Mythes et réalités sur la pilule contraceptive

Auteur
David Nathan
Pilule contraceptive

On entend parfois sur la pilule contraceptive tout et n'importe quoi. Nous avons donc décidé de faire le tri à propos des mythes qui entourent ce médicament avec l'aide du docteur Ema Ferreira, pharmacienne et professeure de clinique à l'Université de Montréal.

Principe de la pilule contraceptive

Selon la Société des Obstétriciens et gynécologues du Canada « La pilule est l’un des médicaments les plus prescrits dans le monde avec plus de 100 millions de femmes dans le monde qui se fient à cette méthode ».

Avant toute chose, il est important de préciser qu'il existe deux sortes de pilules : la pilule de type contraceptif oral combiné, qui contient à la fois des œstrogènes et de la progestérone et les pilules de type contraceptif à progestatif seul.

Rappelons le principe de la pilule : elle empêche l’ovaire de relâcher un ovule, fait épaissir la glaire cervicale pour que les spermatozoïdes aient de la difficulté à atteindre l’ovule et elle modifie la paroi qui tapisse l’utérus, ce qui rend difficile l’implantation de l’ovule dans l’endomètre. Bref, elle met des bâtons dans les roues de la conception!

Y a-t-il un manque de connaissance sur la pilule?

C'est un mythe qui semble être vrai. « Certaines femmes ont en effet un sérieux manque de connaissances en ce qui concerne la pilule, elles ne comprennent pas vraiment comment ça fonctionne et je ne parle pas uniquement des patientes les plus jeunes, dit le docteur Ferreira. Une collègue m'a même raconté le cas d'une femme qui prenait bien sa pilule contraceptive, mais en faisait aussi prendre une à son mari avant d'avoir des rapports sexuels! ».

La pilule présente de nombreux effets indésirables

Le mythe selon lequel la pilule aurait de nombreux effets indésirables provient, selon le docteur Ferreira, du fait que dans les années 60-70, les pilules contenaient un taux d'oestrogène jusqu'à dix fois supérieur à celui qui est employé aujourd'hui. « Il est vrai que l'on trouve beaucoup d’informations sur les désavantages et les effets indésirables et ils y en a effectivement, mais peu d’information existent sur ses avantages potentiels et ils sont pourtant nombreux : diminution des SPM, régularisation des cycles menstruels et diminution du flux menstruel, diminution des saignements utérins dysfonctionnels, réduction du risque d’anémie, réduction des maladies bénignes du sein et des kystes ovariens, diminution des fibromes, diminution possible des cancers de l'ovaire, effet bénéfique sur la masse osseuse ».

La pilule provoque le cancer

Il est très délicat de tirer des généralités sur ce sujet, il faut en effet faire preuve de nuance. « La réduction ou l'augmentation des risques de cancer sont intimement liées à chaque patient, c'est au cas par cas, dit le docteur Ferreira. Cela dit, on observe que la contraception hormonale est associée à une réduction significative de l’incidence de trois cancers : le cancer de l’endomètre, le cancer de l’ovaire et le cancer colorectal. On remarque par ailleurs que les contraceptifs hormonaux peuvent être associés à une très faible augmentation du risque de quelques cancers : le cancer du sein (risque varie selon les antécédents de la femme), le cancer et pré cancer du col de l’utérus (effets déclinent après l’arrêt), les tumeurs bénignes et cancer du foie (augmentation n’est pas observée dans toutes les études) ».

Est-ce que la pilule fait grossir?

Là encore, la nuance est de mise. « Selon les études, le poids est inchangé dans la plupart des cas, dit le docteur Ferreira. Certaines femmes prennent un peu de poids, d’autres restent identiques et d’autres perdent du poids. L’injection contraceptive a été le contraceptif qui a été le plus souvent associé à une prise de poids. On note cependant qu'une augmentation de l'appétit peut survenir lors des six premiers mois, j'encourage donc une diète saine et de l’exercice physique ».

Faut-il prendre une pause de pilule de temps en temps? 

« Non, il n’est pas nécessaire de faire une pause de prise de contraceptifs, dit le docteur Ferreira. Il n'y a pas de danger pour une femme en santé de 35 ans qui ne fume pas de continuer à prendre la pilule. Cela dit, il faut encore une fois agir au cas par cas et il est important de réviser les indications et les contre-indications de temps en temps avec son médecin. Certaines personnes pensent qu'en arrêtant la pilule, ça va nettoyer l'utérus, c'est faux ».

Une autorisation parentale est-elle nécessaire? 

Selon la loi au Québec, « Le mineur de 14 ans et plus peut, néanmoins, consentir seul à ces soins. Si son état exige qu’il demeure dans un établissement de santé ou de services sociaux pendant plus de douze heures, le titulaire de l’autorité parentale ou le tuteur doit être informé de ce fait. » Il n’est donc pas nécessaire d’obtenir l’autorisation parentale pour prescrire ou servir un contraceptif à une jeune fille de 14 ans ou plus. Pour les jeunes filles de moins de 14 ans le consentement parental est en revanche nécessaire.

Pour plus d'informations sur le sujet : www.sexandu.ca/fr/contraception/hormonal-contraception/

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