Les femmes risquent davantage d'infarctus indolores

Les crises cardiaques surviennent parfois sournoisement sans que se présentent les douleurs thoraciques typiques. Or, des études ont démontré que ce type d'infarctus frappe plus les femmes que les hommes.

D'après ces observations, les chercheurs scientifiques ont eu pour but d'alerter et de sensibiliser les professionnels de la santé et les médecins en soins d'urgence, car l'absence de ces symptômes comme l'effet de pression au niveau de la poitrine, par exemple, empêche de diagnostiquer rapidement l'infarctus du myocarde, principalement chez les femmes âgées de moins de 55 ans. Les risques de décès s’en trouvent augmentés.

Des recherches qui en disent long

Des recherches effectuées sur 1000 patients de moins de 55 ans confirment ce phénomène. Dans ce groupe d’âge, presque une femme sur cinq (19 %), victime d’un infarctus du myocarde, n’a ressenti aucune douleur thoracique. Chez les hommes du même groupe, la fréquence est de 14 %. Aux États-Unis, cette proportion atteint 33 %, pour les deux sexes confondus. Et l’échantillonnage est vaste : plus d’un million de cas ont été évalués, en 12 ans.

Le seuil de douleur, différent chez les hommes et les femmes, pourrait expliquer le phénomène.

Ces mêmes études ont confirmé que les crises cardiaques indolores ne sont pas moins graves que les infarctus accompagnés de douleurs thoraciques, de sensation de pression se propageant de la mâchoire au bras du côté gauche. 

Selon les cardiologues, il est impératif de comprendre que plus l'infarctus du myocarde est diagnostiqué rapidement, plus les chances de stopper la nécrose du muscle cardiaque sont grandes

Des symptômes à ne pas négliger

Dans ce contexte, il est également important de porter attention aux autres symptômes qui sont souvent associés à la crise. Ces signes se traduisent par une faiblesse physique générale, par des bouffées de chaleur combinées à des sueurs froides et par des douleurs diffuses à la mâchoire, au bras et à l'épaule gauche.

Les personnes qui présentent ces différentes manifestations physiques devraient immédiatement se rendre aux urgences. On ne soupçonne pas ce genre de maladie chez les jeunes femmes, car on croit qu'elles sont moins à risque. Cependant, d'autres facteurs tels l'obésité, l'hypertension, le tabagisme et l'hygiène de vie en général peuvent entraîner les infarctus du myocarde chez les femmes plus jeunes.

On conseille donc à ces femmes de consulter rapidement un médecin, si elles ressentent des douleurs aigües et inhabituelles, particulièrement si elles présentent les facteurs de risque mentionnés précédemment.

Comment expliquer la différence entre homme et femme?

La douleur du thorax, qui survient pendant l'infarctus, indique que le cœur est en souffrance, puis qu'il ne reçoit plus l'oxygène nécessaire. Nous nous questionnons alors quant aux victimes, particulièrement des femmes jeunes, qui ne ressentent aucunement ce malaise.

D'autres recherches, quoique moins claires, ont démontré que des patients atteints de diabète, une maladie qui attaque les nerfs, étaient plus nombreux à ne ressentir aucune douleur lors d'une crise cardiaque. Mais, ces études n'expliquent toujours pas la différence entre les hommes et les femmes. On considère ce fait en expliquant que les femmes ont un seuil de sensibilité autre que celui des hommes. Cependant, il ne s'agit, pour l'instant, que d'une hypothèse sans explication scientifique.

En d'autres mots, l'infarctus n'est pas une affaire qui n'appartient qu'aux hommes! Chez les femmes, les diabétiques et les personnes âgées, les signes alarmants peuvent se manifester par des difficultés à respirer, par des nausées ou vomissements, par une sensation de pincements dans la poitrine, le dos ou l’abdomen. En définitive, les hommes ressentiront de réelles douleurs tandis que les femmes percevront surtout un sentiment d’oppression au niveau du thorax. 

La fausse crise cardiaque

La peine et les épreuves intenses peuvent vraiment briser le cœur. Les cardiologues ont d'ailleurs repris cette expression lors d'un faux infarctus en le nommant « syndrome du cœur brisé ». Ce phénomène touche surtout les femmes ménopausées et qui sont très près de leurs émotions. Tous les symptômes de la vraie crise sont alors ressentis, sans que cela cause de dommages réels au muscle cardiaque. Dans un vocabulaire plus scientifique, ce malaise est identifié comme étant la cardiomyopathie de stress.

Avant de se rendre aux urgences inutilement, il est possible d'établir les différences entre la crise de panique et l'infarctus; elles sont subtiles, mais identifiables. La douleur thoracique de l'infarctus est soutenue et concentrée au centre de la poitrine. Cette douleur est persistante et augmente lors d'exercices, puis elle diminue au repos. Elle se propage également vers les parties gauches du corps. En ce qui a trait à la crise de panique, le malaise thoracique sera bref et accompagné de battements de cœur saccadés et irréguliers. Ces symptômes disparaissent avec des exercices de relaxation et de respiration.

Toutes ces études ont un impact direct chez les professionnels de la santé et des soins d'urgences, car elles permettent d'évaluer et de traiter adéquatement et rapidement l'infarctus du myocarde, tout en sachant que chaque seconde compte!
 

Jacinthe Dompierre, rédactrice Canal Vie

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