La réduction mammaire, quand, comment, pourquoi?

Alors que certaines optent pour l'augmentation mammaire afin de modifier leur silhouette, d'autres femmes misent sur une réduction du volume de leur poitrine. Quelles raisons les motivent? S'agit-il d'un choix esthétique ou d'une décision mûrement réfléchie pour améliorer leur état de santé physique et/ou mentale?

L'hypertrophie mammaire

Dans un premier temps, les femmes aux prises avec une poitrine volumineuse ne sont pas toutes à l'aise dans leur corps, loin de là. Pour plusieurs d'entre elles, l'inconfort lié à la masse glandulaire entraîne des problèmes importants tels :

  • des douleurs au dos et aux épaules;
  • des difficultés à marcher, à courir, à dormir, à s'habiller;
  • des marques profondes au niveau des épaules (généralement attribuables au soutien-gorge);
  • un inconfort généralisé, tant physique que psychologique.

Pour plusieurs femmes, le fait de vivre avec une grosse poitrine peut provoquer une importante timidité tant à l'adolescence qu'à l'âge adulte. Le regard des hommes, les remarques des adolescents, les sous-entendus à peine masqués amènent souvent la femme (quel que soit son âge) à vouloir « se débarrasser » de cette poitrine généreuse qui, dans la société, est considérée comme un symbole de féminité, voire un objet sexuel.

De plus, les femmes qui songent à une réduction mammaire sont partagées entre la gêne de se déshabiller devant témoin et la peur de déplaire à leur conjoint, présent ou futur. Souvent, elles n'osent pas prendre cette décision, par crainte de ne plus être aimées.

Choisir son chirurgien

Opter pour une réduction mammaire nécessite le recours à un chirurgien esthétique. Or, choisir ce spécialiste n'est pas une mince tâche. Mais ces quelques conseils peuvent vous aider à y voir plus clair.

  • Faites une liste des chirurgiens qui pratiquent cette intervention.
  • Sélectionnez des spécialistes qui semblent être dignes de confiance.
  • Contactez des cabinets et demandez des photos d'interventions (avant/après).
  • Demandez des références professionnelles à votre chirurgien.
  • Rencontrez le professionnel et posez-lui les questions qui vous trottent dans la tête.
  • Ne prenez pas de décision lors de la première rencontre.
  • Consultez un autre professionnel pour avoir un second avis.
  • Choisissez le chirurgien avec lequel vous vous sentez à l'aise.

Ce qu'il faut savoir

La réduction mammaire se pratique généralement en clinique privée. Outre les consultations proprement dites, vous devez prendre quelques précautions avant l'intervention.

  • Cessez toute consommation d'alcool 48 heures avant.
  • Enlevez tous les bijoux et piercings.
  • Évitez l'application de crème sur les seins et en périphérie.
  • Ne consommez pas d'aliments solides et semi-liquides à compter de minuit, le jour de l'intervention et cessez toute consommation de liquide quatre heures avant de passer sous le bistouri.

S'il existe plusieurs méthodes, la plus pratiquée nécessite trois incisions : une autour de l'auréole du sein, une verticale qui part de l'auréole jusqu'au pli sous le sein et une troisième qui suit la courbe naturelle de ce pli. Le plasticien enlève alors une partie du tissu glandulaire, puis l'excédent de peau. Il ne reste qu'à replacer le mamelon à sa nouvelle position et au plasticien à recoudre les incisions.

Au retour à la maison, vous devrez :

  • prendre des anti-inflammatoires et/ou un narcotique, de même qu'un relaxant musculaire;
  • porter un soutien-gorge;
  • vous limiter à des mouvements raisonnables des bras;
  • ne pas dormir sur le côté;
  • éviter de conduire un véhicule automobile durant sept jours.

Vous serez en mesure de reprendre vos tâches normales une semaine après l'intervention, et les travaux les plus exigeants sept jours plus tard.

Évidemment, une telle chirurgie a ses bons et ses mauvais côtés.

Les inconvénients

  • Les cicatrices sont indélébiles, mais s'atrophient avec le temps;
  • Les risques de complications (nécrose, hématome, infections, écoulements, mauvaise cicatrisation) sont présents;
  • Des erreurs qui entrainent une mauvaise position du mamelon ou des irrégularités de la masse glandulaire peuvent se produire.

Les avantages

  • La réduction mammaire facilite le choix de tenues vestimentaires;
  • Elle élimine les douleurs au dos et aux épaules;
  • Elle améliore le port général de la femme;
  • Elle procure généralement une meilleure image de soi pour la femme complexée.

Les coûts

Au Québec, la Régie de l'assurance-maladie défraie les coûts de l'opération si le plasticien retire 250 grammes et plus de tissu glandulaire. En France, c'est 300 grammes. Il est également préférable d'attendre que les seins soient complètement formés avant de procéder à la chirurgie. Adolescentes s'abstenir! Enfin, certains médecins pourront vous conseiller de maigrir avant de penser à réduire vos seins. Toutefois, si vous choisissez la chirurgie et que vous ne répondez aux critères d'admissibilité de la RAMQ, il faut vous attendre à payer entre 4 500 $ et 6000 $.

Allaiter après une réduction mammaire?

Bien des femmes qui envisagent une réduction mammaire se demandent si la chirurgie les empêchera de pouvoir allaiter de futurs bébés. Dans de nombreux des cas, l’allaitement reste possible, car on peut demander au chirurgien qui effectue l’opération de toucher le moins possible de canaux lactifères… Il peut arriver que certains de ses canaux soient sectionnés en même temps que les tissus sont retirés, mais il semblerait que les connexions entre les glandes et les canaux lactifères se reforment avec le temps.

Pour cette raison, il est recommandé d’attendre au moins un an entre une réduction mammaire et une grossesse, non seulement pour éviter que les seins ne soient trop sensibles si le laps de temps est trop court, mais aussi pour permettre aux canaux lactifères sectionnés de se régénérer.

Une opération faite à la fin de l’adolescence (lorsque les seins ont terminé leur croissance) ne devrait donc pas causer de problème en vue d’un allaitement plus tardif. Toutefois, il est toujours conseillé d’aviser le chirurgien d’un éventuel désir d’allaiter, ce qui lui permettra d’effectuer l’opération en tenant compte de votre souhait. De plus, même si tout à été fait de manière à vous laisser le plus de chance possible de réussir votre allaitement, il arrive que cela ne fonctionne pas du tout. C’est donc un point dont il faut tenir compte avant de passer sur la table d’opération.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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