Les médicaments de demain

Nous sommes à l’aube d’une véritable révolution. Si aujourd’hui, près de 80 % des médicaments sont issus de la chimie, ce pourcentage diminuera radicalement dans les prochaines années. Les éléments chimiques seront remplacés par des protéines, des molécules vivantes, voire des aliments unis pour combattre la maladie. 

La thérapie génique

Cette approche s’appuie sur les découvertes liées à l’ADN. Les chercheurs misent sur l’introduction, dans le code génétique d’un individu, d’un gène manquant ou défectueux. Ce nouveau gène, une fois implanté, entraînerait la production d’une protéine, jadis manquante dans l’organisme, afin de combattre une maladie ou une anomalie quelconque.

La thérapie cellulaire

Contrairement à la thérapie génique, la thérapie cellulaire fait appel à un procédé industriel extérieur à l’organisme. Elle consiste en la reconstitution de structures cellulaires à l’aide de cellules souches. Il sera éventuellement possible de remplacer un tissu cardiaque affecté par un infarctus par un nouveau, sain.

L’ingénierie cellulaire

Dans la même veine, des recherches visent à remplacer un organe malade par un autre bien en santé. Là encore, les cellules souches seront mises à contribution pour créer, en laboratoire, un foie, un poumon, destiné à être greffé dans le corps d’un individu. L’ère des pièces de rechange s’en vient.

Les biomédicaments

Cette nouvelle approche vise à traiter le malade plutôt que la maladie. Les laboratoires pharmaceutiques créeront des produits qui allieront chimie et protéines humaines. Ainsi, en introduisant des anticorps couplés à un cocktail chimique, les médecins de demain pourraient guérir certains cancers. Et cette révolution n’est pas si lointaine. Certains médicaments issus de la recherche biotechnologique sont déjà utilisés dans le monde.

Les nanotechnologies

Cette technologie est déjà appliquée à plus d’une trentaine de produits. En effet, les nanomédicaments ont pour mission spécifique de transporter le médicament à l’intérieur du corps et de le libérer au sein même de la cellule malade. Cette technologie du futur devrait permettre de guérir des cancers résistants à la chimiothérapie classique. Mais le défi est de taille et les chercheurs se heurtent à de nombreuses difficultés, notamment la libération trop rapide du produit curatif.

L’immunothérapie

Actuellement, un médicament en développement sur trois s’appuie sur les défenses immunitaires du corps humain. Les chercheurs estiment qu’en stimulant les mécanismes de défense naturels, ou en réduisant leur action, ils pourraient détruire le cancer et plusieurs maladies chroniques, dont le diabète.

La « polypilule »

Pour les personnes aux prises avec des problèmes de cholestérol et de maladies cardiovasculaires, une « polypilule » est déjà à l’essai. L’étude clinique a donné des résultats intéressants, mais ses effets secondaires sont peu connus.

Les alicaments

Pendant que des chercheurs misent sur l'ADN, les cellules souches et les composés chimiques, d'autres se tournent vers l'alimentation, tels les oméga-3 pour combattre le cholestérol et/ou prévenir les maladies cardiovasculaires. En médecine chinoise, de plus en plus adoptée par les Occidentaux, des œufs de cane et le thé vert réduiraient les risques de diabète. Certains parlent même d'aliments, tel le brocoli, pour prévenir le cancer.

La nutrigénomique

Encore plus poussée, la théorie de la nutrigénomique s’appuie sur l’individu lui-même. Ses partisans estiment qu’il sera éventuellement possible de déterminer, dès la naissance, les maladies qui risquent d’affecter un individu, puis d’orienter son alimentation et ses habitudes de vie pour prévenir leur apparition!

Des venins guérisseurs

Des experts affirment que les toxines présentes dans le venin de certains reptiles et poissons pourraient être utilisées pour guérir certaines maladies. Surpris? Un médicament, le captopril, qui combat l’hypertension artérielle est un dérivé du venin du jararaca, un serpent brésilien. Une étude en cours a permis de réduire la prolifération de cellules cancéreuses en utilisant le venin du mamba noir, un représentant de la famille des vipères.

Et dire que la pénicilline a été découverte accidentellement par Alexander Flemming en septembre 1928, soit il y a moins de 100 ans…

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie
 

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