Déconfinement : quelles activités choisir selon le niveau de risque

Auteur
Cynthia Brunet
1 juin 2020
Déconfinement : quelles activités privilégier selon le niveau de risque

Le déconfinement s’amorce graduellement, différentes activités sont à nouveau permises. Malgré tout, les questionnements subsistent. Quelles activités doit-on privilégier? Quels sont leurs niveaux de risque de contracter la COVID-19?

Se confiner, plus facile que se déconfiner

Le confinement s’est avéré une phase difficile à vivre, mais sans trop s’en rendre compte, on s’y est habitué. On s’est créé une bulle protectrice et on s’est senti en sécurité chez soi, loin de tous. Bien sûr, la vie dite normale nous manque terriblement, mais on prend de plus en plus conscience que cette normalité ne reviendra pas, pas avant un bon moment. Une nouvelle réalité s’est vite installée et étrangement, on dirait qu’on ne sait plus trop comment agir en société, comment choisir nos activités.

Le risque zéro n’existe pas

Évidemment, le risque zéro n’existe pas. Il faut toutefois se rappeler que le virus se propage principalement par les gouttelettes projetées dans l'air ou sur différentes surfaces lorsqu'une personne parle, tousse ou éternue. Le niveau de risque augmente donc en fonction de ces 4 éléments : le lieu, l’espace disponible, les gens avec qui on se trouve et le temps que l’on passe à cet endroit.

Bref, plus vous passez de temps dans un espace restreint avec des individus atteints de la COVID-19, plus vous avez des chances de contracter le virus. Interagir avec plusieurs personnes augmente les risques, les activités intérieures également.

À ces critères s’ajoute son propre niveau de risque : son âge, son état de santé et la prévalence du virus dans sa région.

Et voilà, avec ces différents éléments, vous pouvez établir le niveau de risque potentiel à une activité. On est loin de la spontanéité estivale habituelle…

Des activités à privilégier en fonction du niveau de risque

À la lueur de ces critères, des experts tentent d’établir le niveau de risque associé à différentes activités. Mais nul besoin d’être chercheurs ou médecins, un minimum de connaissances et un bon jugement constituent une excellente base pour établir la liste des activités qui sont sécuritaires.

Partir en randonnée ou en vélo : risque très faible

En sachant que les activités extérieures qui se pratiquent seules ou sans contact avec les autres sont celles où le niveau de risque s’avère moindre, il est facile d’établir que le vélo et la randonnée sont à faible risque. Il faut toutefois s’assurer de conserver une certaine distance tout au long de l’activité. Ce sont les moments de transition qui occasionnent un niveau de risque légèrement plus élevé, par exemple à l’arrivée dans un stationnement, lorsqu’on s’arrête pour pique-niquer ou lorsqu’on va à la salle de bain. Dans tous les cas, une bonne hygiène de base et un lavage de mains fréquent ramènent les risques à un niveau faible.  

Faire un BBQ dans une cour arrière avec une autre famille : risque faible

Lors d’un BBQ entre amis, puisque la rencontre se tient à l’extérieur avec peu de gens, le niveau de risque s’avère faible. Néanmoins, il peut varier selon les habitudes de vie de ceux que l’on invite. Le fait de partager un repas ne semble pas non plus problématique. Le risque se situe plutôt du côté du partage des assiettes et des ustensiles. Assurez-vous donc qu’il y ait le moins de manipulation possible et aucun échange de couverts.

La consommation de boisson alcoolisée peut aussi venir altérer le niveau de risque. Effectivement, la distanciation physique tend à diminuer en fonction de la quantité d’alcool dans le sang. Prendre un verre n’est pas problématique, c’est plutôt le fait d’oublier les consignes de base qui l’est

L’utilisation de la salle de bain augmente potentiellement le niveau de risque, cependant si les lieux sont bien nettoyés auparavant et que le lavage des mains est respecté, le risque s’amoindrit considérablement.

Encore une fois, plus il y a de personnes, plus il y a un risque potentiel. À l’inverse, en étant un petit groupe, les risques demeurent faibles.

Se prélasser à la plage : risque faible

Comme pour toutes les activités extérieures, une journée à la plage ne s’avère pas une activité à risque. Le virus survit très peu longtemps au soleil, le sable n’a donc pratiquement aucune chance d’être un vecteur de transmission. Il en va de même avec l’eau.

Vous devriez néanmoins choisir la plage en fonction de la possibilité de respecter une distance de 2 mètres entre chaque groupe. Les bâtiments sanitaires sont également à prendre en considération. Ils doivent être suffisamment grands, bien aérés et nettoyés de façon régulière et fréquente.

Pensez également que les enfants peuvent s’y faire des amis. Ce qui n’est pas négatif en soi, mais cela ajoute une variable inconnue dans l’équation du risque potentiel. Vous ne connaissez pas les habitudes de vie des gens qui vous entourent sur cette plage. C’est à vous de juger si vous êtes à l’aise avec ces données incertaines.

Se rendre à la piscine publique : risque faible

Comme pour une sortie à la plage, le risque n’est pas lié à la piscine en tant que telle, encore moins à l’eau. Ce sont les vestiaires et les salles de bains qui peuvent engendrer une augmentation de propagation. En conséquence, il faut choisir les moments les moins achalandés et éviter autant que possible les lieux intérieurs.

