Le choc toxique et ses victimes

Partager

En 1980, l'Amérique du Nord a connu une recrudescence de syndrome du choc toxique, une infection provoquée par la libération de bactéries dangereuses dans le sang.

Symptômes

Plus de 700 femmes avaient alors été victimes des symptômes plus ou moins graves tels qu'une forte fièvre accompagnée d'une éruption cutanée étendue et de rougeurs suivie d'une desquamation (décollement de l'épiderme), de maux de tête, de diarrhées graves, de fatigue ou faiblesse extrême, de douleurs musculaires, de maux de gorge, de larmoiements ou de rougeurs aux yeux, de vomissements, de confusion... En cas de choc toxique, l'irrigation sanguine diminue et la tension artérielle s'abaisse, ce qui peut provoquer une perte de conscience et peut-être un coma et le décès dans les cas les plus graves. Dans ces cas, le poison bactérien peut attaquer les muscles, les reins, le foie, le coeur et les poumons.

Une bactérie

Les recherches qui avaient été menées à l'époque avaient mis au banc des accusés des tampons super-absorbants, retirés du marché. Aujourd'hui, vous pouvez être atteinte de choc toxique, sans même vous en rendre compte, puisque les symptômes peuvent ressembler à ceux de la grippe ou de la gastro-entérite. Le choc toxique peut apparaître après une chirurgie, une coupure, une brûlure ou même une ecchymose. C'est toutefois une maladie extrêmement rare, mais qui peut s'avérer aussi extrêmement grave. Le début est brutal et le syndrome peut évoluer rapidement, en 48 h, vers le choc, voire le décès, ce qui est le cas une fois sur 10 environ.

Dans le cas des tampons hygiéniques, les bactéries staphylocoques sont généralement en cause. Les toxines produites par certaines souches de cette bactérie entrent alors dans la circulation sanguine. L'utilisation des tampons générerait un risque accru de sécheresse vaginale et d'ulcères vaginaux, qui auraient un lien avec l'intrusion des toxines. On a retrouvé, dans le vagin et sur le col de l'utérus des femmes atteintes, des souches de la bactérie staphylococcus.

Aujourd'hui, certaines femmes ayant oublié de retirer leur tampon hygiénique, à la fin de leurs règles par exemple, peuvent en être victimes. Mais ce genre d'incidents est rare. Santé Canada émet toutefois quelques recommandations quant à l'utilisation de tampons hygiéniques.

Quelques précautions

- Utilisez des tampons ayant le pouvoir absorbant minimal pour répondre à vos besoins et changez plutôt de tampons au 4 à 8 heures.

- Évitez de porter des tampons la nuit.

- Utilisez les tampons au début de vos règles, sans toutefois en insérer un par précaution, en attendant vos menstruations. Privilégiez plutôt la serviette hygiénique dans ce cas.

- Lavez-vous toujours les mains avant et après l'insertion du tampon.

- Utilisez en alternance tampon et serviette hygiénique.

- Veillez à ne jamais oublier de retirer le tampon.

Guérison

Les personnes infectées pourront recevoir des antibiotiques et, dans certains cas, subir un traitement consistant à remplacer les liquides perdus à la suite de l'infection.
Si vous croyez être victime de choc toxique, vous pouvez contacter info-santé en composant le 8-1-1 ou vous rendre directement à l'hôpital. Si vous éprouvez des problèmes avec les tampons menstruels, vous pouvez également aviser l'Inspectorat de la Direction générale des produits de santé et des aliments de Santé Canada au 1-800-267-9675 (sans frais au Canada) ou en utilisant le formulaire de rapport d'incident.

Violaine Dompierre, édimestre Canal Vie

Si vous avez des commentaires concernant cette chronique ou que vous désirez nous soumettre d'autres suggestions d'articles, contactez-nous en cliquant ici.