Comment éliminer les taches brunes?

Les mains, les épaules, le visage, le décolleté... Les taches brunes y fleurissent au fil des années, provoquant des marques disgracieuses qui brouillent notre teint et témoignent parfois de nos excès.

Est-ce possible d'éliminer les taches brunes, et surtout, comment faire pour les éviter?

Qu’est-ce qu’une tache brune?

Aussi appelées taches de vieillesse ou lentigo solaire, les taches brunes sont la plupart du temps le résultat d’une exposition prolongée et intensive aux rayons ultraviolets (UV) du soleil. Les mélanocytes, ces cellules qui produisent la mélanine et qui sont responsables de notre peau hâlée, vont vieillir plus rapidement à force d’être sollicités.

La production de ces pigments qui colorent notre peau va alors se dérégler et s’amasser à certains endroits. En remontant à la surface, de petites tâches, dont la taille peut varier, vont alors se former. Au Canada, elles apparaissent généralement vers la mi-trentaine, mais il arrive qu’elles se déclarent prématurément, surtout dans les régions qui bénéficient de périodes ensoleillées plus longues.

Les personnes ayant la peau claire sont les plus successibles d’être touchées puisque les mélanocytes auront tendance à être plus excitées par le soleil et moins enclin à défendre les cellules de l’épiderme.

Cependant, les peaux plus mates ne sont pas à l’abri de voir apparaître des petites taches d’ordre cicatricielles. En cas de blessure, comme un bouton par exemple, les mélanocytes seront stimulés par l’inflammation et formeront des marques.

Mais, peu importe la couleur de la peau, la pigmentation d’ordre hormonale peut également toucher certaines femmes, comme les futures mères ou celles qui utilisent une contraception, par exemple. Les cellules qui produisent la mélanine deviennent hypersensibles aux hormones et peuvent s’emballer au contact du soleil. 

Et les hommes ne sont pas épargnés par ce phénomène, même si les zones touchées sont moins importantes dans leur cas. Ce qui est sûr, c'est que les gènes jouent un rôle évident dans l’apparition des taches brunes.

Prévenir et surveiller les taches brunes

Si les zones touchées par les taches brunes sont plus rares chez ces messieurs, c’est pour la simple et bonne raison qu’ils n’adoptent pas le même comportement que la gent féminine face au soleil, n’exposant pas les mêmes parties, comme le décolleté par exemple. Il est donc important, marques ou pas, d’avoir une attitude responsable face aux UV.

Une protection solaire d’un indice élevé au moins égale à 50 appliquée régulièrement, des vêtements qui recouvrent au mieux le corps, ainsi qu’une exposition raisonnable en évitant de prendre le soleil entre 11 h et 16 h, sont les meilleurs moyens pour éviter le vieillissement prématuré de sa peau. À la maison, on change aussi nos habitudes et on délaisse les gommages et autres produits astringents et irritants.

Et si le mal est déjà fait et que votre peau est déjà tachée à certains endroits, une nouvelle exposition aura pour effet d’en faire apparaitre d’autres, en plus de renforcer celles qui existent déjà.

Bénin ou malin?

Visibles à l’oeil nu, les taches brunes sont facilement diagnostiquées et souvent bénignes. Elles ont une surface plane, sont ovales ou rondes et brunes. Mais, tout comme les grains de beauté, elles sont à surveiller par un dermatologue puisqu’elles peuvent évoluer et changer d’aspect, signe d’un problème plus grave.

En cas de doute, une biopsie pourrait être nécessaire pour détecter un éventuel mélanome, donc un cancer de la peau. Des cellules seront donc prélevées puis analysées afin de déceler la présence de maladies qui pourraient s’avérer plus graves.Aussi, comme elles résultent d’un dommage solaire, d’autres dégâts pourraient être découverts.

Éliminer les taches brunes

Une fois qu’elles ont été examinées par le médecin, il est possible de les atténuer ou de les faire disparaitre, principalement dans un but esthétique. La prise de certains médicaments pourrait par contre ralentir les effets du traitement, il est donc important d’en discuter avec un professionnel pour choisir la méthode qui correspondra le mieux.

Les crèmes

Les crèmes, par exemple, constituent le traitement le plus simple et le moins cher. Souvent à base d’hydroquinone, un agent qui agit sur la mélanine, ces produits en vente libre pâlissent les taches. Par contre, il faut souvent attendre quelques mois pour en voir les premiers résultats, sans compter que certains effets secondaires comme des démangeaisons ou des irritations peuvent survenir.Elles sont généralement recommandées en complément d’un autre traitement.

La cryothérapie

La cryothérapie gèle les cellules problématiques, plus sensibles au froid, avec de l’azote à - 200°C. Des croûtes se forment alors et disparaissent au bout d’une semaine. Une visite chez le médecin ou le dermatologue suffit généralement. Cette méthode n’est par contre pas conseillée aux peaux mates et doit être utilisée seulement sur les parties non visibles, car elle peut décolorer la peau.

Le laser

Rapide et efficace, le laser Broadband light (BBL) détruit les cellules problématiques. Grâce à sa précision, il préserve la peau environnante en n’agissant que sur la couche de peau à traiter. Le pigment oxydé va remonter à la surface, puis la peau se desquame finement. Le laser de type fractionnel herbium peut, lui, déloger des pigments plus profonds. 

Le peeling (exfoliation)

Le peeling est une solution fréquemment proposée. On applique un acide sur la peau qui exfolie et brûle les taches. Encore là, le traitement va entrainer la formation de cloques qui vont se desquamer puis disparaître en emmenant les cellules dépigmentées avec elles.Et en attendant, peu importe la méthode choisie, on continue impérativement à protéger sa peau de toute exposition solaire. Enfin, il faut savoir que des bonnes habitudes face au soleil peuvent modifier l’évolution de notre capital soleil. 

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie, en collaboration avec le Dr Jean-François Tremblay, dermatologue chez MédiME et à l’Hôtel-Dieu de Montréal, et professeur de dermatologie à l’Université de Montréal

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