Suivre la mode peut coûter cher en investissement

Auteur
Michel-Olivier Marcoux
16 septembre 2020
Rapports d'investissements

Dans l’industrie de la mode, lorsqu’on veut toujours suivre les dernières tendances, ça se peut très bien que ça nous coûte (très) cher. Et bien, en finance ça peut être la même chose. J’entends par là qu’investir dans des actions ou dans des produits financiers qui sont à la mode peut être une mauvaise idée.

Prenons un exemple assez récent : le fameux Bitcoin.

La montée de cette cryptomonnaie a débuté à l’automne 2017 alors que le prix à franchi le cap des 5 000$ en octobre pour ensuite doubler le mois suivant et atteindre une valeur de 10 000$. En décembre de la même année, la montée fulgurante s’est poursuivie de plus belle alors que le prix avait atteint un sommet de 20 000$.

Tout le monde en parlait et se lançait dans l’investissement de cryptomonnaie sans même connaître les risques. Malheureusement, ce qui devait arriver arriva. Le prix du Bitcoin a commencé à descendre. En avril de l’année suivante le prix avait descendu à 7 000$ et était même descendu sous la barre des 3 500$ en novembre 2018.

Ce qui est dommage c’est que la frénésie a emporté avec elle plusieurs investisseurs comptant peu d’expérience et qui ont perdu pas mal d’argent. Le pire là-dedans c’est que certains n’étaient même pas capables de vendre leurs Bitcoins quand ils l’ont voulu le faire en raison de problèmes techniques.

Le «FOMO», vous connaissez?

L’erreur que les gens ont faite a été de céder à l’effet d’entrainement et ils ont peur de manquer le party. En anglais on dit «Fear of missing out» ou on utilise simplement l’abréviation «FOMO». Un peu comme quand il y a un événement très populaire et qu’on le voit partout sur les médias sociaux, mais qu’on ne peut pas y assister, on peut être «FOMO».

En 2017, ceux qui sont restés rationnels et sceptiques devant la hausse fulgurante du Bitcoin se demandaient sincèrement ce qui causait cette montée vertigineuse. Plusieurs croyaient que les cryptomonnaies allaient remplacer à tout jamais toutes les autres monnaies dans le monde et que c’était le temps d’embarquer avant qu’il ne soit trop tard. Même s’il se peut qu’un jour ce soit le cas, les chances que ça se produise du jour au lendemain sont très minces. Il y a plusieurs mesures de sécurité à mettre en place, un système bancaire à changer complètement ainsi que de nouvelles habitudes à créer avant tout changement. Ce n’est pas le genre de truc qui se fait rapidement malgré la bonne volonté de plusieurs.

«Mieux vaut tard que jamais»... Dans ce cas-ci, non!

L’autre aspect important à prendre en considération est le fait qu’il se peut que lorsqu’on investit dans un produit financier ou une action dont il est question partout dans les médias ou même dans notre fil d’actualité Facebook, est qu’il soit trop tard et que la majorité (ou la totalité) de la hausse soit déjà derrière nous. C’est un peu le cas des personnes qui ont acheté des Bitcoins lorsqu’on se rapprochait du 20 000$. Ces derniers ont alors perdu plus de 80 % de leur argent. Nul besoin de dire que c’est énorme comme perte.

Évidemment, il se peut que le prix remonte à ce sommet un jour, mais la plupart des personnes qui en ont acheté juste avant la baisse ont probablement déjà vendu à cause de la panique et étant donné qu’ils ne savent pas vraiment pourquoi ils ont investi dans le Bitcoin, outre le fait qu’ils ont voulu suivre ce que les autres faisaient.

Il faut donc se méfier des mouvements de foule importants vers un investissement à la mode, sinon ça risque de nous coûter plus cher que d’être habillé avec les dernières tendances mode de grands designers!


Michel-Olivier MarcouxPrésident de Gestion de patrimoine ASF, Michel-Olivier Marcoux est chroniqueur à la télévision et à la radio, en plus   de collaborer dans divers médias. En 2018, il remporte le prix Conseiller de la Relève pour le conseiller financier âgé   de moins de 40 ans s’étant le plus démarqué. Il est titulaire d’une maîtrise en Science de la finance de la prestigieuse   Villanova University aux États-Unis et est également coauteur du livre Investir en 2012, auteur du livre INVESTIR   paru  en 2016 et plus récemment auteur du livre «Investir pour assurer son avenir» paru en 2019.

 

 

Bannière combien ça coûte

Sur le même sujet

Les plus populaires

Les plus récents

Ailleurs sur le web