
Vous pouvez ajouter un autre syndrome affectif au répertoire des troubles psychologiques! Ou du moins, c'est ce que prétend le médecin Steven Bratman, qui craint que l'orthorexie alimentaire soit devenue la nouvelle détresse des temps modernes. Il faut dire que le phénomène de « manger santé » est omniprésent dans notre société qui préconise l'hygiène alimentaire. À se fier aux nombreux ouvrages et messages diffusés sur la saine alimentation, on n'aurait jamais été aussi bien nourris!
Qu'est-ce que l'orthorexie?
L'orthorexie est un terme qui provient du grec « ortho », pour tout ce qui est droit et correct, et « exis » pour l'appétit. Il s'agit d'une préoccupation excessive à l'égard de la nourriture qui ressemble à l'anorexie, mais qui n'a pas les mêmes enjeux. L'orthorexique a une fixation maladive sur la qualité alimentaire, tandis que l'anorexique est troublée par la quantité de nourriture. Cependant, l'orthorexie et l'anorexie sont similairement reliées à la notion de privation, de contrôle et de sacrifice alimentaire. Lors d'orthorexie, la consommation d'aliments moins nourrissants s'accompagne de méthodes compensatoires comme le jeûne ou la diète stricte.
Quoiqu'elle ne soit pas encore reconnue officiellement par la communauté médicale comme un désordre psychologique, l'orthorexie touche 1% de la population québécoise, en particulier les femmes adultes. Vous connaissez peut-être des gens qui mangent excessivement bien, sans jamais déroger? N'est-ce pas vrai que trop faire attention n'est pas mieux?
Comment pensent les orthorexiques?
Au lieu de rendre leur vie plus belle, les orthorexiques se la compliquent énormément en adhérant quasi religieusement à d'innombrables théories alimentaires. On voit dans l'orthorexie une identification personnelle à travers la nourriture et une impression de parfaite santé, dans la mesure où on peut contrôler la qualité des aliments consommés.
Ce que vivent les orthorexiques...
Si vous êtes atteint d'orthorexie, vous serez envahi de pensées de nourriture saine, à un tel point que vos relations avec les autres en souffriront. Le fait de vouloir contrôler tout ce qui se trouve dans votre assiette peut compliquer le partage et l'appréciation de repas avec autrui. Vous avez possiblement éliminé la viande et les produits laitiers de votre alimentation, et refusez peut-être de toucher aux sucres artificiels ou aux aliments pas bio. Vous avez l'impression que ces substances toxiques vous empoisonneront et nuiront à votre santé. En évitant plusieurs aliments jugés impropres à la consommation, vous compromettez votre variété alimentaire et vous risquez des carences nutritionnelles. En pensant bien faire, vous faites plutôt le contraire!
Comment s'en sortir ou aider un proche à s'en tirer?
1. Tout d'abord, il faut identifier les comportements malsains, ce qui n'est pas facile, car la volonté de bien se nourrir est perçue positivement. Quelques questions que vous pouvez vous poser :
- La valeur nutritionnelle des plats passe-t-elle avant le plaisir de les savourer?
- Vous sentez-vous coupable lorsque vous dérogez à vos principes alimentaires?
- Analysez-vous constamment tout ce que vous mangez?
- Culpabilisez-vous et êtes-vous remplie de remords après l'ingestion de la plupart de vos repas?
- Vous réveillez-vous même la nuit pour analyser le repas que vous avez pris le soir?
2. Pour obtenir de l'aide, il est conseillé de consulter un psychologue afin d'identifier les peurs et symptômes puis trouver des pistes de solution;
3. Enfin, la santé globale dépend de l'ensemble des habitudes de vie (le refus du tabac, la modération de l'alcool, le bon sommeil et l'exercice...)
Le mot de la faim
Rappelez-vous qu'il doit absolument y avoir un équilibre entre la qualité nutritive et le plaisir de manger. Dans la mesure où vous faites preuve de modération, une frite et une boisson gazeuse de temps en temps ne vous feront pas de mal et ne réduiront pas votre espérance de vie. De toute façon, quand bien manger devient une obsession, ce n'est plus du tout santé.
À la vôtre et bon appétit!

Nutritionniste
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