Comment bâtir son propre portefeuille d'investissement

Auteur
David Descôteaux
24 septembre 2020
La bourse dans le journal

De plus en plus de gens sont tentés par l’idée de gérer soi-même son portefeuille d'investissement. Une idée séduisante, surtout si vous avez un côté autodidacte. L’information abonde sur Internet et des outils sophistiqués sont à votre portée sur les sites de courtage en ligne de la plupart des institutions financières. Pourquoi perdre de l’argent en payant un courtier plein exercice, alors qu’on peut tout faire soi-même? Si vous êtes tentés, voici quelques conseils.

 

Toutes les grandes banques ont leur plateforme de courtage en ligne. Vous pouvez ouvrir un compte sur Internet ou par téléphone. Une petite éducation est nécessaire pour connaître les rudiments du courtage en ligne, mais gardez en tête que des agents de service à la clientèle sont là pour répondre à vos questions, et sont habituellement très compétents.

Vous avez un certain pactole à placer. Où devez-vous investir? Quoi mettre dans votre portefeuille? À part le marché boursier et les obligations, devriez-vous considérer d'autres produits d’investissement? Devez-vous faire la même chose selon que vous avez 25 ans et 45 ans?

D’abord, si vous voulez simplement investir votre portefeuille de retraite d’une manière simple, sécuritaire et rentable, restez concentrés sur les actions, les obligations et l’immobilier. Ces trois grands marchés sont stables, diversifiés et c’est là que l’argent se trouve.

Ensuite, il faut décider quelle portion d’actions / obligations détenir dans son portefeuille. Pour ça, tout dépend de votre âge et de votre tolérance au risque. Ici, je vous invite à vous informer auprès d’un planificateur financier ou un conseiller pour plus de détails, mais la logique est la suivante :

 

  • Si vous pouvez tolérer une baisse soudaine de 40 % de votre portefeuille, allez-y 100 % en actions. (Par exemple, 40 % en actions américaines, 30 % en actions canadiennes et 30 % en actions internationales.)
  • Si vous pouvez tolérer seulement une baisse de 25 % de votre portefeuille, on introduit 30 % d’obligations. Le but des obligations n’est pas de vous rendre riche, mais de limiter l’amplitude des mouvements de votre portefeuille, bref, de vous aider à dormir la nuit.
  • Si vous pouvez tolérer une baisse de 20 %, on introduit 50 % d'obligations.
  • Une baisse de 10 %? Votre portefeuille devrait être à 80 % en obligations.

 

Si vous êtes incapable de tolérer une quelconque baisse de votre portefeuille… prenez des certificats de placement garanti (CPG), ou allez vous éduquer financièrement! Sachez que les pertes dont on parle ici sont temporaires. Tout ce qui descend finit par remonter, si vous êtes patient.

 

Un mot sur les CPG

Ce sont les mal-aimés de l'industrie. On les surnomme parfois les «certificats de pauvreté garantis» parce que leur rendement ne couvre même pas la hausse de l’inflation dans bien des cas. Mais les CPG ont tout de même une utilité. Certains offrent d'ailleurs un meilleur rendement que les obligations de gouvernements. Plus on vieillit et qu’on s’approche de notre mort, plus il est normal de détenir une partie de son portefeuille dans ces produits à risque minimum. Par contre, lorsqu’on voit des jeunes de 30 ou 40 ans en détenir pour 70 % de leur portefeuille, on fait une syncope!

 

Quels types d’obligations détenir?

Pour la portion «obligations» du portefeuille, doit-on se contenter des bons du Trésor du gouvernement? Ou doit-on plutôt prendre des obligations d’entreprises?

Une suggestion générale : arrangez-vous pour avoir 50 % d’obligations corporatives, et 50 % d’obligations de gouvernement, afin de diversifier votre portefeuille. Les obligations gouvernementales sont plus sensibles aux variations de taux d’intérêt et les obligations d’entreprises sont plus sensibles à l’état général de l’économie.

Aussi, mieux vaut investir dans des fonds obligataires que d’investir des milliers de dollars en obligations d’une seule entreprise. De cette façon, vous réduisez votre risque de perte. Les gens ont la fâcheuse habitude de penser qu'une faillite de l’entreprise dans laquelle ils détiennent des obligations est impossible. Ce n'est pas impossible. Les obligations sont plus sécuritaires que les actions, mais elles ne sont pas garanties.

Armés de ces quelques conseils, n’hésitez pas à aller vous familiariser avec le site de courtage en ligne de votre institution bancaire. Avec un peu de débrouillardise et quelques heures d’apprentissage, vous pourriez économiser sur vos frais de gestion tout en découvrant un monde fascinant!

 


David DescôteauxDavid Descôteaux est chroniqueur et journaliste économique depuis plusieurs années. Il est aussi l'auteur   du  best-seller en finances  personnelles "D'endetté à millionnaire" et d'une série de livres pour enfants sur   l'économie et la finance

 

 

 

 

 

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