Faire du camping : risque faible

Le camping sera une activité fort populaire en période de pandémie. Puisqu’en camping on passe la majorité de son temps à l’extérieur, de manière relativement isolée, le danger de contracter la COVID-19 est très faible. Tout est question de logique, le camping en famille est une chose, laisser entrer un ami dans sa tente en est une autre. Vous pouvez camper avec des amis, mais tout le monde possède sa propre tente. Vous vous retrouvez autour du feu, en conservant une certaine distance.

Aller dans un chalet avec une autre famille : risque faible

Au Québec, cette option n’est pas permise pour l’instant. Il est tout de même possible d’évaluer le niveau de risque advenant la situation où cela serait à nouveau accepté.

Aller dans un chalet isolé de tout dans la nature est une bonne idée en période de pandémie. Le fait de partager son logement n’augmente pas nécessairement le risque si les deux familles s’engagent à prendre les précautions nécessaires durant les 14 jours qui précèdent les vacances. Si tout le monde reste chez soi, en faisant par exemple du télétravail, il y a peu de chance que le virus s’invite au chalet par la suite! Encore une fois, il faut avoir une confiance absolue envers les gens avec qui l’on partagera ce logement.

Dormir à l’hôtel : risque faible à moyen

SI l’on pense dormir une nuit à l’hôtel, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Bien sûr, on s’informera au préalable des politiques de nettoyage instaurées par l’établissement en période de pandémie, et de manière générale, un protocole strict est respecté. Toutefois, rappelez-vous que les lieux clos fréquentés par de nombreuses personnes sont une source de contamination plus grande. Il faut donc redoubler de prudence dans les lieux communs, comme le hall d’entrée et les ascenseurs.

Pratiquer un sport extérieur : risque faible

Lors de la pratique d’un sport extérieur, le risque de contracter la COVID-19 est très faible, mais on se doit de choisir un sport où la distanciation physique est possible. On pense alors au golf, au tennis et au badminton. Dans des sports comme le basketball, le volleyball et le soccer, la problématique n’est pas tant l’échange du ballon que la proximité entre les joueurs. C’est peut-être le moment de développer de nouveaux intérêts? L’équitation, le kayak, la planche à pagaie sont quelques-uns des sports à considérer.

 

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Qu’en est-il des salles de bain?

On peut sans problème construire notre été avec des activités extérieures, mais on ne peut pas s’empêcher d’aller à la salle de bain durant tout le temps que durera la pandémie!

Utiliser des toilettes publiques : risque faible à moyen

Si l’on souhaite recommencer à pratiquer diverses activités, on devra à un moment ou à un autre utiliser une salle de bain qui n’est pas la nôtre. Le risque s’établit en fonction du nombre de cas de COVID-19 dans la région où l’on se trouve et à quelle fréquence les toilettes sont nettoyées. L’aération joue également un rôle important. Bref, on ne s’empêche pas d’aller à la salle de bain, mais on y reste le moins de temps possible, et on touche uniquement à ce qui est nécessaire. Idéalement, on va dans des salles de bain où la chasse d’eau est automatique, tout comme les robinets et qu’il y a des séchoirs à main. Mais, il ne faut pas non plus s’inquiéter outre mesure lorsque ce n’est pas le cas. Un bon lavage de mains constitue l’élément clé.  

Laisser un ami utiliser votre salle de bain : risque faible

Lorsqu’on invite des amis à la maison, on peut imaginer qu’à un moment donné, ils devront aller à la salle de bain. Même si l’un de vos amis est asymptomatique et qu’il a la COVID-19, le danger de transmission s’avère faible si les lieux sont munis d’une bonne aération et que vous lavez les poignées et le lavabo par la suite.

Rappelez-vous que le virus se transmet très peu via des surfaces infectées. Le plus haut niveau de transmission se produit lorsque des individus se trouvent dans un lieu clos avec des gens qui ont la COVID-19.   

 

La palme des activités à risque : aller chez le coiffeur

On se questionne à bien des niveaux, mais l’une des activités les plus risquées actuellement est d’aller chez le coiffeur. Pourquoi? Parce que l’on y passe un bon moment, dans un espace clos avec un certain nombre de personnes et que la distance de 2 mètres ne peut être respectée. Malgré tout, plusieurs ne s’empêcheront pas de prendre un rendez-vous, avec raison. Si vous portez un masque, tout comme la personne qui effectue votre mise en plis, les risques se voient amoindris.

 

La vie doit reprendre, petit à petit. Dans tous les cas, une bonne information constitue un facteur clé. Il faut savoir se respecter et respecter les autres à travers toutes ces données. Car le bien-être de tous est primordial. Il ne faut pas entrer trop vite dans la bulle des autres, ne pas briser la nôtre non plus, même si on en a terriblement envie! Les activités extérieures sont à faible risque et devraient nous permettre de reprendre contact avec nos familles et amis. Eh oui, on finira par entrer pour aller à la salle de bain, mais avec les mesures d’hygiène de base, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir. Il faut recommencer à respirer… sans pour autant respirer dans le visage de son voisin! Chacun son espace et ça devrait bien aller! Bon été!

 

Sources : npr.org, ici.radio-canada.ca, Gouvernement du Québec

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