Les cicatrices : tout savoir

Une blessure, une éraflure, une intervention chirurgicale, voilà que les mécanismes du corps humain entreprennent le processus de cicatrisation. Influencée par divers facteurs, cette cicatrisation est plus ou moins réussie, plus ou moins rapide. Elle laissera souvent une cicatrice qui témoignera de l'altération de l'enveloppe charnelle.

Blessures superficielles

Le corps réagit différemment pour faciliter la cicatrisation, selon le type de blessure ou d'intervention chirurgicale. S'il s'agit d'une blessure cutanée, la cicatrisation sera plus rapide (de 24 à 48 heures). Les cellules saines vont alors migrer vers la zone endommagée, afin de régénérer l'enveloppe charnelle. Cette migration s'arrête dès que la lésion est comblée de nouvelles cellules. Elles se multiplient alors, pour combler les différentes couches de l'épiderme.

Blessures profondes

Si le derme (la couche sous l'épiderme) est endommagé, la cicatrisation sera plus longue. Elle se divise en quatre phases. Il y a d'abord la phase inflammatoire qui assure l'élimination des corps étrangers et les tissus morts. Cette étape franchie, les cellules migreront afin de combler le vide, puis elles proliféreront.

Une fois la blessure comblée, les cellules doivent « maturer » durant 18 à 24 jours. C'est la quatrième étape. Comme la nouvelle enveloppe charnelle compte moins de vaisseaux sanguins (détruits lors de la blessure ou de l'incision), la peau sera d'une couleur différente. Elle prendra des mois, des années, afin d'atteindre sa couleur naturelle, quand c'est possible, laissant ainsi une marque indélébile : la cicatrice.

La cicatrisation

Certaines personnes cicatrisent mieux que d'autres. Pourquoi? La réponse est à la fois simple et complexe. Le facteur génétique et la gravité de la « blessure » jouent sûrement un grand rôle, mais des éléments extérieurs influencent également le processus.

Cicatrisation difficile

La malnutrition, l'obésité, le tabagisme, le diabète, les carences en vitamines et minéraux, le degré d'infection de la plaie, le stress et l'âge influenceront le processus de cicatrisation et laisseront, en fin de compte, une cicatrice plus ou moins esthétique. S'il est facile de comprendre le rôle des facteurs liés à la santé, l'âge impose une explication. Les plus jeunes auront tendance à hypercicatriser alors que les plaies des plus âgés prendront plus de temps à se refermer et à se régénérer en fonction de l'affaiblissement des défenses immunitaires.

Localisation

La localisation de la plaie est aussi un facteur important. Une plaie à une articulation, un genou par exemple, prendra plus de temps à cicatriser en raison de l'utilisation que nous en faisons. L'épiderme se refermera donc plus lentement alors que d'autres régions « moins actives », telle la surface de l'avant-bras, mettront moins de temps à cicatriser.

Pour une meilleure cicatrisation

S'il est difficile de prévoir où et quand vous subirez une blessure qui laissera des traces, il est possible de faciliter la cicatrisation d'une plaie avant même une intervention chirurgicale. Parmi les facteurs dits aidants, une saine alimentation, une bonne hygiène corporelle et l'utilisation de crème hydratante aideront votre peau à mieux cicatriser. Certains recommandent d'entreprendre, une semaine avant l'intervention, un traitement à base de gouttes d'arnica : un produit homéopathique qui limite les gonflements et les hématomes.

Hygiène

Bien nettoyer la plaie et la garder humide favorisent également la cicatrisation. Évitez donc la « cicatrisation » naturelle en laissant la plaie à l'air libre, ce qui crée une croûte. Utilisez plutôt des pansements stériles et changez-les aux deux ou trois jours. De plus, bien des gens ont tendance à « jouer avec le bobo » : ce qui se traduit souvent par une cicatrice plus apparente, moins esthétique.

Alimentation

Une saine alimentation, composée des principaux groupes alimentaires, facilite également la cicatrisation. Les aliments riches en zinc (poissons, viandes et céréales) et en fer (foie, légumes secs, lentilles et épinards) vous seront donc d'un précieux secours.

Crèmes et vitamines

Les vitamines A, B5, C, D et E facilitent la formation de tissus cicatriciels. Les crèmes à base de collagène réduisent, elles aussi, les risques de cicatrices disgracieuses.

L'aloe vera et l'argile verte ont également des impacts positifs sur la cicatrisation et, par ricochet, l'apparence de la cicatrice.

Massage

Un autre élément facilite la cicatrisation et réduit les risques que votre cicatrice ait un aspect cartonné : les massages. Une fois que les douleurs auront cessé, massez énergiquement la région qui se régénère, même jusqu'à ressentir une légère douleur. Recommencez chaque jour, et ce, jusqu'à la fin du processus.

Produits spécifiques

Les compagnies pharmaceutiques ont développé plusieurs types de pansements qui facilitent la cicatrisation et réduisent l'apparence des cicatrices. Parlez-en à votre médecin, votre chirurgien ou votre pharmacien. Ils sauront vous conseiller. Une injection de corticoïdes diminuera l'aspect de cicatrices en creux ou en relief.

Faire disparaître une cicatrice

S'il est impossible de faire disparaître une cicatrice laissée par une intervention chirurgicale ou un accident, il est possible de l'atténuer en faisant appel à un plasticien. Ce dernier peut utiliser la dermabrasion pour « effacer » les marques laissées sur la peau. Cette méthode laisse toutefois des cicatrices qui s'atténueront, voire disparaîtront avec le temps.

D'autres méthodes sont également utilisées, soit la compression continue, l'injection de corticoïdes, la dermo-pigmentation (le tatouage de la cicatrice pour lui redonner une couleur plus « naturelle » ou encore l'intervention chirurgicale, pour les cicatrices vraiment apparentes.

Le laser

Vous pouvez également avoir recours au laser pour réduire la taille ou l'apparence d'une cicatrice. Cette méthode est principalement utilisée pour atténuer les traces laissées par l'acné, la varicelle et les cicatrices hypertrophiques. Ces dernières sont très boursouflées, volumineuses, rouges et dures.

Qui blâmer?

Comme nous l'avons vu plus haut, l'aspect d'une cicatrice dépend de nombreux facteurs génétiques et curatifs, entre autres. Alors, si une personne qui cicatrise difficilement doit passer sous le bistouri, il est possible que le résultat soit décevant, même si elle a pris toutes les mesures pour éviter de laisser des cicatrices importantes. Elle devra parfois consulter un professionnel de la chirurgie esthétique pour « effacer » les traces de cette intervention.

En cas d'erreur

Il est également possible que votre chirurgien ait commis une faute professionnelle. Il vous faudra le contacter pour lui faire part de votre insatisfaction. Il pourrait alors reprendre l'intervention. Dans le cas contraire, vous avez des recours, mais il vous faudra avoir le support d'un expert qui prouvera qu'une faute a vraiment été commise. Par la suite, vous devrez vous adresser à l'ordre professionnel du médecin, voire aux tribunaux. Et il vous faudra quelques années de patience...

Mais rappelez-vous, il est possible d'atténuer une cicatrice, quelle qu'elle soit. Mais elle ne disparaîtra jamais! Ce sont des marques de vie, plus souvent involontaires.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie


 

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