L’impact de notre cycle menstruel sur notre vie jour après jour

C’est un fait, toutes les femmes en âge de procréer ont un cycle menstruel. Et comme celui-ci est contrôlé par les hormones, il a inévitablement un impact sur notre quotidien!

En effet, le syndrome prémenstruel (SPM), les troubles de l’humeur, ou encore les douleurs, ne sont que quelques-uns des symptômes bien connus que certaines d’entre nous vivons à chaque cycle.

Et si notre comportement était lui aussi influencé par les différentes phases par lequel passe notre organisme? On fait le point sur ce phénomène, qui reste pour beaucoup encore un tabou.

Qu'est-ce qu’un cycle menstruel?

Il apparait généralement à la puberté et se termine à la ménopause, son rôle étant de préparer l’organisme d’une femme à être fécondé. Il ne se résume donc pas seulement à la période de saignement, qui n’est que la pointe de l’iceberg.

Dans les pays occidentaux, la durée du cycle menstruel est estimée à 28 jours, ce qui n’est en fait qu’une durée de référence, puisqu’il peut être plus ou moins long. Alors, que se passe-t-il dans notre corps durant ces quatre semaines?

La phase menstruelle (1er au 6e jour)

On considère qu’un cycle commence le premier jour des règles. Pendant cette période, qui peut durer de trois à sept ou huit jours, le sang s’écoule de notre utérus pour atteindre le vagin. Elle peut être d’intensité variable au niveau de l’abondance.

C’est donc durant cette phase que nous avons tendance à nous sentir faibles, voire parfois imprévisibles. Et au-delà de cet inconfort, au moins la moitié des femmes serait sujette à des crampes plus ou moins sévères. Ces douleurs au ventre, au bas du dos, et même parfois dans les jambes, empêcheraient même 15 % d’entre nous de fonctionner normalement les premières heures ou la première journée de ce nouveau cycle.

Mais, d’où viennent ces douleurs?

Quand notre paroi utérine se décompose, des molécules chimiques se libèrent et contractent alors notre utérus. Les sensations peuvent s’aggraver chez les femmes qui ont canal cervical étroit, lorsque les morceaux de paroi transitent par notre col.

Des facteurs psychologiques seraient également en cause, comme le stress et le manque d’activité physique. Un sommeil de qualité et une bonne hygiène de vie pourraient éviter, ou du moins réduire, certaines de ces souffrances.

Médicaments

Aussi, des médicaments comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent soulager les crampes d’intensité légère à moyenne. Il est d’ailleurs conseillé de les prendre dès la veille afin d’éviter la moindre douleur. Pour les crampes plus sévères, la prise de contraceptifs adaptés, prescrits par le médecin, aideraient aussi à contrôler les symptômes.

Soulagements naturels

Et les remèdes de grand-mère ne sont pas non plus à négliger! Par exemple, la chaleur est un allié de taille pour vous détendre et calmer les crampes. N’hésitez pas à placer une bouillotte sur votre ventre. Aussi, certains recommandent de manger des bananes, puisqu’elles regorgeraient de vitamine K, sensée soulager les crampes en général.

La phase folliculaire (7e au 15e jour)

C’est durant cette phase que l’endomètre commence à se développer afin de pouvoir recevoir un ovule, et que le niveau d’œstrogène augmente. C’est également le moment du cycle pendant lequel les femmes seraient les plus heureuses et confiantes.

Une étude menée par Gad Saad, professeur de marketing à l'École de gestion John-Molson et titulaire de la chaire de recherche de l'Université Concordia en science du comportement évolutif et consommation darwinienne, a d’ailleurs mis en évidence que, pendant cette période de fertilité, les femmes étaient davantage soucieuses de leur apparence.

Les 59 femmes qui ont participé à cette enquête devaient, pendant sept semaines, répertorier quotidiennement leur alimentation, leur tenue vestimentaire, leur utilisation de produits cosmétiques ainsi que leurs achats.
Il en est également ressorti qu’elles dépensaient plus dans les produits et les textiles destinés à les mettre en valeur, et qu’elles consommaient moins de calories tout au long de cette période.

En effet, avant l’ovulation, les femmes émettent des phéromones dans le but d’attirer les hommes, en plus de voir leur chaleur corporelle augmenter et leur mucus vaginal facilitant la remontée des spermatozoïdes, se modifier.

Aussi, selon plusieurs scientifiques, le visage des femmes deviendrait plus symétriques grâce aux oestrogènes, ce qui les rendrait alors plus attirantes, et donc plus confiantes!

Si cette phase semble plutôt faste, il n’est pas rare que certaines femmes ressentent une gêne ou des douleurs aux seins et au ventre quelques jours avant l’ovulation.

La phase lutéale (16e au 30e jour)

D’une durée de 14 jours environ, c’est la période pendant laquelle une grande quantité de progestérones s’installe dans l’organisme, avant de baisser pour que le nouveau cycle menstruel débute.

Mais pour environ 40 % des femmes, c’est aussi là que les symptômes prémenstruels (SPM) et les troubles de l’humeur commencent. Ballonnements, maux de tête, irritabilité, prise de poids et fatigue ne sont que quelques-uns des 150 symptômes répertoriés. Ils peuvent également varier d’un cycle à l’autre.

Les SPM seraient alors, en partie, le résultat du déséquilibre entre l’oestrogène et la progestérone, qui interfèrent avec les neurotransmetteurs régulant l’humeur et la douleur.

D’autres experts avancent également que le déficit de sérotonine, cette substance chimique cérébrale contrôlant la sensation de bien-être, pourraient être en cause.
En effet, les œstrogènes agissent en bloquant l’enzyme qui dégrade la sérotonine, tandis que la progestérone produirait l’effet inverse.

D’autres facteurs pourraient aussi influer sur les femmes, comme des carences nutritionnelles, un faible taux de sucre dans le sang, ou une mauvaise réaction face au stress.

Selon l’American Psychiatric Association, 3 à 5 % d’entre elles souffriraient même d’un trouble dysphorique prémenstruel, caractérisé par des symptômes encore plus sévères, comme un état dépressif, de l’anxiété, de l’insomnie ainsi que d’autres difficultés importantes qui peuvent malheureusement perturber le quotidien.

Dans le cas où cette période s’avère trop difficile à vivre, il est fortement conseillé de consulter un médecin. Et pour donner l’heure juste quant à l’intensité des problèmes vécus, tenir un journal de bord pendant au moins deux mois pourrait être un outil précieux dans la recherche de solutions.

Plusieurs traitements pourront ensuite être envisagés, comme une approche cognitivo-comportementale, des méthodes visant à diminuer le stress, un changement des habitudes de vie ou encore la prise de médicaments comme des antidépresseurs.

Mais, dans tous les cas, il est important d’être à l’écoute de son corps et d’apprendre à apprivoiser ces hormones qui nous accompagnent tout au long de ce processus!

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie

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