Le barebacking : mettre sa vie en jeu au nom de la sexualité

Auteur
Véronique Larivière, sexologue

Depuis l'arrivée du VIH/SIDA dans les années 80, la société canadienne s'est mobilisée pour rendre la sexualité la plus sécuritaire possible en adoptant des comportements sains, en vue de réduire les risques de transmission.

Cette campagne de sensibilisation a eu des répercussions positives de sorte que, maintenant, le port du condom fait partie de la routine sexuelle de la plupart des gens. Par contre, depuis une dizaine d'années certains adoptent un comportement sexuel qui met leur vie en jeu au nom de la sexualité. On surnomme cette nouvelle tendance, le barebacking.

Jouer à la roulette russe

Le barebacking, est surtout connu auprès de la population homosexuelle. Il consiste à avoir des relations sexuelles non protégées avec une personne dont on ne connaît pas les antécédents d'infections transmises sexuellement. En d'autres termes, une personne qui accepte de coucher sans protection avec une autre sans savoir si elle est atteinte du VIH pratique le barebacking.

Difficile à comprendre, je l'admets. C'est comme jouer à la roulette russe. Selon Statistiques Canada, près d'un homme homosexuel sur cinq serait atteint du VIH. Cette statistique augmente énormément le risque de transmission, mais malheureusement, l'intérêt pour cette pratique tend à augmenter. Il existe présentement une panoplie de sites de rencontres où les adeptes peuvent trouver un partenaire à risque pour une soirée.

Pourquoi?

Une simple question nous brûle les lèvres : pourquoi? Pourquoi mettre sa vie en danger au nom de la sexualité? Pourquoi risquer de transmettre le VIH à une autre personne en santé? Même les adeptes ont du mal à répondre.

L'excitation 

« Le risque a quelque chose d'excitant », répondront certains. D'autres se permettront de mentionner que lorsque le désir sexuel est à son comble, il devient difficile d'évaluer l'ampleur du problème. Une chose est sûre, tous s'entendent pour dire que c'est non loin d'une tentative de suicide. Une faible estime de soi, une consommation excessive d'alcool et de drogues, des problèmes familiaux, etc., leur fait voir que la vie étant devenue banale, le combat contre le VIH deviendrait leur raison de vivre.

Ensemble, jusqu'au bout

Certains couples dont un partenaire est atteint du VIH finiront par avoir des relations sexuelles non protégées pour en finir avec cette peur constante de donner ou d'attraper le virus. Cette situation crée une ambiance tendue et certains décideront de laisser tomber les barrières, peu importe ce qui s'en suivra, afin d'être sur la même longueur d'onde. Pour d'autres, les occasions de relations sexuelles se faisant plutôt rares, ils accepteront les demandes du premier intéressé, avec ou sans condom.

Les personnes atteintes, aussi à risque

Les adeptes du barebacking atteints du VIH courent aussi un énorme risque, car ils ne sont pas à l'abri des autres ITS qui pourraient détériorer leur santé physique. De plus, il faut savoir qu'il existe plusieurs souches du VIH et il est possible de contracter une autre sorte que celle dont le séropositif est déjà atteint. Cette « fusion » des deux souches augmente la résistance aux traitements et les risques de progression de la maladie sont doublés.

Et après?

Des campagnes de sensibilisation sont présentement mises sur pied afin de diminuer la tendance du barebacking. Leur but premier est d'informer les gens sur les risques qui y sont reliés et de les aider à prendre conscience de l'ampleur de cette problématique. Aucune loi n'empêche la pratique du barebacking puisque les deux parties impliquées sont des adultes tout à fait consentants. Si vous avez des questions, il est possible de contacter REZO, un organisme à Montréal qui a à coeur la santé et le mieux-être des hommes gais et bisexuels.

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