La vie de famille en quarantaine : entre performance, découragement et #çavabienaller

Auteur
Marie-Ève Laforte
13 avril 2020
Enfants confinés

Aujourd’hui marque déjà le début de la 5e semaine de quarantaine dans cette maison. Ça a passé à la fois extrêmement vite et incroyablement lentement… La vie avant la COVID-19 semble appartenir à un autre siècle. Les journées sont à la fois longues, répétitives et expéditives pour certaines. Bref, on survit une journée à la fois. Comment ça se passe chez vous?

Je travaillais déjà à la maison, mais maintenant c’est le cas pour mon conjoint aussi et il y a de plus deux autres colocs avec nous 24 heures sur 24; notre fils de 13 ans et notre fille de 9 ans. Je suis EXTRÊMEMENT reconnaissante parce qu’à date, nous n’avons pas perdu nos emplois ni même de revenu. Ça nous enlève un casse-tête et un niveau de stress de plus et chaque jour je prends quelques moments pour réaliser notre chance.

Comme je suis pigiste par contre, au-delà de quelques semaines d’avance, mon revenu n’est jamais assuré. Pour l’instant, j’ai des demandes –mais le mois prochain, rien n’est moins sûr. C’est donc pour ça que pour l’instant je prends tout ce qui passe, même en étant en surcharge un peu. Et mon chum aussi, dans les circonstances, n’a à peu près jamais travaillé si fort.

Alors deux parents qui travaillent beaucoup, plus l’ambiance folle des dernières semaines plus le monde «survie» des journées, ça donne… des enfants qui sont souvent laissés à eux-mêmes.

Et je ressens beaucoup de culpabilité à cause de ça. De ne pas être capable de leur donner autant d’attention qu’ils en auraient besoin. De ne pas être capable d’organiser des «camps de jour» comme je le vois autour de moi. De ne pas mettre la priorité sur les fameux travaux scolaires… De les laisser passer beaucoup de temps devant des écrans.

 

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Pour les travaux scolaires, disons que notre implication est plutôt inégale. Mon fils, qui fréquente une école secondaire privée, a des devoirs, quiz, examens maison et autres travaux à remettre tous les jours (et même des récupérations). Au quotidien, ça l’occupe plusieurs heures, voire toute la journée! Je ne suis pas mécontente de ce fait, qui lui permet de ne pas trop perdre ses acquis mais aussi de structurer ses journées. Toutefois, le fait d’être plus ou moins laissé à lui-même là-dedans n’est probablement pas idéal : son défi éternel de bien «se structurer» n’a pas tendance à se régler à distance, au contraire. Il y a eu plusieurs oublis et autres petits retard/malentendus/problèmes.

Ma fille, qui est en 3e année dans une école publique, n’a pratiquement rien fait, mis à part un peu de lecture et d’écriture (c’est mignon, son amie et elle se laissent des lettres devant leur porte). Comme elle est moins autonome, ça se transcrit par moins de travail, point, puisque personne n’est très disponible pour l’encadrer.

Je choisis pourtant de ne pas me mettre trop de pression par rapport à ça. Comme tout le monde, on fait du mieux qu’on peut, avec les circonstances qu’on a… Et j’espère que c’est le cas chez vous aussi. Les enfants, qui s’ennuient, se chicanent et chialent généralement beaucoup se le font répéter chaque jour : On est chanceux. On est ensemble. On est en santé. Personne dans notre famille n’a été infecté. On vit dans un bel endroit, on a de la nourriture sur la table chaque jour. Dans les situations comme maintenant, c’est fou à quel point ça permet de réaliser rapidement ce qui est essentiel.

Une chose que j’aimerais ajouter, c’est que… On vit tous les moments de crise différemment. Et c’est correct. Mon style, c’est plus d’être «dans l’action» et j’ai été comme ça toute ma vie, bien avant cette quarantaine. Alors je continue mon horaire d’entrainement habituel, je cuisine, j’ai même embarqué dans la vague de faire du pain au levain maison.  

Je le fais parce que… c’est ce qui me maintient à flot, qui m’aide à continuer jour après jour. Sans faire beaucoup d’exercice physique, je perdrais rapidement la bataille constante contre mon anxiété. Sans occuper mes mains à faire des choses bien terre-à-terre, j’aurais beaucoup de misère à passer à travers les journées.

Mais… La quarantaine, ce n’est pas non plus une compétition ou une performance. Si votre manière de gérer est de conserver votre énergie simplement pour les besoins les plus essentiels, c’est bien correct. Vous faites ce qu’il faut pour passer au travers et c’est parfait. Personne ne devrait se sentir mal en ce moment à cause de ce que les autres présentent sur les réseaux sociaux! Et dans un monde idéal, ça devrait vouloir dire moi aussi devant toutes ces familles qui semblent passer du temps de qualité ensemble et faire des activités enrichissantes/éducatives chaque jour.

 

Ça va bien aller… Mais sans nier la réalité difficile et #àmafaçon. Je vous envoie beaucoup de douceur. 

Marie-Ève Laforte

 

 

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