La violence envers les aînés

Malgré les campagnes de sensibilisation, la violence envers les aînés est en constante augmentation. Souvent cachée, elle épouse plusieurs formes et se traduit généralement par une détérioration de l’état de santé physique et/ou mentale de la victime.

Les formes de violence

Elles sont nombreuses, et parfois insidieuses. Parfois, il s’agit de gestes isolés, parfois cette violence s’inscrit dans un processus graduel. Le stress, les difficultés économiques en sont parfois responsables. Mais quelle que soit la raison, les auteurs tentent, le plus possible, de dissimuler les indices qui pourraient amener une dénonciation.

Les victimes, elles, demeurent souvent très silencieuses, craignant de se retrouver isolées, ou carrément abandonnées.

La violence économique

  • Plus insidieuse, la violence économique vise à s’emparer des biens de la victime.
  • Elle s’appuie sur la manipulation, les pressions, voire la menace.
  • Elle peut prendre la forme d’une demande d’aide financière « difficile à refuser ».
  • L’agresseur peut également prendre le contrôle des biens de sa victime et/ou la dépouiller.
  • Elle ouvre souvent la porte à d’autres types de violence.

La violence physique

  • Elle porte directement atteinte à l’intégrité de l’aîné.
  • Elle varie de la contrainte physique aux sévices corporels.
  • Elle peut être tournée directement vers la victime ou vers des animaux, des objets qu’elle chérit.
  • Elle peut être sous forme de menace ou de réelle agression physique.

La violence psychologique

  • Elle est constituée de paroles, de cris, de gestes et d’attitudes qui causent du tort à la victime.
  • Elle s’appuie sur la peur, la détresse et le sentiment de culpabilité de la personne âgée.
  • Les moyens utilisés peuvent être subtils et variés. Ils vont de la manipulation jusqu’à la menace d’abandon, par exemple.

La violence sexuelle

  • Également insidieuse, la violence sexuelle vise à imposer des actes de nature intime, sous la contrainte, la menace, la force ou la manipulation.
  • Elle se traduit souvent par des attouchements, des gestes à connotation sexuelle, des comportements suggestifs, des actes sexuels précis, voire le non-respect de l’intimité.

L’abus de droit

  • Cette forme de violence vise à prendre le contrôle sur la vie de la personne âgée.
  • Les opinions, les désirs et les choix de la victime sont carrément ignorés.
  • Elle s’accompagne de gestes, de commentaires ou d’attitudes qui privent l’aîné de ses droits.
  • Elle peut aussi se traduire par des soins ou une nourriture inappropriée, par l’utilisation de la force ou de produits (médicaments, produits chimiques) pour contrôler l’aîné.
  • Elle peut prendre la forme de soins de qualité inférieure souvent attribuables à la surpopulation dans un centre d’accueil, par exemple.

La violence spirituelle

  • Elle consiste à limiter ou à priver la personne de ses pratiques, traditions ou coutumes spirituelles.

La négligence

  • La personne âgée est alors privée de ses besoins essentiels (habillement, nourriture, hygiène, médication, sécurité).
  • La négligence peut être active (geste délibéré) ou passive (refus inconscient d’apporter de l’aide).
  • Cette forme de violence se traduit souvent par la détérioration de l’intégrité physique et psychologique de la victime.

La violence envers les aînés se manifeste souvent lors d’une nouvelle relation intime, au début de la retraite, lors de la perte d’autonomie physique ou cognitive. Parfois, elle s’inscrit dans une dynamique de violence conjugale.

Les « agresseurs »

Déjà vulnérables en fonction de leur âge, de leur état de santé ou de la perte d’autonomie, les aînés peuvent être agressés par :

  • un conjoint présent dans leur vie depuis plusieurs années;
  • un nouveau partenaire de vie;
  • leurs enfants;
  • des membres de leur famille;
  • des aidants naturels;
  • du personnel offrant des soins à domicile;
  • des employés de centre d’accueil ou d’hébergement;
  • des connaissances;
  • des conseillers financiers;
  • d’autres personnes âgées;
  • des personnes en autorité.

Les agresseurs sont souvent des membres de la famille, dans 86 % des cas. Mais toute personne mal intentionnée ayant un contact plus ou moins intime avec une personne âgée est susceptible d’utiliser l’une ou l’autre des formes de violence décrites plus haut.

Que faire?

Le meilleur ami de la violence, c’est le silence. La personne âgée hésite à dénoncer. Elle a peur de perdre l’appui, l’amour de ses proches, les services qu’elle est en droit de recevoir. Elle craint de se retrouver isolée. Elle choisira souvent de subir ces agressions, au nom de l’amour qu’elle porte aux agresseurs, malgré tout.

Les proches de la victime doivent apprendre à reconnaître la violence et l’inciter à dénoncer auprès de son médecin, d’une personne-ressource, d’un ami (en privé) ou auprès des autorités. Cependant, il est important de laisser la personne prendre elle-même la décision finale.

Les témoins, eux, doivent se faire un devoir de dénoncer s’ils décèlent toute forme de violence envers un aîné.

« La confiance en soi est un matériau qui s’use avec l’âge » disait Gilles Vigneault. Assurez-vous que vos proches plus âgés sont en sécurité et n’hésitez pas à leur venir en aide au besoin.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

Pour obtenir de l’aide

  • Le Centre de santé et de services sociaux de votre région.
  • La ligne INFO ABUS (1-888-489-2287)
  • Le Centre d’aide et d’accompagnement aux plaintes (1-800-465-2433)
  • Le 9-1-1 pour les situations d’urgence.
  • L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées.


 

Vous aimerez aussi

Commentaires