L'argent et le couple : un bon calcul?

Couple

Plusieurs facteurs peuvent générer la discorde dans le couple. Parmi ceux-là, la question monétaire est sûrement l'une des cordes les plus sensibles des amoureux. Si vous ne voulez pas tomber dans le piège de la perpétuelle dispute pour le moindre dollar, il existe des façons simples de diviser vos avoirs.

Tout d'abord, si vous sentez des tensions «financières» planer sur votre couple dès les débuts de votre relation, inutile de jouer à l'autruche; établissez rapidement vos règles avant d'avoir une maison, des enfants... Mettez-vous d'accord sur comment partager les frais fixes, comment payer les vacances, qui règle les comptes, en bref, comment utiliser vos dépenses. Tentez d'avoir des antennes pour percevoir les valeurs de l'autre au niveau financier. Ça vous permettra de mieux comprendre son point de vue.

 

Quand l'hypothèque et les enfants entrent dans votre vie

Un compte conjoint

Premièrement, les frais fixes (hypothèque, électricité, chauffage, téléphone, câble...), l'épicerie, les frais liés aux enfants, les vacances et les rénovations devraient être payés à partir d'un compte commun dans lequel chaque membre du couple y aura déposé une partie de son salaire. Le montant déposé devrait se faire au prorata du salaire que chacun gagne. Il ne serait pas juste, en effet, que celui qui gagne 40 000 $ paie la moitié de tous les frais mensuels encourus pour le bon fonctionnement de la maison alors que l'autre, dont le revenu est de 150 000 $, paie également l'autre moitié.

Pour arriver à répartir équitablement les dépenses et savoir quel pourcentage attribuer aux frais fixes, additionnez les deux revenus de votre couple (par exemple : 190 000$), faites le rapport du revenu de chacun face à cette somme (toujours dans le même exemple : 21 % pour le plus faible revenu, 78 % pour le revenu le plus élevé.). Ensuite, arrondissez pour simplifier les choses. C'est ce pourcentage qui sera déposé dans le compte commun.

Ou encore, toujours pour le même exemple :

Salarié 1

40 000 $ (un des revenus) divisé par 190 000$ (le total des 2 revenus) X 100 = 21%, soit le pourcentage de sa part des revenus... et donc des dépenses 

Salarié 2
150 000$ (l'autre revenu) divisé par 190 000$ x 100 donne 78 %.
La personne au plus bas revenu paiera donc 21 % des dépenses communes et l'autre, 78 %.

Dans un tel cas, on pourrait arrondir à 25 % et 75 %.

En d'autres mots, chacu dépose leur quote-part dans le compte chaque mois.

 

Des sous juste pour vous

Le pourcentage restant devrait se retrouver dans un compte à part, individuel, pour chacun. Cet argent appartient aux partenaires de façon indépendante et ils peuvent en faire ce qu'ils désirent. On évite ainsi les réprimandes, les jugements, les jalousies, les frustrations, etc.  Dans la mesure où cet argent est puisé chacun dans vos réserves personnelles, vous n'avez absolument pas à critiquer, ni d'un côté, ni de l'autre. Cet argent servira aussi à vos placements REER, à votre fond de pension, etc.

Malgré toutes ces précautions, vous ou votre partenaire réussissez à contracter des dettes que l'autre doit rembourser? Il y a fort à parier que vous vous retrouvez devant un problème de compulsion... ou de mauvaise volonté. Une bonne discussion ou une thérapie s'impose.

 

Quand l'un des deux reste à maison

Que l'un ou l'autre des conjoints demeure à la maison est un choix de couple. Il est fait, la plupart du temps, pour le bien-être des enfants et le bon fonctionnement de la dynamique familiale. Il n'y a aucune raison pour que cette personne ne se voie pas offrir les mêmes considérations que si elle avait de son propre salaire. Elle devrait, en l'occurrence, bénéficier d'un montant dont elle disposerait à elle seule pour s'offrir ce qu'elle désire. Ce montant pourrait être déterminé dans le couple dès que la décision de rester à la maison est prise. Comme ça, aucun remord de conscience, aucun reproche!

 

Une protection

Cette façon de gérer le budget du couple est la meilleure approche pour amoindrir les disputes. Aussi, en possédant chacun un compte bien distinct, on se protège des mauvaises surprises qui pourraient survenir au lendemain du décès de notre conjoint ou d'une éventuelle inaptitude. Advenant l'un ou l'autre des problèmes, la banque gèlerait le compte conjoint pour une durée indéterminée. Vaut donc mieux prévoir et avoir de l'argent bien à soi pour palier ces désagréments... La douleur est déjà assez lourde à porter.

Violaine Dompierre, éditrice Canal Vie

Un merci tout particulier à Lison Chèvrefils, auteure des livres Mesdames, prenez vos affaires en main et Les bons comptes font les bons couples, qui a collaboré à la rédaction de cet article.

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