L'école à la maison

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Canal Vie
L'école à la maison

Même si cela reste un phénomène assez marginal, certains parents choisissent de faire l’école à la maison à leurs enfants. On estime qu’ils sont environ 5 000 jeunes à être scolarisés ainsi, au Québec.

Avec la pandémie de la COVID-19, certains parents inquiets pourraient être tentés, eux aussi, de scolariser eux-mêmes leurs enfants. Mais, est-ce légal? Pourquoi choisir ce mode de vie? Et quel est l’impact de celui-ci sur les jeunes concernés? Faisons le point sur ce sujet souvent controversé…

L’aspect légal

La loi au Québec exige que tous les enfants reçoivent une éducation, mais l’école n’est pas l’unique moyen d’y parvenir. Sur le site du Ministère de l’Éducation et Enseignement supérieur du gouvernement du Québec, on peut y lire que « la Loi sur l’instruction publique prévoit que l’enfant qui reçoit à la maison un enseignement approprié peut être dispensé de l’obligation de fréquenter une école ». 

Il faut toutefois que les parents transmettent un avis écrit au ministre et au Centre de services scolaires compétent au plus tard le 1er juillet de chaque année et qu’ils déposent également un projet d’apprentissage dédié à leur enfant.

Si, auparavant, le cadre et les règles régissant l’enseignement à domicile étaient plus souples, depuis l’automne 2019, une loi vient baliser cette pratique et la création d’un guide encadre, de manière mieux définie, l’enseignement à domicile. Celui-ci contient entre autres des précisions sur les matières à enseigner, le suivi des apprentissages, les bilans de la progression, ainsi que sur les examens ministériels obligatoires. Des canevas sont également mis à la disposition des parents autant pour le projet d’apprentissage que pour les bilans.

Le but de cette démarche? Uniformiser les pratiques et faire en sorte qu’aucun enfant québécois ne soit privé de leur droit fondamental d’être scolarisé, et ce, jusqu’à 16 ans.

S’il était jusqu’à tout récemment parfaitement légal de choisir la forme d’éducation qu’on souhaitait offrir à ses enfants, sans nécessairement en déposer un plan formel au ministre de l’Éducation et au Centre de services scolaires; dorénavant, les parents doivent présenter un projet d’apprentissage et participer à une rencontre de suivi. Aussi, des méthodes d’évaluation doivent être décidées conjointement.

Pourquoi choisir ce mode de vie?

Les raisons qui poussent les parents à opter pour l’école à la maison sont nombreuses, mais il y en a deux qui reviennent plus souvent que les autres :

  • Permettre aux jeunes qui ont des besoins particuliers d’évoluer à leur rythme : les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage, ou encore, ceux qui vont plus vite que leurs pairs n’ont pas besoin de s’adapter aux autres, ce qui crée souvent un manque d’intérêt pour l’école (dans les 2 cas).
  • Ne pas vouloir que leurs enfants soient exposés aux idéologies véhiculées par l’éducation publique. Beaucoup de parents refusent le modèle unique d’éducation proposé, ainsi que plusieurs des idées uniques dans les écoles. Ils n’adhèrent pas à ces valeurs et préfèrent choisir eux-mêmes ce qu’ils inculquent à leurs enfants.

De plus, d’autres raisons, moins fréquentes, sont également répertoriées :

  • Éloignement en région rurale : les parents préfèrent faire l’école à la maison plutôt que d’envoyer leur enfant tous les jours en autobus pour 1 heure ou plus (quand l’autobus se rend!)
  • Maladie ou incapacité physique : dans les cas de jeunes qui ont du mal à se déplacer, provisoirement ou pas.
  • Manque de temps : parfois, des jeunes pratiquent des sports ou d’autres disciplines (musique, par exemple) de manière semi-professionnelle. Bien souvent, l’enseignement à la maison permet d’assimiler beaucoup plus rapidement les matières enseignées, et laisse donc du temps pour le reste.
  • Mauvaise expérience : les parents d’enfants qui ont vécu beaucoup d’intimidation ou connu des conflits avec les enseignants.
  • Mode de vie nomade : certains parents décident de passer une année (ou plus) à parcourir l’Asie ou les États-Unis en autocaravane, d’autres voyagent constamment à cause de leur travail, d’autres encore choisissent de vivre en autarcie loin de toute ville, etc.

Actuellement, certains parents se questionnent concernant la scolarisation à domicile étant donné la pandémie de la COVID-19. Certains craignent pour leur santé ou celle de leurs proches, d'autres souhaitent simplement offrir une certaine stabilité à leurs enfants...car on ne sait pas ce que les prochains mois nous réservent et on ne peut être à l'abri d'une seconde fermeture des écoles.

Les avantages…

Beaucoup de personnes s’imaginent que les jeunes scolarisés à la maison n’ont pas le même niveau que ceux qui vont à l’école, mais cela est faux. En fait, une fois terminés les cursus primaires et secondaires, les jeunes doivent passer un examen du Ministère afin de pouvoir continuer leurs études au niveau préuniversitaire (CÉGEP), et les résultats obtenus prouvent que leur niveau académique est souvent meilleur. De plus, leur développement social et/ou émotif est aussi bon, voire meilleur, que celui de leurs pairs qui sont allés à l’école!

Enseigner soi-même à ses enfants permet de :

  • leur apprendre des disciplines qui ne sont pas enseignées à l’école et qui sont plus en lien avec les valeurs de la famille;
  • passer moins d’heures par jour assis à une table : la matière est habituellement intégrée en 2-3 heures, quotidiennement;
  • laisser plus de place au temps libre et/ou aux projets de nature artistique ou sportive, aux jeux;
  • les aider à devenir plus autonomes, à développer leur sens de l’organisation;
  • respecter leur rythme : plus lent ou plus rapide que la majorité, pas de problème;
  • choisir son horaire.

… et les inconvénients

Bien sûr, rien n’est jamais tout rose! Il y a aussi des contraintes et des points négatifs lorsqu’on adopte ce mode de vie alternatif. Voici les inconvénients qui sont les plus fréquemment cités par les parents :

  • Les contraintes financières : l’un des parents doit constamment être présent avec les jeunes. Il n’y a donc qu’un seul salaire;
  • L’organisation : à moins d’opter pour la « déscolarisation », le parent-professeur doit savoir organiser son temps et planifier les leçons hebdomadaires et les autres activités;
  • Il n’y a jamais de pause réelle et le parent est toujours dans le mode enseignement. Il est parfois difficile de gérer la vie scolaire, émotive, familiale, professionnelle, etc.;
  • Le jugement extérieur négatif cause souvent de nombreuses incompréhensions, voire des ruptures avec la famille et les proches.

Et la socialisation?

Bien souvent, la plus grande critique face au choix d’éduquer soi-même ses enfants concerne la socialisation : les gens craignent que les enfants ne soient pas adaptés à la vie en société ou qu’ils vivent en vase clos.

Il faut toutefois démystifier cet aspect : faire l’école à la maison, cela ne signifie pas que l’on ne sort pas de la maison! Il existe de nombreuses associations de parents dans chaque région qui optent pour ce mode de vie et elles organisent fréquemment des rencontres et des activités, afin, justement, de permettre à leurs jeunes de côtoyer d’autres enfants.

Des ressources

Si l’idée vous interpelle, il existe de nombreuses ressources et plusieurs ouvrages offerts sur Internet. La toute première est sans contredit l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, qui propose des articles, des nouvelles, des avis d’experts, des idées de programme à suivre, des moyens de rencontrer les parents de sa région, ainsi qu’un symposium annuel.

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