Intolérance ou allergie alimentaire: comment faire la différence?

Nous développons de plus en plus d'intolérances alimentaires : gluten, lactose, additifs alimentaires... L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime même que 15 à 20 % de la population a été ou sera touchée par une allergie alimentaire, un chiffre qui est en constante progression depuis 20 ans. Mais quelles sont les causes qui pourraient expliquer ce phénomène?

Allergie ou intolérance alimentaire?

Déjà, il est important de faire la différence entre allergie et intolérance.

Allergie

Les symptômes de l'allergie sont généralement immédiats et visibles, même s’ils peuvent parfois prendre jusqu’à 48 heures pour apparaître. Les personnes touchées peuvent donc développer de l’urticaire, subir des troubles digestifs, ou encore un arrêt cardiaque ou respiratoire.

L’allergie alimentaire résulte d’une sensibilité provoquée par une réaction du système immunitaire à une protéine particulière qui se trouverait dans un aliment.

Intolérance

Ici, le problème va plutôt se traduire par des maux de ventre, des vomissements ou des réactions cutanées. Les symptômes disparaîtront une fois que l’aliment problématique aura cessé d’être consommé.

L’intolérance alimentaire découle d’une hypersensibilité à un aliment ou à un ingrédient et peut se développer tout au long de notre vie.

Une question de dosage

La quantité de produits ingérés est à prendre en compte puisqu’un allergique réagira dès qu’il mange un aliment allergène, tandis que l'intolérant sera plus ou moins touché selon la fréquence et la quantité absorbée.

Faire dépister son intolérance alimentaire

Avant toute chose, il est important de passer notre alimentation à la loupe et d’observer les symptômes d’inconfort. Avant de consulter, il peut également être utile d’ingérer plusieurs fois l’aliment que l’on pense responsable de nos maux afin d’examiner la façon dont on y réagit.

Par contre, si un diagnostic d’allergie alimentaire peut être assez facile à poser (l’allergologue, utilisant dans la plupart des cas la substance suspecte sur le patient pour en observer la réaction), les cas d’intolérances alimentaires sont plus difficiles à déceler. Ils sont souvent envisagés seulement si aucune allergie n’a été détectée, mais qu’un malaise persiste, rallongeant ainsi le processus de dépistage.

Une fois le diagnostic d’intolérance alimentaire posé, le médecin prescrit un régime qui prendra en compte la sensibilité du patient.

Les causes de l'intolérance alimentaire

Et les hypothèses quant aux causes qui expliqueraient la croissance des intolérances alimentaires sont nombreuses. Tout d’abord, la génétique serait l’un des facteurs les plus plausibles, même si l’on se demande encore pourquoi certaines personnes seraient épargnées.

La grande diversité des produits que nous trouvons dans notre alimentation et qui contiennent souvent des composés chimiques peut parfois expliquer les intolérances. Aussi, les nouvelles denrées qui font nouvellement partie de notre quotidien, comme les fruits exotiques par exemple, mènent la vie dure à notre organisme qui n’y est pas habitué.

Chez les tout-petits, c’est le système immunitaire qui ne serait pas assez développé pour tolérer cette nourriture trop variée. Nos poupons seraient également trop aseptisés et pas assez exposés aux microbes et aux infections, ce qui empêcherait leur système immunitaire de se forger une carapace.

Enfin, les polluants qui se trouvent dans notre environnement, comme le plomb ou  l’aluminium, causeraient les intolérances alimentaires reliées à la caséine, une composante du lait, et au gluten, cette protéine que l’on trouve dans les céréales comme le blé, l’orge et le seigle.

Classement des intolérances alimentaires chez l’adulte et chez l’enfant

Chez l’enfant, on estime que le classement des principaux aliments allergènes est composé des œufs, des  arachides et du poisson, ex aequo avec le lait. Chez l’adulte, on trouve en tête de liste les fruits de la famille des drupacées (noisette, pêche, cerise, pomme...), les ombellifères (fenouil, carotte, cumin, persil...) et, à égalité, les oeufs et les crustacés.

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie

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