Le Syndrome de la mort subite du nourrisson...

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Canal Vie
Syndrome de la mort subite du nourrisson

Le Syndrome de la mort subite du nourrisson (également appelés mort inattendue du nourrisson) nous effleure tous l’esprit un jour ou l’autre lorsqu’on tient tendrement notre tout petit bébé contre soi. On est de nombreuses mamans à se lever plusieurs fois durant la nuit pour s’assurer que notre petite merveille respire toujours.

Effectivement, la mort subite du nourrisson constitue une inquiétude pour tous les parents puisqu’elle demeure toujours inexpliquée à ce jour. Toutefois, des facteurs de risque ont été établis et des recommandations ont permis de faire diminuer drastiquement le nombre de morts infantiles inexpliquées.

Qu’est-ce que le Syndrome de la mort subite du nourrisson (SMSN)?

Le syndrome de la mort subite du nourrisson (SMSN) est défini comme le décès soudain et inexplicable d’un enfant de moins de 2 ans, plus particulièrement avant 6 mois.

Cette mort est inattendue du point de vue de son histoire et demeure inexpliquée malgré les examens réalisés à la suite du décès. L’autopsie complète est indispensable au diagnostic, car elle permet de différencier les morts subites explicables et les morts subites inexpliquées (ni l’étude des antécédents ni l’autopsie ne permettent de retrouver une cause évidente). La mort est toujours silencieuse : elle n’est précédée d’aucun cri, d’aucun pleur.

Quelques statistiques

Au Canada en 2018, il y aurait eu 6 décès associés à la mort subite du nourrisson. Le SMSN se situe donc au 15e rang des principales causes de mortalités infantiles. Le nombre de cas a significativement diminué au courant des années 90 lorsqu’il a été recommandé de coucher les bébés sur le dos. Une étude a pu comparer les données de 1985 à 1989, à celles de 1994 à 1998. Le nombre de cas est passé de 0,97 à 0,54 pour 1000 nouveau-nés, c’est-à-dire environ 1 enfant sur 2000.

En identifiant les facteurs de risques, des habitudes de vie ont été modifiées afin d’éloigner autant que possible le danger lié au SMSN. Malgré tout, malheureusement, chaque année, des morts inexplicables surviennent.

Ce que l’on sait

Selon Santé Canada, certains éléments se dégagent des tristes cas de SMSN :

Le SMSN peut survenir n’importe quand durant la première année de vie.

Il survient plus fréquemment chez les nouveau-nés âgés entre 2 et 4 mois. Les risques qu’un tel incident survienne diminuent après l’âge de 6 mois.

Le taux du SMSN s’avère plus élevés chez les bébés de sexe masculin, ceux qui sont nés prématurément, de faibles poids à la naissance, ou encore chez les nourrissons de familles défavorisées sur le plan socio-économique ou d’origine autochtone.

Des facteurs de risque

Selon l’Institut national de santé du Québec (INSPQ), les principaux facteurs de risque associé au SMSN sont :

  • être exposé au tabagisme de la mère durant la grossesse;
  • dormir sur le ventre;
  • se retrouver la tête totalement recouverte par des couvertures.

Des causes propres au bébé

  • Infectieuses : coqueluche, infections bactériennes
  • Digestives : Reflux gastro-œsophagien (RGO)
  • Respiratoires : malformations et obstructions
  • Cardiaques : malformations, infections et troubles du rythme cardiaque
  • Neurologiques : Méningites, crises épileptiques
  • Accidents/traumatismes
  • Métaboliques : Hypoglycémies, hypocalcémies, anomalies enzymatiques
  • Diverses : Hyperthermie majeure, déshydratation, choc anaphylactique (réaction allergique grave)

Des causes environnementales

Les causes environnementales de la MSN sont diverses. Même s’il reste encore quelques zones d’ombres, on peut de mieux en mieux les identifier :

  • La suffocation : le visage pris dans un oreiller, une couverture, un tour de lit ou une peluche, l’enfant ne parvient plus à respirer. Aussi produite lors de reflux.
  • Le tabagisme : qu’il s’agisse du tabagisme de la future mère enceinte ou du tabagisme passif auquel est ensuite soumis l’enfant. Le risque de SMSN est multiplié par 2 lorsque l’un des parents fume.
  • L’hypothermie : La température du bébé chute en dessous des 35 °C.
  • L’hyperthermie : Une poussée accrue de fièvre, un enfant trop couvert et non libre de ses mouvements.
  • Une mauvaise position de sommeil : La position sur le ventre augmente le risque de suffocation.

