L'infertilité dans le couple

Vous et votre conjoint rêvez d'avoir un enfant. Malgré vos efforts, la grossesse se fait attendre, à votre grand désarroi! Mais quelles sont les causes de l'infertilité quand les deux personnes sont médicalement fertiles?

Les causes de l'infertilité

Si les causes de l'infertilité sont aussi nombreuses que variées, il est important de détruire un mythe tenace : la prise de contraceptifs oraux, même à long terme, ne diminue pas les chances de grossesse.

Selon un essai clinique réalisé auprès de 60 000 femmes, 81 % d'entre elles, âgées de moins de 35 ans, et 77,5 % de celles ayant plus de 35 ans ont connu une grossesse dans les 24 cycles d'ovulation suivant l'interruption de la contraception. Ces taux sont comparables à ceux obtenus chez les sujets n'ayant jamais opté pour cette méthode de planification des naissances.

Ce mythe étant relégué aux oubliettes, un examen approfondi, effectué par votre gynécologue, a permis de déterminer que vous êtes en mesure de procréer. Après de multiples relations sexuelles en période d'ovulation, les tests de grossesse demeurent désespérément négatifs.

Plusieurs affections...

Anovulation

Fréquente, l'anovulation accentue les difficultés de fécondation. Les causes de ce phénomène sont multiples. Vous souffrez, peut-être, d'une anomalie de la commande venant des centres nerveux, de troubles fonctionnels de l'hypothalamus, de troubles psychiques dont des séquelles d'anorexie mentale, de tumeurs de l'hypothalamus ou de l'hypophyse, voire d'un état de minceur excessif, surtout associé à une pratique sportive ou professionnelle intense.

Agénésies et dysgénésies

Les agénésies (le non-développement d'un tissu, d'un organe ou d'une partie du corps) et les dysgénésies (le développement défectueux d'un tissu, d'un organe ou d'une partie du corps) de l'ovaire peuvent aussi provoquer l'anovulation.

Absence de règles

Les tumeurs ovariennes, l'hypothyroïdie, la maladie de Cushing (hypersécrétion d'une hormone corticosurrénale), le diabète, les maladies graves rénales, hépatiques ou digestives entraînent aussi une absence de règles.

Perméabilité des trompes

Il arrive que, pour une raison bêtement mécanique, les spermatozoïdes et l'ovule ne peuvent se rencontrer en raison d'un « obstacle » au niveau de l'utérus ou des trompes de Fallope. En fait, 25 % des troubles de la fertilité seraient attribuables à un problème de perméabilité des trompes. Une obturation du pavillon utérin, côté ovaires, empêche l'ovule d'atteindre le pavillon de la trompe, où il sera fécondé.

Obstruction des trompes

Les trompes peuvent également être obstruées en raison d'infections des voies génitales, présentes ou passées. Des maladies sexuellement transmissibles, certaines étant même passées inaperçues, une salpingite (infection d'une ou des deux trompes) peuvent être à l'origine de la présence d'un obstacle.

Ces problèmes peuvent être corrigés, après un examen gynécologique approfondi. « Reperméabiliser » les trompes, pour les rendre à nouveau fonctionnelles, nécessite une action directe. Un chirurgien peut enlever la partie obstruée de la trompe et recoller les morceaux. Il peut aussi ouvrir le pavillon obstrué. Toutefois, le taux de réussite est variable et le risque de grossesse extra-utérine est plus élevé. Une alternative intéressante, l'hystérographie sélective, permet de déboucher une trompe grâce à l'utilisation d'une sonde et à l'injection d'un produit contraste iodé, avec une pression progressive.

Endométriose

L'endométriose (une maladie souvent évolutive caractérisée par des îlots de muqueuse utérine qui s'implantent en dehors de l'utérus) pourrait également être source d'infertilité. Cette affection gynécologique, fréquente et complexe, engendrerait une motilité des cils épithéliaux qui pourrait expliquer les problèmes d'infertilité. Toutefois, selon nos recherches, les études sur le lien entre l'endométriose et l'infertilité ne sont pas assez concluantes pour établir de lien précis.

Kystes

Les kystes sur les ovaires entraînent parfois une hyperandrogénie (la sécrétion d'hormones mâles), l'anovulation, l'aménorrhée (absence de règles) ou l'insulinorésistance sont tous des phénomènes qui ont des conséquences directes sur la fertilité féminine.

