Parents célibataires : vous êtes plus riches que vous le pensez

Auteur
David Descôteaux
3 septembre 2020
Une mère et son enfant

Certains croient que les REER, c’est pour les riches. Ou du moins pour ceux qui ont de bons salaires. Vrai qu’il est plus facile pour quelqu’un gagnant un bon salaire et vivant en couple d’épargner et de remplir ses REER que ce ne l’est pour un parent seul avec un ou des enfants à charge, et qui peine à boucler ses fins de mois. Mais pour ce dernier, prendre des REER peut s’avérer encore plus payant

Avec un REER, l'argent que vous y placez réduit votre revenu imposable, et donc votre facture d’impôt à payer. Mais aussi, gardez en tête qu’il y a tellement de crédits d’impôt aujourd’hui liés à la situation familiale que ça vaut la peine, pour les gens à plus faibles revenus et surtout les mères ou pères monoparentaux, de prendre des REER à ce moment de leur vie, afin de réduire leur revenu imposable et d’aller chercher plus de chèques du gouvernement.

 

Voici un exemple où il est gagnant de prendre des REER

Si vous gagnez entre 30 000 $ et 50 000 $ (ou dans ces eaux-là) et qu'il ne vous en reste pas assez pour cotiser à un REER… trouvez une façon de cotiser quand même! Pourquoi? Parce que le montant des crédits d'impôt et des prestations pour enfants auquel vous avez droit sera plus élevé si votre revenu imposable est moindre. Et les cotisations REER réduisent justement votre revenu imposable.

En fait, lorsqu’on est parent monoparental, c'est étonnant les économies d'impôts qu'on peut faire grâce aux prestations pour les enfants. Par exemple : si une mère monoparentale gagnant 50 000 $ par année réussit à cotiser pour 10 000 $ de REER, en tenant compte de l'ensemble de son remboursement d'impôt, il est possible que son 10 000 $ ne lui coute que 1000 $ ou 2000 $. Parce que son revenu imposable diminue et qu'elle payera moins d'impôts, mais aussi parce que les prestations pour enfants, comme les crédits de frais de garde par exemple, feront en sorte que le vrai remboursement d'impôt sera pas mal plus élevé.

Une mère monoparentale, disons avec trois enfants et qui investit son REER dans un fonds de travailleurs (par exemple celui de la CSN) qui donne 40 % de crédit d'impôt en plus, pourrait obtenir PLUS en remboursement d’impôt et crédits supplémentaires que sa cotisation REER... 

Le hic : il faut être capable de gérer ses dépenses au quotidien, afin de dégager une marge de manœuvre pour épargner et cotiser à son REER. Et je le sais, ce n’est pas toujours facile!

Mais tout de même. Au Canada, les parents monoparentaux ne sont pas laissés pour compte. En effet, un parent monoparental qui gagne 34 000 $ par année et qui a trois enfants a, dans ses poches à la fin de l’année, plus de 52 000 $. Son taux d’imposition réel, si on tient compte de tous les crédits et chèques, est négatif!

 

On se débarrasse du conjoint?

Petit conseil pour certaines personnes qui endurent un mauvais conjoint et un mauvais parent dans leur vie pour des raisons d’insécurité financière : prenez le temps de calculer quel serait l’état de vos finances sans ce conjoint dans votre vie. Vous pourriez être surpris! Vous avez peut-être les moyens de vous en débarrasser une fois pour toutes. S’il nuit à votre stabilité familiale, ne le gardez pas pour des raisons financières. Si c’est votre seule raison, repensez-y. J’utilise le masculin ici pour simplifier le texte, mais ça s’applique évidemment des deux côtés…


David DescôteauxDavid Descôteaux est chroniqueur et journaliste économique depuis plusieurs années. Il est aussi l'auteur   du  best-seller en finances  personnelles "D'endetté à millionnaire" et d'une série de livres pour enfants sur   l'économie et la finance

 

 

 

 

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