Les avancées technologiques de l'échographie

Les avances technologiques de l'échographie

Tous les futurs parents attendent avec impatience leur premier face-à-face avec bébé : l’échographie. Incarnant une révolution au niveau médical et social, elle fait maintenant partie du suivi de grossesse depuis près d’une quarantaine d’années.

Comment fonctionne l’échographie?

L’échographie est réalisée grâce à un appareil muni d’une sonde qui émet des ondes sonores imperceptibles à l’oreille. Ces ultrasons voyagent à travers la peau. Un système informatique analyse le signal renvoyé par ceux-ci et transmet sur écran des images en temps réel, comme un film.

Dans le cas d’un suivi de grossesse, la sonde est déplacée sur l’abdomen de la mère afin d’obtenir des images du fœtus. Dans certains cas, il est nécessaire d’utiliser une sonde spéciale qui doit être introduite dans le vagin.

L’échographie n’est pas douloureuse et dure généralement une trentaine de minutes. On vous demandera de boire beaucoup d’eau avant l’examen, car une vessie pleine aidera à mieux voir le bébé.

Plus le poids de la mère est élevé, plus les ultrasons seront absorbés par la peau et moins l’image du bébé sera nette. Juste avant de procéder, on vous enduira le ventre d’un gel aqueux afin que la sonde glisse mieux sur la peau et que les ultrasons voyagent aisément à travers les tissus.

À quoi sert-elle?

L’échographie permet d’observer comment le bébé se développe et de diagnostiquer la plupart des anomalies. On peut déterminer l’âge du fœtus à deux jours près, et par conséquent, la date prévue de l’accouchement. Ceci élimine d’ailleurs le risque d’accouchement tardif.

Elle permet également de déterminer le nombre de bébés, le sexe du bébé (sur demande!), de vérifier sa taille et ses membres, le fonctionnement de son cœur et la croissance de ses autres organes. L’examen sert aussi à vérifier s’il y a un problème dans l’utérus, à observer les trompes de Fallope et les ovaires de la maman.

Quand la passer?

Au Québec, on propose dorénavant une première échographie entre la 11e et la 14e semaine de grossesse. Elle permet de calculer avec précision l’âge du fœtus et d’effectuer le Prénatest. Par la suite, on recommande d’en passer une seconde, dite anatomique, entre la 18e et 20e semaine de grossesse.

Dans certains cas, par exemple si vous fumez, faites du diabète de grossesse ou de l’hypertension artérielle, votre médecin ou gynécologue peut vous suggérer une troisième échographie vers la 32e semaine. Elle servira à vérifier la croissance du bébé, sa position et le volume de fluide autour de lui.

Également, si vous approchez de la date prévue d’accouchement, ou que vous la dépassez, une échographie vous sera probablement proposée. Celle-ci est nécessaire pour savoir si la grossesse peut être poursuivie durant quelques jours ou s’il est préférable de provoquer l’accouchement.

Dépister les malformations et les anomalies

Peu importe le stade de la grossesse, le rôle de l’échographie demeure le même : veiller au bon déroulement de la grossesse. Lors de ces examens, le médecin s’assure que votre fœtus se développe normalement et qu’il ne souffre pas de malformations ni d’anomalies chromosomiques.

Le Prénatest

Réalisé lors du premier trimestre, le Prénatest consiste en une échographie et une prise de sang. Les mesures prises, dont la clarté nucale, combinées au résultat sanguin permettent de dépister les maladies chromosomiques, dont la trisomie 21. Les résultats, sous forme de pourcentage, établissent un niveau de risque et n’offrent en aucun cas un diagnostic.

Le dépistage prénatal est facultatif. Les résultats obtenus peuvent vous confronter à choisir entre l’interruption de votre grossesse ou la mise au monde d’un enfant malade. La décision d’effectuer ou non ces tests doit donc être prise avec sérieux.

