Essayer de prédire le marché boursier (market timing) : la pire chose à faire!

Auteur
Michel-Olivier Marcoux
20 juillet 2020
Investisseur professionnel de la photo travaillant un nouveau projet de démarrage.

En tant que conseiller financier, je me suis souvent fait demander mes prédictions par rapport aux marchés boursiers. Des questions comme : «Dans quoi je devrais investir pour faire de l’argent en ce moment?» reviennent assez régulièrement, et ce, autant dans le cadre de mon métier que dans un cadre social. Et par social, je veux dire que ça m’est déjà arrivé de me le faire demander dans un bar par un étranger ou même dans un avion par un inconnu assis à côté de moi... Comme si je possédais une boule de cristal qui me permettait de prédire ce qui allait se passer.

Évidemment, je suis aux faits de l’actualité économique, je m’informe là-dessus sur une base quotidienne et je fais beaucoup de recherche. Par contre, je n’ai pas la vérité absolue sur ce qui va se passer et aucun n’expert à travers le monde ne l'a non plus.

J’ai déjà entendu certains se plaindre de leur conseiller financier parce que ce dernier aurait dû savoir qu’une baisse boursière allait se produire. Si seulement c’était possible de le faire. Bien sûr, il y a des signes qui indiquent un ralentissement économique, mais au début d’une baisse à la bourse, personne ne le sait combien de temps elle va durer. La Bourse monte certains jours et descend aussi d’autres jours. Ce n’est qu’après coup qu’on sait qu’il s’agissait d’une crise boursière.

 

Prédiction financière 

Homme d'affaire qui prévoit l'avenir dans une boule de cristal

Andrey_Popov/Shutterstock

Une chose que j’ai remarquée durant la dernière crise est le désir de plusieurs investisseurs d’essayer de faire du «market timing» ce qui signifie essayer de prédire quand vendre et quand acheter des actions ou des placements. Encore une fois, comme s’il existait une façon de prédire où va aller la Bourse.

Le but des investisseurs qui veulent faire du «market timing» est de limiter la baisse d’un placement et seulement profiter de la hausse. Le gros problème avec cette idée c’est de savoir exactement la date à laquelle ça va descendre et la date à laquelle ça va commencer à remonter. Il suffit de prendre la mauvaise décision et ça peut coûter très cher. C’est pour cela que la meilleure décision en investissement est souvent de ne rien faire. (Je parle ici pour quelqu’un qui a investi dans des placements bien diversifiés et choisis adéquatement selon sa tolérance de risque).

 

Et pourquoi est-ce une si mauvaise idée de faire du «market timing» ? Voici quelques raisons pour le démontrer:

homme d'affaires calcule et analyse à l'aide d'indices financiers boursiers et met les pièces de monnaie

Freedomz/Shutterstock

Prenons tout d’abord l’exemple d’un investisseur qui a placé 10 000 $ le 1er janvier 1986 dans l’indice Canadien le S&P/TSX. Si cette personne avait laissé cet argent investi sans aucune interruption jusqu’au 31 décembre 2019, ce même 10 000 $ vaudrait 142 636 $. Pas mal pour n’avoir absolument rien fait pendant toutes ces années.

Toutefois, si ce même investisseur avait manqué seulement les 10 meilleures journées boursières (c’est-à-dire les journées avec les hausses les plus importantes), ce même 142 636 $ ne vaudrait que 61 191 $. Moins de la moitié pour avoir juste manqué 10 jours. C’est énorme!

C’est donc dire que la personne qui aurait fait du «market timing» et qui n’aurait pas été investi 10 jours sur plus de 30 ans d’investissement aurait perdu plus de 81 000 $. Ça fait réfléchir, disons. Surtout lorsqu’on pense que souvent les meilleures journées à la Bourse sont pendant ou immédiatement après une crise boursière. On l’a d’ailleurs vu en 2020 avec des journées où la Bourse montait de plus de 10 % en une journée. 

 

Autre point important 

Qu’est-ce qui arrive si on sort notre argent du marché boursier parce qu’on pense qu’il va y avoir une baisse et que ça ne se produit jamais? On attend la prochaine baisse? Mais disons que la prochaine baisse ne se produit pas avant plusieurs années, on fait quoi? On garde l’argent dans notre compte de banque, chose qui rapporte moins que l’inflation? Selon moi, cette méthode est la meilleure pour s’appauvrir et rares sont les personnes qui souhaitent cela. En tout cas, moi je n’en connais pas!

 

Investir n’est pas toujours facile au niveau émotif, mais ceux qui sont patients et qui focalisent sur le long terme s’en sortent gagnants. C’est lorsqu’on prend des décisions émotives et qu’on tente de prédire le marché boursier qu’on fait des erreurs coûteuses. En plus, comme on a pu voir dans l’exemple détaillé plus tôt, ne rien faire est plus payant donc pourquoi se casser la tête? Aussi bien laisser votre conseiller et les marchés boursiers faire le travail pour vous!

 


Michel-Olivier MarcouxPrésident de Gestion de patrimoine ASF, Michel-Olivier Marcoux est chroniqueur à la télévision et à la radio, en plus   de collaborer dans divers médias. En 2018, il remporte le prix Conseiller de la Relève pour le conseiller financier âgé   de moins de 40 ans s’étant le plus démarqué. Il est titulaire d’une maîtrise en Science de la finance de la prestigieuse   Villanova University aux États-Unis et est également coauteur du livre Investir en 2012, auteur du livre INVESTIR   paru  en 2016 et plus récemment auteur du livre «Investir pour assurer son avenir» paru en 2019.

 

 

 

 

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