Retour en classe pour les élèves du primaire, oui ou non?

Auteur
Cynthia Brunet
30 avril 2020
Retourner, ou non, son enfant à l'école primaire?

Le retour en classe pour les élèves du primaire a été annoncé le 27 avril dernier. Dès le 11 mai, les enfants à travers le Québec prendront le chemin de l’école. Pour les jeunes de la Communauté métropolitaine de Montréal, le retour se fera le 25 mai. Dans tous les cas, le retour à l’école se fera sur une base volontaire. La décision est donc entre les mains des parents, en fonction de la réalité et des besoins de tous.

La joie de retourner à l’école primaire, le bonheur de ne plus retourner au secondaire

Sur le moment, mes deux plus jeunes étaient heureuses d’apprendre la nouvelle. Mes deux ainées, qui sont au secondaire, étaient tout aussi heureuses d’apprendre qu’elles ne retourneraient pas sur les bancs d’école avant septembre. Je me suis dit que tout le monde y gagnait, moi aussi! Il serait effectivement plus facile de travailler sans le tourbillon de 4 enfants autour de moi.

Je dis bien, sur le moment. Car ensuite, cette nouvelle a fait son chemin dans la tête de chacune.

Le choc de la réalité

Pas de retour à l’école secondaire, ça sonne bien sur le moment. Pourtant, lorsque mes filles sont retournées faire des feuilles d’exercices dans leur chambre, je crois qu’elles ont pris conscience que l’école à la maison, lorsqu’on est isolé de tous, c’est un peu monotone. Elles ont déjà été scolarisées en voyage; très jeunes, elles ont développé une grande autonomie. Elles en connaissent les avantages. Mais, elles sont également conscientes qu’actuellement, elles n’ont ni l’avantage d’être à l’école avec des profs passionnés et des amis tout autour ni l’avantage d’apprendre en solitaire, mais avec des paysages différents tous les jours.

Du côté du primaire, un retour à l’école, sans contact avec les autres, sans réel jeu, sans certitude d’être dans la même classe que leurs amis, ni même avec leur enseignant, ça semble tout à coup moins amusants également.  

De mon côté, je me suis rappelé la situation dans nos écoles il y a 2 mois. J’ai le bonheur de faire du bénévolat à l’école primaire depuis déjà longtemps… je croise des profs dévouées, des enfants adorables, curieux; mais aussi des profs exténuées, des enfants totalement indisciplinés, irrespectueux et parfois même méchants...

Je suis vite retombée sur terre. Ces enfants seront-ils soudainement respectueux et disciplinés parce qu’ils auront passé plus de deux mois à la maison? J’en doute. Peut-être qu’avec un faible nombre d’élèves par classe, la situation va s’améliorer. Je le souhaite. Peut-être que les professeurs auront enfin la chance de s’attarder réellement à ceux qui se trouvent devant eux. Peut-être même que cette situation sera bénéfique pour certains. On peut rêver, espérer.

 

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Moins de 15 enfants par classe, où iront les autres?

Un autre questionnement surgit alors dans mon esprit. S’il y a moins de 15 enfants par classe (de plus en plus, on réalise qu’il s’agira peut-être de 10, si l’on souhaite respecter la distance de 2 mètres) où iront les autres? L’établissement scolaire que fréquentent mes filles est déjà utilisé à son maximum. Aucun local vacant.

Bien sûr, il y aura le local de musique et la bibliothèque qui pourront être utilisés. En effet, les arts ne seront plus enseignés. Tout ce qui nécessite un déplacement et l’utilisation de matériel sera aussi évité. Donc, terminées, les périodes à la bibliothèque. Le maintien des acquis et l’apprentissage de nouvelles notions dans les matières de base seront les priorités étant donné le court laps de temps qu’il reste à l’année scolaire.  

Des locaux se libéreront ici et là,  2 ou 3? Il y a aussi l’école secondaire qui pourrait être utilisée. Mais encore faut-il qu’il y ait des enseignants. Ceux des différentes spécialités pourront prendre un groupe à leur charge, cependant, les profs à ne pas revenir seront bien plus nombreux, que ceux qui seront réaffectés à un groupe en particulier. Il suffit de penser à ceux de plus de 60 ans, ceux qui font partie des groupes à risque, celles qui sont enceintes...

Un casse-tête qui mènera peut-être à des changements positifs?!

Les dirigeants d’école ont tout un casse-tête devant eux, mais je sais qu’ils réussiront à relever le défi. Les étudiants en fin de parcours au baccalauréat en enseignement seront probablement heureux et motivés d’apporter leur aide. Ce sera un terrain d’exploration incroyable. Tout ce qu’il n’est pas possible de faire habituellement, puisque le cadre est trop rigide, pourra être fait. Eh bien, tout ce qui peut être tenté en respectant la distanciation physique… sans échanger de matériel… sans que personne bouge… Bref, un terrain d’exploration incroyable où la lourde structure des évaluations tombe, mais où le cadre physique sera plus rigide que jamais. Pour ceux qui aiment les défis, celui-ci sera de taille!

Envoyer ou non ses enfants à l’école?

À la lueur de toutes ces informations, nous, les parents, devrons prendre une décision.

J’ai confiance en notre gouvernement, j’ai confiance en l’équipe-école de mes filles. La COVID-19 ne m’inquiète pas particulièrement, puisque nous sommes en santé.

J’aurais donc tendance à dire à mes filles de tenter l’expérience… Toutefois, puisqu’elles n’ont pas de difficultés d’apprentissage, puisque je travaille de la maison, c’était déjà ma réalité avant la pandémie, serait-il préférable qu’elles restent avec moi pour ne pas surcharger le système?

En prenant cette décision, je les priverais néanmoins du contact avec leurs amis. Car, si elles restent à la maison, elles ne pourront pas les voir, puisque tout rassemblement demeure interdit. C’est difficile à comprendre… et à accepter. Si elles vont à l’école, elles pourront être quotidiennement avec une dizaine d’autres enfants, si elles restent à la maison, voir des amis demeure interdits.

Je tourne tout ça dans ma tête, et je crois qu'il est préférable de cesser de lire tout ce qui s’écrit sur le sujet. Je vais aller sur mon tapis de yoga, et je vais y inviter mes filles. Ça sera plus sain pour tout le monde!

Il n’y aura pas de bonnes ou de mauvaises décisions. Pour ma part, je vais essayer d’y aller avec mon cœur et de cerner les besoins essentiels de chacune de mes filles. Après, je ferai confiance, à mon instinct et à mes enfants.

Bonne réflexion!

 

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