L’amniocentèse

Selon les résultats du Prénatest, une amniocentèse peut vous être recommandée. Sous contrôle échographique, du liquide amniotique est prélevé dans l’utérus grâce à une fine aiguille qu’on introduit dans l’abdomen. L’amniocentèse permet de dépister avec plus de précisions plusieurs anomalies sévères. Dans de rares cas, l’amniocentèse peut provoquer une fausse couche, quoique le risque demeure faible (0,5 à 1 % de chance).

L’échographie de routine, dite anatomique

L’échographie de routine effectuée à l’hôpital entre la 18e et 20e semaine de grossesse permet d’examiner l’anatomie du bébé. De nombreuses mesures sont prises et des images sont saisies afin de vérifier, entre autres, le développement du cerveau, du cœur, du visage, de la colonne vertébrale, la position du placenta, ainsi que la quantité du liquide amniotique.

Observer bébé en 3D

Dans les hôpitaux, l’appareil qui sert à l’échographie de grossesse est généralement muni d’une sonde en 2 dimensions. C’est à la suite de cet examen de routine que vous recevrez vos premiers clichés noir et blanc de bébé. Si vous passez une échographie en milieu privé, celle-ci sera probablement en 3 dimensions. Si l’appareil est doté d’une sonde 4D, vous verrez même le fœtus s’animer! Se rapprochant davantage de la réalité, l’échographie 3D permet de mieux observer l’anatomie du bébé. Ceci est très utile pour diagnostiquer des malformations faciales, comme le bec de lièvre, par exemple.

Une question de goût

L’échographie 3D est plus réelle, donc plus impressionnante, et pour certains parents... plus effrayante. En effet, Junior risque de ressembler à un joli petit extra-terrestre! Les avis des futurs parents sont donc divisés à ce sujet. Certains préfèrent la précision des échographies 3D et y trouvent quelque chose de rassurant. Une partie du mystère est pour eux éclaircie, ce qui renforce leur lien affectif. D’autres préfèrent la simplicité des échographies 2D qui laissent davantage place à l’imagination et à la surprise de l’accouchement. À vous de juger!

Une échographie juste pour le plaisir?

Depuis plus d’une dizaine d’années, les Américains ont popularisé le concept de l’échographie 3D à des fins non médicales. Récemment, certains cabinets canadiens de radiologie privés ont commencé à promouvoir l’utilisation d’appareils servant à l’échographie fœtale dans l’unique but de produire des vidéos souvenirs pour les futurs parents. Nommée également échographie plaisir ou échographie spectacle, elle s’avère strictement un moment de grande émotion pour les parents, qui repartent ensuite avec des photos 3D ou une vidéo du bébé. Lors de ce type d’échographie, la personne qui manipule la sonde n’est habituellement pas médecin et n’est donc pas qualifiée pour se prononcer sur la santé du fœtus.

Les ultrasons : un risque pour le fœtus?

Santé Canada et la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada recommandent cependant aux futurs parents de ne pas exposer leur bébé aux ultrasons uniquement dans le but d’obtenir ce type de photo ou de vidéo, ou seulement pour savoir s’ils attendent un garçon ou une fille. L’échographie est considérée comme étant sécuritaire pour la maman et le fœtus, mais pourquoi soumettre bébé à une dose inutile d’ultrasons?

Certains chercheurs craignent que les ultrasons puissent affecter le bébé, d’autant plus que ceux émis lors de l’échographie 3D sont plus denses et visent davantage le visage. Des recherches sont en cours afin d’assurer la sécurité constante de l’échographie. En résumé, celle-ci est d’une grande importance lors du suivi de grossesse, mais devrait seulement être utilisée à des fins diagnostiques.

 

Alors, profitez de ces moments magiques qui ont lieu lors des échographies de routine, sans pour autant vous tourner vers des cliniques privées pour obtenir plus de clichés. Patientez, votre bébé sera bientôt dans vos bras et vous aurez tout votre temps pour l’admirer!

 

Marie-Eve Boivin et Cynthia Brunet, rédactrices Canal Vie

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