Adopter un enfant

Le choix de recourir à l'adoption peut découler de différents facteurs. Certains couples ne parviennent pas à concevoir un enfant. D'autres décident d'adopter pour fournir un foyer à un enfant dans le besoin, par solidarité sociale.

Pour les célibataires ou les couples homosexuels désireux de fonder une famille, l'adoption est souvent une option envisagée.

Les motifs, on le voit, sont aussi nombreux que diversifiés. Peu importe la situation, l'adoption n'est pas un processus simple. Avant de se lancer dans la grande aventure, il est important de se renseigner sur la marche à suivre et sur les lois qui entourent l'adoption ici, au Québec.

Les différents types d'adoption

L'adoption a plusieurs visages. Il existe différentes catégories d'adoption et chacune comporte ses particularités. Il y a toutefois un point commun à tous les types d'adoptions : l'intérêt de l'enfant doit absolument être la priorité.

L'adoption spéciale

Ce terme désigne l'adoption d'un enfant par le conjoint d'un de ses parents (s'il y a cohabitation depuis au moins trois ans) ou par un membre de la famille proche (frère ou soeur, grands-parents, oncle ou tante).

Pour qu'une démarche d'adoption spéciale soit rendue possible, il est nécessaire que les parents de l'enfant ou son tuteur légal y consentent. La personne souhaitant se prévaloir d'une adoption spéciale doit effectuer une demande en ce sens auprès de la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec.

L'adoption interne

Il s'agit de l'adoption d'un enfant en sol québécois. Les personnes désirant adopter un enfant d'ici doivent contacter le Centre Jeunesse de leur région. Si elles répondent aux critères d'admissibilité, elles seront inscrites à une banque d'adoption. Il existe deux banques, soit la banque régulière et la banque mixte.

La banque régulière

La banque régulière est celle où sont inscrits des nouveaux-nés ou des enfants en très bas âge, orphelins ou donnés en adoption dès la naissance par leurs parents. De nos jours, rares sont les parents qui abandonnent leur nouveau-né de leur plein gré. Les orphelins ne sont pas légion non plus. C'est pourquoi, si vous souhaitez être inscrit à une banque régulière, vous devrez vous armer de patience, car l'attente est très longue, en moyenne sept ans.

La banque mixte

Dans une banque mixte, on retrouve des enfants qui ont été retirés à leur famille par la direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Il y a plus d'enfants inscrits à la banque mixte qu'à la banque régulière. C'est pourquoi l'attente est moins longue.

Toutefois, l'adoption d'un enfant via la banque mixte peut faire peur à certains. Les enfants, d'âge variable, ne sont généralement pas des nouveaux-nés. Ce sont des enfants qui, victimes de négligence ou de mauvais traitements, sont retirés de leur foyer par la DPJ et placés en famille d'accueil.

L'adoption de l'enfant par cette dernière n'est pas automatique; on estime qu'environ un cas sur dix échoue. La DPJ doit évaluer la situation après un certain laps de temps (entre un et deux ans, dépendamment de l'âge de l'enfant) et, si elle en vient à la conclusion que le retour de l'enfant auprès de ses parents n'est décidément pas une option, des procédures d'adoption seront amorcées.

À leur aboutissement, l'enfant ne sera plus considéré comme étant en famille d'accueil, mais bien comme un membre à part entière de la famille qui l'a pris en charge. Ses parents biologiques n'auront plus aucun droit ni obligation à son égard.

Un risque pour les parents adoptifs 

Si l'adoption d'un enfant en banque mixte est plus facile que celle d'un enfant en banque régulière, rappelez-vous que, même si vous êtes responsable de cet enfant pendant une longue période, il se peut que la décision finale de la DPJ soit de le renvoyer auprès de ses parents.

Il peut être très difficile pour une personne ou un couple s'étant occupé d'un bambin pendant plusieurs mois d'avoir à se séparer de lui.