Des recommandations claires

L’Agence de la santé publique du Canada a élaboré quelques principes de sécurité pour les nouveaux parents :

  • Toujours coucher le nourrisson sur le dos. À noter, cependant, que lorsque le bébé est capable de se tourner par lui-même, il n’est pas nécessaire de le replacer sur le dos.
  • Éviter autant que possible l’exposition au tabagisme avant et après la naissance.
  • Coucher son bébé dans un lit d’enfant, un berceau ou un moise qui sont conformes aux normes canadiennes actuelles. Il s’agit des endroits les plus sécuritaires pour y faire dormir son enfant.
  • Lorsque possible, allaiter son bébé jusqu’à l’âge de 6 mois. L’allaitement permettrait de diminuer le risque de SMSN de l’ordre de 50 %.
  • Faire dormir son nourrisson, jusqu’à l’âge de 6 mois, dans la même chambre que son parent diminuerait également le risque de SMSN. Bien sûr, il faut peser les pour et les contre de cette situation. Dormir dans la même pièce engendre de nombreux avantages, mais également des inconvénients. Le sommeil des parents comme du bébé doit dans tous les cas être priorisé.

Existe-t-il un lien entre la vaccination contre la coqueluche et le SMSN?

La relation entre la vaccination contre la coqueluche et le SMSN a donné lieu à de nombreuses discussions à travers les années, entre autres car le nombre de cas associé aurait augmenté à la suite de l’apparition du vaccin contre la coqueluche au début des années 1980. Cependant, les études démontrent que cette augmentation serait plutôt liée aux recommandations, qui étaient faites à cette époque, de coucher bébé sur le ventre.  

La Société canadienne de pédiatrie mentionne qu’aucune étude scientifique fiable n’a démontré de liens entre la vaccination et le SMSN. Au contraire, « certaines études révèlent plutôt que les bébés victimes de la MSN étaient moins susceptibles d’avoir récemment été vaccinés que les autres. »

Comment réagir face au SMSN?

Tout jeune parent devrait connaitre les manœuvres de réanimation pour nourrisson. Ces techniques sont souvent enseignées lors des cours prénataux et lors du séjour à l’hôpital dans les heures qui suivent la naissance de l’enfant. Si tel n’est pas le cas, vous pouvez vous informer auprès du CLSC de votre région et vous inscrire à une petite formation. La première minute de réanimation est cruciale pour un nourrisson. C’est donc la première chose à faire lorsque l’on retrouve son petit ange en arrêt cardiorespiratoire. Il faut ensuite rapidement contacter les secours.

Les parents qui vivent une telle situation doivent avoir recours à une prise en charge médicale et psychologique pour se déculpabiliser. La mort subite du nourrisson est un drame, non seulement pour les parents, mais aussi pour les autres membres de la famille. Médecins, psychologues, entourage peuvent les aider à surmonter leur deuil.

La prévention : la base de tout

En connaissant les facteurs de risques et les causes favorisant le SMSN, il est plus facile de mettre toutes les chances de votre côté.

  • Veillez à ce que votre bébé dorme bien sur le dos ou le côté;
  • Veillez à ce que son visage soit bien dégagé quand il dort;
  • Enveloppez-le d’un surpyjama ou d’une gigoteuse de la bonne taille afin qu’il puisse réguler sa température tout en respirant librement et évitez les couvertures pesantes et en surnombre;
  • Évitez les cordes, rubans ou chaînes retenant les tétines;
  • Évitez de laisser un espace entre le bord du lit et le matelas;
  • Évitez les coussins, les oreillers, les contours de lit, les peluches et autres parures;
  • Faites-le dormir dans une chambre dont la température oscille en 18 °C et 20 °C;
  • Ne l’exposez pas à la fumée de cigarette.

 

La prudence est de mise et l’on doit s’assurer d’offrir un environnement sécuritaire à son enfant. Toutefois, il faut aussi s’offrir un sommeil récupérateur. Lorsqu’on donne la vie à un petit être, on apprend aussi qu’on ne peut pas tout contrôler. Une fois que toutes les recommandations sont respectées, dormez paisiblement et laissez aussi dormir votre tout-petit.

Pour en savoir davantage sur le Syndrome de la mort subite du nourrisson, consultez le Guide mieux avec notre enfant, Info Grossesse et L'énoncé conjoint sur le sommeil sécuritaire par Santé Canada

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