de façon positive en faisant de votre mieux.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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