Si vous vous tournez vers la banque mixte, rappelez-vous aussi que les enfants pris en charge par la DPJ et potentiellement adoptables proviennent de milieux très difficiles. Il est possible qu'ils aient des séquelles physiques, psychologiques ou comportementales dues à des traumatismes antérieurs.

Dans ce cas-là, le parent adoptif doit faire preuve de patience, redoubler de soins et d'amour à l'égard de l'enfant et, parfois, avoir recours à une aide extérieure.

L'adoption internationale

Pour les gens qui désirent adopter un enfant d'origine étrangère, on parle d'adoption internationale. Dans ce cas-là, il faut prévoir que l'adoption comportera des dépenses importantes, en plus d'accepter de se plier à des procédures parfois lourdes. Avec l'adoption internationale, le parent a la certitude que l'enfant qu'il ramène chez lui ne lui sera pas repris, sans compter qu'il n'a généralement pas à craindre que les parents biologiques se manifestent.

Démarche d'adoption 

Pour entreprendre une démarche d'adoption, il faut d'abord contacter le Secrétariat à l'adoption internationale, rattaché au Ministère de la Santé et des Services sociaux. Vous pourrez y recevoir les conseils et les renseignements dont vous aurez besoin pour amorcer les procédures. On vous donnera de l'information relativement aux lieux d'origine possibles et on vous recommandera sans doute un organisme agréé, qui s'occupera de votre dossier et saura vous guider et vous assistera à travers l'ensemble des démarches.

Il est important, avant de signer un contrat avec un tel organisme, de vérifier les services offerts par celui-ci et les frais encourus. Si vous avez l'occasion de prendre contact avec d'anciens clients de l'agence, n'hésitez pas à le faire.

Différentes conditions

Pour adopter un enfant originaire d'un autre pays, il est nécessaire de se plier non seulement aux règles en vigueur au Québec, mais  également aux standards du pays de l'enfant. Chaque pays peut imposer des conditions, bien que tous soient soumis aux conventions internationales. Il est important de prendre connaissance des réglementations en vigueur au moment de choisir un pays. Certaines pourront vous choquer. Il y a, par exemple, des pays qui refusent l'adoption aux couples homosexuels, aux conjoints en union libre ou aux célibataires. Quels que soient vos sentiments à l'égard des restrictions, vous ne pourrez pas les contourner.

Qui peut adopter un enfant?

Peu importe que vous vous tourniez vers l'adoption interne ou internationale, vous devrez répondre à certains critères pour être considéré comme un adoptant potentiel.

  • Premièrement, cela va de soi, vous devez être âgé de plus de 18 ans. À moins que vous ne souhaitiez adopter l'enfant de votre conjoint, il est important que vous ayez une différence d'âge d'au moins 18 ans avec l'enfant adopté.
  • Par ailleurs, si vous amorcez des démarches pour adopter, on vous fera passer un examen psychosocial, afin de s'assurer que vous êtes bel et bien en mesure de répondre aux différents besoins de l'enfant.
  • Vous devrez rencontrer un intervenant à plusieurs reprises. Plusieurs facteurs seront évalués, de votre situation socioprofessionnelle à vos relations conjugales, en passant par les motivations qui vous poussent à vous tourner vers l'adoption.
  • On vous demandera également de fournir plusieurs documents.

L'adoption est une démarche des plus sérieuses, c'est pourquoi on veut s'assurer que les gens qui recevront la garde d'un enfant sont de bonne foi et qu'ils seront capables de s'acquitter de leurs obligations.

Une importante décision 

Rappelez-vous que la décision d'adopter un enfant ne doit pas être prise à la légère. Vous aurez probablement plusieurs obstacles à surmonter avant de, finalement, pouvoir tenir votre enfant dans vos bras. Mais pour ceux qui choisissent de mener les démarches à leur terme, les détails techniques, les frais et les embûches sont un faible prix à payer pour avoir l'occasion de rendre un enfant heureux.

Jeanne Dompierre, rédactrice Canal Vie

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