Retrouver l’amour après le deuil d’une rupture douloureuse

Auteur
Marie-Joëlle Marleau
21 septembre 2020
Rose rouge

Qu’est-ce que l’amour? Ce mot de cinq lettres signifie pour chacun de nous quelque chose de différent. Pour certains, il est le souvenir d’une souffrance, d’une trahison, d’un rejet. Pour d’autres, il est la plus belle chose qui existe sur cette Terre. Il représente un monde de possibilités, un bonheur sans fin.

J’étais, comme plusieurs, une amoureuse de l’amour. L’idée que je m’en faisais était plus proche d’un idéal que de la réalité. La chicane, l’incompréhension, le manque de communication ou l’infidélité n’étaient que des mirages, que des illusions. Et puis, un beau jour, un cadeau inattendu est venu prendre racine dans mon ventre.

Pour moi, cette surprise était l’aboutissement d’un amour partagé, la confirmation d’une fondation relationnelle solide, mais surtout le début d’une grande aventure. Pour l’autre partenaire, cette grossesse surprise devint une raison de rupture abrupte, d’un départ aussi vif qu’inattendu.

Enceinte, mais désemparée, comment allais-je faire face à la séparation?

Seule entre quatre murs à me questionner, le sentiment de solitude a pris beaucoup de place. Ce qui était en soi ironique puisqu’un petit être poussait sagement tous les jours dans mon ventre. Je m’étais fait mentir, manipuler et puis jeter. Il me fallait l’accepter et aller de l’avant. J’en ai voulu à la vie pendant bien longtemps.

Non seulement je devais conjuguer avec les sentiments douloureux liés à la rupture, mais je devais également faire le deuil de ma famille complète. Jamais au grand jamais je n’aurais pensé être monoparentale. Jamais je n’aurais pensé faire vivre à mon enfant cette formule familiale que je trouvais atypique à mes valeurs. La plus grosse douleur, c’était celle-là. La rupture qui allait briser ma petite famille. Mon enfant n’était pas encore né que j’étais envahie par un fort sentiment de culpabilité. Il n’allait pas avoir ses deux parents au quotidien.

Femme enceinte

Joey Thompson/Unsplash

Enceinte et célibataire

Bien que la décision n’ait pas été la mienne, j’avais honte. Enceinte et célibataire? Vraiment? Partout où je passais, je suscitais des réactions. Bien que la majorité d'entre elles étaient positives et empreintes de support, parfois c’était plutôt des questionnements, des jugements ou de la curiosité mal placée. Devais-je vraiment me sentir coupable en 2020 d’avoir choisi mon fœtus adoré plutôt que mon conjoint suite à son ultimatum?

Avec amertume, je me disais que l’amour, le vrai, était une loterie et que seuls les chanceux de ce monde y avaient droit. À force de me battre avec le passé, j’avais finalement trouvé ma propre définition de l’amour parfait et celle-ci n’était certainement pas basée sur un ultimatum qui me faisait du mal, qui me forçait à me sentir charcutée et brisée par la perte de mon futur enfant.

Si l’amour se veut réellement beau, alors ce n’était certainement pas le vrai amour que j’avais vécu. L’avortement est un droit, mais j’avais aussi le droit d’aimer au plus profond de moi mon enfant sans qu’on me brutalise, qu'on me fasse sentir mal de vouloir le garder et qu'on me punisse en m’abandonnant dans cette aventure inconnue. Nous l’avions après tout fait à deux, pas vrai?

 

Le temps a fini par faire son œuvre.

Au fur et à mesure que ma poussière d’ange s’est mise à grandir au sein de mon utérus, plus je me suis sentie renaître. L’amertume, la souffrance, le questionnement et la peur ont doucement fait place à une paix intérieure, une tranquillité d’esprit et une fébrilité énergisante. Mon cœur a enfin pu renaitre de ses cendres, tel un phénix.

Ma grossesse m’a fait ressentir pour la première fois l’amour inconditionnel, le vrai. J’avais en moi une force intérieure prête à toute épreuve. C’est lors de ce moment que je me suis sentie prête à aimer de nouveau, à partager mon quotidien et mon bonheur. Je me suis sentie prête à me rendre à nouveau vulnérable, moi qui ne l’aurais jamais cru possible. Le malheur du passé et la cruelle décision de mon ex-conjoint n’ont finalement pas eu le dessus sur moi. J’ai survécu, sournoisement, sans m’y attendre.

La beauté de cette histoire est qu’au final, l’amour, nous ne cesserons jamais d’y rêver, de le chercher et de le trouver, quelle que soit sa forme. L’amour a beau faire mal, le bonheur qu’il nous apporte suffit à nous convaincre de sa quête. Nous faisons face au risque, rendant la chose plus excitante. Nous nous refusons à une vie sans amour et nous sommes prêts à nous battre pour lui jusqu’à notre dernier souffle. Parfois, nous nous refusons d’oublier, nous disant que notre tour (re)viendra. C’est cette naïveté qui rend ce sentiment si beau, si fort.

L’amour peut avoir bien des significations et bien des variables. Mais une chose est sûre, il sera toujours éternel, et ce, peu importe le malheur que nous avons vécu, peu importe l’armure que nous portons. Rappelons-nous qu’il sera assez tenace pour nous faire croire à nouveau en lui et nous donner l’envie de le revivre pleinement.

 

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Marie-Joelle Marleau

Derrière le sourire charmeur et énigmatique de Marie-Joëlle, se cache une femme tout aussi sensible que fonceuse. Depuis la naissance de son fils, la jeune maman apprend à concilier sa vie de célibataire et son rôle de mère monoparentale. Intello à ses heures, elle dévoile toutefois un petit côté aventureux étant une adepte d'émotions fortes. Elle peut s'avouer douce, mais, ne faites pas de mal à ses proches car son caractère n'est jamais bien loin. Elle cherche encore l'homme qui saura la surprendre tant par sa spontanéité, son sens de l'humour que ses petites attentions.

 

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