TDAH : Six produits à usage quotidien mis en cause

L’hyperactivité ainsi que l’ensemble des troubles liés au déficit d’attention font de plus en plus parler d’eux aux quatre coins de la planète.

En effet, de nombreuses études ont démontré, au fil des années, qu’à l’instar du facteur génétique, d’autres paramètres externes et environnementaux pourraient avoir leur part de responsabilité dans le développement du TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité). Voici un tour d’horizon des produits et substances qui ont été pointés du doigt et dont nous devrions nous méfier.

La fumée secondaire

On le sait, le tabac est loin d’être inoffensif pour notre santé. Alors, imaginez l’impact qu’il peut avoir sur nos enfants! Des dizaines d’études ont d’ores et déjà établi un lien entre les problèmes de comportement et d’attention chez les enfants et le tabagisme durant la grossesse, mais très peu se sont penchées sur la fumée secondaire inhalée durant les premières années de vie.

Une professeure de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal s’est donc intéressée à la question. En analysant les données récoltées au fil de ses recherches, Linda Pagani a réussi à démontrer que, de la naissance à la cinquième année de vie, le tabagisme secondaire ralentissait le développement de certaines régions du cerveau, dont celles qui sont associées à l’impulsivité et aux fonctions cognitives.

D’ailleurs, neuf provinces et territoires, ainsi que de nombreux pays à travers la planète, ont déjà adopté une loi interdisant l’usage du tabac en présence de mineurs dans les véhicules.

Le mercure et le plomb

Après avoir mené une étude sur 279 enfants du Nunavut, des chercheurs québécois et américains ont réussi à établir un lien entre ces deux substances chimiques et le développement du TDAH. Pour se faire, ils ont prélevé des échantillons de cordon ombilical à la naissance de chaque sujet, pratiqué des prises de sang lors de leur onzième année, puis compilé des données récoltées à l’aide d’un questionnaire soumis à chaque bambin.

Les résultats ont été probants et ont mis en lumière les impacts que le plomb et le mercure peuvent avoir, surtout chez une population exposée comme les Inuits, dont l’alimentation est principalement composée de poissons, de mammifères marins comme le béluga et de gibier pouvant contenir ces polluants environnementaux.

Les fœtus les plus exposés au mercure avaient alors 3 fois plus de chances d’être atteints de TDAH, tandis que ceux ayant été en contact de façon importante avec le plomb durant leur enfance s'exposaient pour leur part à 4 à 5 fois plus de risques que ceux chez qui un faible taux de cette substance avait été relevé.

Les pesticides

On ne le répétera jamais assez; il est important de bien laver les fruits et les légumes avant de les consommer pour éliminer toutes traces de pesticides, dont des traces considérables ont déjà été relevées sur certains produits agricoles aux États-Unis et qui peuvent contrevenir au bon développement cérébral de nos enfants.

C’est en tout cas la conclusion d’une étude menée de pair par des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université Harvard, après avoir analysé l’urine de 1 139 enfants américains âgés de 8 à 15 ans. Les scientifiques ont donc révélé que les sujets chez qui une forte concentration de pesticides de type organophosphorés a été décelée courent deux fois plus de risques de souffrir de troubles du comportement et de déficits cognitifs.

Les polluants domestiques

Si l’alimentation biologique et un lavage en bonne et due forme de certains aliments peuvent nous éviter d’absorber des substances toxiques, d’autres polluants peuvent tout de même se cacher dans des produits qui semblent pourtant inoffensifs.

Des chercheurs de l'Université nationale de Séoul ont en effet démontré que les phtalates, un produit chimique souvent utilisé pour assouplir les matières plastiques, pouvaient accentuer les symptômes du TDAH. Et ce constat est d’autant plus inquiétant qu’on en trouve dans des produits courants comme les jouets, les nettoyants ménagers, les rideaux de douche, certains cosmétiques, etc. La liste est longue!

Les colorants et autres additifs alimentaires

Les colorants, les additifs alimentaires et les agents de conservation n’ont pas la cote depuis les années 70, quand certaines études ont commencé à dénoncer les impacts négatifs qu’ils peuvent avoir sur la santé. Et ils inquiètent d'autant plus, car nous les retrouvons très souvent dans des produits que nos enfants affectionnent particulièrement comme les confiseries, certaines boissons ou encore des crèmes glacées.

De nombreux chercheurs ont alors démontré un changement évident dans le comportement et la concentration de plusieurs des bambins à qui un cocktail des produits suspectés était administré.

À la vue de ces résultats, et devant la grogne des lobbies anticolorants et de groupes de consommateurs, quelques pays ont donc pris des mesures afin de contrôler, et parfois interdire, l’utilisation de ces substances. Un pari réussi, qui a même poussé Kraft à troquer le jaune numéro 5 de son macaroni au fromage par du paprika!

Une mauvaise alimentation

Et si c’était plutôt l’ensemble de nos habitudes alimentaires qui était à revoir? Cette fois-ci, c’est une étude australienne qui dénonce l’alimentation occidentale et la surconsommation de plats préparés, d’aliments transformés, gras ou trop sucrés. Selon les chercheurs, ce type de régime ne fournirait pas assez de micronutriments essentiels au bon fonctionnement du cerveau.

À l’inverse, une alimentation saine, composée de poissons, de fruits, de légumes et de grains entiers apporterait des acides gras, des fibres, des vitamines et des oligo-éléments nécessaires au développement des fonctions cognitives comme l’attention et la concentration, et à l’activité cérébrale de nos enfants.

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie

Vous aimerez aussi

Commentaires