Faut-il faire vacciner bébé ou non?

Bébé qui reçoit un vaccin

La première visite de votre bambin chez le pédiatre approche et, comme beaucoup de parents, vous vous questionnez sur la pertinence de faire vacciner votre bébé. Si au Québec elle n’est pas obligatoire, il est important de prendre cette décision en toute connaissance de cause.

Dès l’âge de deux mois, bébé doit donc se rendre chez le médecin pour son premier contrôle de routine. Au menu, examen de santé et vérification des habitudes de vie de notre petit. Il est aussi temps d’aborder la question parfois épineuse de la vaccination.

Le rôle de la vaccination

De la grossesse à la naissance, certains bébés peuvent bénéficier des anticorps de leur mère si celle-ci a reçu des vaccins ou si elle a déjà contracté des maladies. Mais ces précieux anticorps disparaissent dès le premier mois de la vie, rendant par le même coup les poupons vulnérables.

C’est pourquoi le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis en place un calendrier de vaccination, précieux outil pour savoir quels vaccins administrer et quand. En effet, nos enfants sont susceptibles d’être touchés par différentes maladies en fonction de leur âge.

Lors de la vaccination, on leur injecte alors une partie du virus ou de la bactérie d’une maladie afin que leur système produise des anticorps, capables par la suite de les immuniser contre celle-ci.

Selon l’organisme public international UNICEF, cela permettrait alors de sauver entre deux et trois millions de décès infantiles dans le monde chaque année. Cette pratique a même permis d'éradiquer la variole, qui fut responsable de 300 millions de décès au 20e siècle. Aucun cas n'a été rapporté depuis 1977.

Les vaccins, dangereux pour la santé?

Au Québec, on estime que de 2 à 4 % des parents refusent de sauter le pas et de faire vacciner leur enfant, même si une grande majorité des pédiatres le préconise.

Les nombreuses études faisant le lien entre vaccination et certaines maladies irréversibles ne sont pas étrangères à leurs inquiétudes. Même si de nombreuses recherches prouvent que les vaccins comme le RRO (rougeole, rubéole, oreillons) ne sont pas responsables de l’autisme, ou encore qu’il n’existe aucun lien entre celui de l’hépatite B et la sclérose en plaques, certains parents demeurent sceptiques.

À noter que le gastro-entérologue, Andrew Wakefield, ayant affirmé dans un article que le vaccin RRO était responsable de l'autisme dans les années 80, a été discrédité. Son étude est, depuis, considérée comme l'une des plus grandes fraudes scientifiques.

Une autre angoisse vient également à l’esprit des familles : les effets indésirables occasionnés par les vaccins. Même si les professionnels de la santé reconnaissent volontiers qu’il peut exister des petits désagréments à la suite d’une piqûre (légère fièvre, rougeurs...), ils s’accordent quand même pour dire que les conséquences en cas de maladie pourraient être beaucoup plus lourdes. Par exemple, un enfant a une chance sur un million d’avoir une encéphalite à la suite du vaccin contre la rougeole, contre une sur 1000 s’il attrape le virus.

Des moyens pour pallier la vaccination?

Une saine hygiène de vie, comme la consommation de fruits et de légumes ou encore la qualité du sommeil, est un facteur important pour garantir la bonne santé générale de nos enfants. Mais encore là, ces pratiques sont loin de les immuniser totalement contre certaines maladies.

Leur système produit quotidiennement des milliers d’anticorps pour les protéger des agressions. Le vaccin agit donc de la même manière, mais en permettant au corps de s’armer contre une maladie en particulier. L’allaitement est également un excellent moyen de prémunir les bébés de certaines infections, mais n’agit pas au niveau des maux les plus graves.

Les alternatives à la vaccination de masse

Certains parents ne souhaitent pas non plus piquer à de trop nombreuses reprises leur poupon. Il existe pourtant un moyen de ne pas leur infliger de trop grandes douleurs : la vaccination combinée. Il est donc possible d’administrer plusieurs vaccins en une seule injection.

Mais la vaccination combinée a elle aussi ses détracteurs, puisque ceux-ci estiment que cela augmente et aggrave les effets secondaires. Faux, disent les spécialistes, car tous les vaccins sont rigoureusement évalués avant d’être approuvés. Au Canada, toutes les doses de vaccin administrées et le calendrier de vaccination sont supportés par des études scientifiques rigoureuses.

Suivre les recommandations

Selon le MSSS, nos enfants doivent donc être vaccinés à partir de deux mois, même s’ils sont prématurés. Aussi, il estime que toutes les injections qu’il recommande jouent un rôle majeur dans la santé générale de nos tout-petits, même si elles ne sont pas obligatoires.

Par exemple, même si le virus de la varicelle reste bénin dans la plupart des cas, il augmente les chances de développer des maux plus importants, comme la surinfection des plaies. Les 300 à 500 lésions que les enfants subissent généralement peuvent en effet mener à des infections graves telles que le Streptocoque A, une pneumonie ou encore une encéphalite.

Les rappels sont aussi importants. Les vaccins sont généralement efficaces à 90 % ou 95 %, contre 80 ou 85 % pour celui de la rougeole. La piqûre de rappel permet alors au système immunitaire de réactiver les anticorps dont il a besoin pour combattre le virus.

Il faut également savoir que si l’enfant venait à contracter une des maladies contre lequel il a pourtant été vacciné, le risque zéro n’existant pas, les symptômes seraient alors beaucoup moins importants.

Dans tous les cas, il est indispensable de se renseigner auprès de son professionnel de la santé afin d’avoir toutes les cartes en main pour prendre la décision qui conviendra à toute la famille!

Pour en connaître plus sur les vaccins, consultez le guide des vaccins.

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie, en collaboration avec la Dre Catherine Hénin, pédiatre à l’Hôpital de Montréal pour enfants

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