Le chômage au temps de la COVID-19

Auteur
Michel-Olivier Marcoux
27 mars 2020
Femme qui porte un masque médical

Autant en temps de crise qu’en temps normal, plusieurs facteurs sont utilisés pour mesurer la santé de l’économie d’un pays. Toutefois, aucun n’est autant consulté que le taux de chômage. Les médias ainsi que les professionnels de l’investissement le citent régulièrement pour donner un sommaire rapide dans le but d’indiquer où se situent les activités économiques. Le marché boursier a aussi tendance à réagir suite à l’annonce d’une baisse ou d’une hausse du taux de chômage.


En période trouble comme c’est le cas avec la COVID-19, de nombreux travailleurs paient malheureusement le prix et se retrouvent sur le chômage malgré eux. Pour mettre en contexte, lors des années 1930 durant la Grande Dépression le niveau de chômeurs au Canada avait augmenté à 19,3 %. C’est près d’un travailleur sur cinq. Aux États-Unis, le taux de chômage était encore plus élevé ayant atteint 25 % de la population au début de 1933. Si on regarde toutes les autres périodes difficiles économiquement depuis ce temps, le taux de chômage est nécessairement affecté.

Le côté positif qu’on peut tirer de ces tristes événements historiques, est qu’après la pluie vient le beau temps. Chaque fois que les activités économiques connaissent une reprise, l’emploi revient également et le nombre de personnes sans emploi diminue et connait un retour à la normale. C’est sûr que pendant la crise on a tendance à ne pas voir la lumière au bout du tunnel, mais si l’histoire peut moindrement nous rassurer durant des moments difficiles, on va le prendre.

 

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Retournons un peu dans le passé...

Si on retourne légèrement en arrière et on regarde le taux de chômage juste avant l’épisode du coronavirus, il était à un niveau des plus bas en plusieurs années. L’économie canadienne créait des emplois, signe que nous connaissions une croissance. Ce qu’on peut tirer de positif de ce regard sur les mois précédents est que l’économie était somme toute en bonne santé et que la reprise devrait être plus facile dans ce cas-là. Évidemment, lorsque ça se produira, plusieurs facteurs entreront en ligne de compte comme le niveau d’endettement des Canadiens et l’impact que la crise aura eu sur les PME. Toutes des raisons qui rendent la tâche de prédire quoi que ce soit assez difficile.

Parlant de prédiction, l’ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke, a affirmé qu’il est possible que le taux de chômage augmente très rapidement et revienne presque au même niveau qu’il était avant la COVID-19. Une possibilité qui est envisageable non seulement chez nos voisins du Sud, mais également chez nous. Toutefois, avant que ça revienne à la normale, monsieur Bernanke affirme qu’il y a plusieurs questions qui restent sans réponse.  Par exemple, est-ce que les mesures d’isolation sociale fonctionneront? Est-ce que le virus va faiblir ou être moins dangereux avec la température qui augmente? Difficile à prédire, mais toutes ces questions sans réponse nous ramènent au point le plus important, c’est-à-dire le temps que va durer toutes ces fermetures. C’est vraiment ça qui va dicter l’impact sur les travailleurs et le taux de chômage.

 

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Que nous prédit le futur dans tout ça?

Pour le moment, les experts estiment que le nombre de chômeurs va plus que doubler en raison de la COVID-19. Ce sont plus de 200 000 personnes juste au Québec. Certaines familles verront leurs revenus diminuer de façon importante pendant la période de fermeture. Le genre de situation qui a pour conséquence de créer un cercle vicieux au niveau économique. Je vous explique. Ces personnes vont moins dépenser étant donné qu’elles auront moins d’argent à leur disposition, ce qui aura pour impact de diminuer les revenus des entreprises et si ces dernières ont moins de revenus, elles ne pourront donc pas engager autant de personnel. Vous voyez où je veux en venir?

C’est exactement pour ce genre de raison (outre la santé humaine) que l’isolement social est important et à ne pas prendre à la légère. Même si cela n’a pas d’impact si grave pour vous si vous attrapez le virus, le nombre de cas qui augmente pousse les gouvernements à agir et à mettre en place des mesures de sécurité restrictive pour l’économie et surtout pour les travailleurs.

En attendant de voir comment va se développer la situation, la seule chose à faire est d’y aller une journée à la fois et attendre que la tempête passe. Plus facile à dire qu’à faire j’en conviens. Si jamais vous avez des questions sur l’assurance-emploi ou si vous désirez appliquer afin d’en recevoir, avec le nombre élevé de demandes ces jours-ci, l’idéal est d’utiliser les services en ligne du Gouvernement du Canada.

Bon courage!

Michel-Olivier MarcouxPrésident de Gestion de patrimoine ASF, Michel-Olivier Marcoux est chroniqueur à la télévision et à la radio, en plus de collaborer dans divers médias. En 2018, il remporte le prix Conseiller de la Relève pour le conseiller financier âgé de moins de 40 ans s’étant le plus démarqué. Il est titulaire d’une maîtrise en Science de la finance de la prestigieuse Villanova University aux États-Unis et est également coauteur du livre Investir en 2012, auteur du livre INVESTIR paru en 2016 et plus récemment auteur du livre «Investir pour assurer son avenir» paru en 2019.

 

 

 

 

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