Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Au Québec, on estime qu’entre 10 % des femmes en âge de procréer sont touchées par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce trouble hormonal implique de nombreux symptômes qui peuvent influer sur plusieurs aspects de leur vie, que ce soit au niveau de la santé générale ou encore du quotidien.

Qu’est-ce que le SOPK?

Aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal, le SOPK se caractérise par une collection d’anomalies physiologiques comme la résistance à l’insuline, dont le rôle est de réguler le sucre dans le sang, ce qui perturbe alors l’ovulation. Les ovules, au lieu d’être libérées, se transforment alors en follicules ovariens, des kystes, qui vont se loger dans le système reproductif et produire un taux anormal d’androgènes (ou hormones mâles).

Et si les causes de ce trouble sont encore mal connues, l’hérédité joue un rôle important dans la présence de ce taux élevé d’insuline qui provoque alors un déséquilibre entre les hormones femelles et mâles.

Les symptômes et les risques pour la santé

Les symptômes  du SOPK sont chroniques commencent habituellement dès les premières règles, mais peuvent parfois n’apparaitre que quelques années plus tard. Ils varient d’une femme à l’autre et ne sont pas tous ressentis avec la même intensité. Et s’ils n’engendrent que peu de douleur en général, c’est plutôt la confiance en soi qui est principalement touchée.

Les plus fréquemment observés sont une pilosité excessive (ou hirsutisme), ainsi que des cycles menstruels irréguliers, voire complètement absents. Il en existe de nombreux autres, par exemple l’infécondité, qui concerne 75 % des personnes atteintes, ainsi que les risques de complications pour celles qui y parviennent.

Aussi, la moitié des femmes touchées par le SOPK souffrent d’une coloration anormale de la peau, résultat d’une trop grande production d’insuline. La perte de cheveux et l’acné font également partie des symptômes.

L’obésité est présente dans environ la moitié des cas et peut entrainer des complications comme du cholestérol, des maladies cardiaques, de la tension artérielle ou encore du diabète. Mais quel que soit l’indice de masse corporelle, l’ensemble de ces femmes est à risque de développer certaines maladies et affections comme le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, ou encore le cancer de l’endomètre.

Ce dernier a d’ailleurs tendance à se développer au fil des ans chez les femmes qui souffrent de menstruations irrégulières. En effet, une fine couche de l’endomètre, cette muqueuse qui tapisse l’utérus, est évacuée à chaque cycle, évitant ainsi à des cellules cancéreuses de s’y loger. Il est donc important de consulter son médecin en cas de cycles anormaux.

Poser un diagnostic

Lors de la consultation, le médecin essaiera tout d’abord d’exclure toutes les autres affections dont les symptômes pourraient être similaires. Un examen physique, des tests en laboratoire, l’étude de vos antécédents familiaux et un bilan de votre cycle menstruel sont donc nécessaires pour établir un diagnostic éclairé.

Une échographie pelvienne peut également confirmer la présence du SOPK puisqu’elle permettra de repérer un éventuel épaississement de l’endomètre, responsable du développement de cellules cancéreuses. Elle révèlera aussi la présence de follicules sur les ovaires, une observation qu’il faut prendre avec parcimonie puisqu’il faut savoir que 20 % des femmes ont des kystes ovariens sans souffrir du SOPK. À l’inverse, certaines des personnes diagnostiquées peuvent ne pas en avoir.

Les traitements

Une fois le diagnostic posé, il est important d’être suivi par un endocrinologue, spécialiste des désordres hormonaux. Il n’existe encore aucun moyen de soigner ce trouble mais des traitements, qui comportent en général peu d’effets secondaires, sont souvent utilisés pour gérer et soulager les symptômes et ainsi bénéficier d’une meilleure qualité de vie.

Ces derniers peuvent donc parfois être réduits grâce à certains médicaments, comme ceux qui aident l’organisme à réguler l’insuline, qui vont alors permettre de rétablir un équilibre hormonal. Le fait de diminuer le taux de sucre dans le sang réduira donc la production d'androgènes.

Aussi, la prise d’anovulants mettra les ovaires au repos, ce qui aura pour effet de réguler les menstruations et de contrer la production de kystes, en plus d’agir sur l’acné. Les professionnels de la santé encouragent les femmes infertiles, désirant avoir des enfants, d’essayer de procréer naturellement pendant au moins six mois après l’arrêt d’une contraception avant de recourir à un traitement qui stimulera les ovaires.

Concernant les femmes qui souffrent d’obésité, une perte de poids est primordiale, même si cela s’avère souvent ardu à cause du SOPK. En maigrissant, elles verront alors un bon nombre de leurs symptômes s’alléger et de risques d’affections s’alléger. Par exemple, limiter la consommation d’aliments transformés diminuera le taux d’insuline dans le corps, tandis que l’activité physique aidera à l’équilibre hormonal et à régulariser les cycles menstruels.

L’infertilité peut également être traitée dans certains cas grâce à des médicaments, tout comme la perte de cheveux et l’hirsutisme. La prise d’une contraception s'avère souvent efficace pour stabiliser les menstruations et réduire l’acné.

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie

Vous aimerez aussi

Commentaires