Fibrome

Le fibrome de l'utérus, une tumeur bénigne développée à partir du muscle utérin et du tissu fibreux peut aussi avoir un impact sur la fertilité. Une grossesse peut survenir dans une cavité utérine porteuse de fibromes. Les risques de fausse couche spontanée précoce, d'avortement tardif, d'accouchement prématuré et de nécrose sont alors plus importants.

Le diéthylstilbestrol

Prescrit à des millions de femmes dans le monde depuis 1948, le diéthylstilbestrol, interdit depuis le milieu des années 70 en Amérique, a des impacts sur la fertilité des filles nées de femmes ayant consommé ce médicament prescrit pour réduire les risques de fausse couche. Il a clairement été établi que l'exposition in utero peut entraîner des malformations de l'appareil génital féminin, des avortements spontanés ou des naissances prématurées.

Les nouveaux dangers

Certains produits chimiques passeraient dans l'alimentation et dérégleraient nos équilibres hormonaux. Ce serait le cas, entre autres :

  • du tributylétain, un composé antisalissure utilisé dans la peinture des coques de bateaux;
  • du 4-n-nonylphénol (un agent « antivieillissement » qui entre dans la fabrication de nombreux plastiques) et qui a un effet oestrogénique chez les mammifères;
  • du bisphénol A, un produit chimique industriel utilisé dans la fabrication d'un plastique dur transparent, qui a montré, chez le rat et la souris, un effet nuisible sur la qualité du sperme et une augmentation du risque de fausse couche;
  • des phtalates, utilisés dans le PVC, les jouets, les peintures, les adhésifs, les colles, les encres, certains médicaments et cosmétiques qui auraient une toxicité pour les embryons, notamment ceux de sexe masculin;
  • des polychlororbyphényles, les fameux PCB utilisés, entre autres dans les plastiques, qui ont un impact sur les systèmes immunitaires et génitaux.

À cette liste sommaire s'ajoutent certains pesticides, les phytoestrogènes (des produits à base de dérivés de soja) et les dioxines.

En fait, les effets sur la fertilité humaine de la plupart des 70 000 produits chimiques utilisés dans l'industrie ne sont pas nécessairement connus...

Chez les hommes

Vous et votre médecin avez conclu, après une batterie d'examens, que vous étiez en mesure de procréer. C'est le moment d'envoyer votre conjoint subir un spermogramme...

Cet examen (gênant pour certains!) permet d'étudier la consistance du sperme en procédant à la numération des spermatozoïdes et en observant leur mobilité, leur durée de vie, et leur morphologie.

Problème de spermatozoïdes

Les résultats peuvent identifier une azoospermie (absence complète de spermatozoïdes dans l'éjaculat), une oligospermie (nombre de spermatozoïdes inférieur à 30 millions/ml), une asthénospermie (une mobilité insuffisante) ou une tératospermie (trop de spermatozoïdes anormaux).

Lorsque ces trois dernières causes se cumulent, les médecins parlent d'oligo-asthéno-tératospermie. Le pouvoir fécondant devient alors très faible, mais des grossesses accidentelles sont toujours possibles. Par ailleurs, 25 % des insuffisances spermatiques chez l'homme demeurent inexpliquées.

Anomalie du transport des spermatozoïdes

Si les spermatozoïdes de monsieur, en quantité suffisante, ont la vigueur nécessaire pour féconder l'ovule, il faudra alors évaluer :

  • les obstructions ou malformations des voies spermatiques (congénitales ou provoquées par des traumatismes)
  • les torsions testiculaires
  • les hématomes intratesticulaires
  • les blessures à l'artère spermatique

Éjaculation rétrograde

L'éjaculation rétrograde se définit par l'absence d'éjaculation par l'extrémité de la verge. Les opérations de la prostate ou du col de la vessie peuvent être en cause. Le sperme est alors mêlé à l'urine. Il est toutefois possible de le récupérer et de le préparer en vue d'une insémination artificielle.

Un couple sur six aura de la difficulté à concevoir un enfant. Il faudra alors songer à l'adoption, souvent internationale, ou à la fécondation assistée. Il arrive souvent que des couples, ayant eu recours à ces solutions, réussissent à concevoir un rejeton par la suite. Quel bonheur!

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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