De l’espoir pour les victimes du cancer du sein

La recherche médicale a permis de nombreuses avancées dans le traitement du cancer du sein. En quelques décennies, le taux de mortalité a diminué de façon significative chez les personnes atteintes. Et un traitement expérimental pourrait bien améliorer ces statistiques.

Le palbociclib

Le traitement, mis au point par le laboratoire américain Pfizer, retarderait la progression du cancer avancé du sein, selon une étude publiée au début d’avril (2014) aux États-Unis. Dans un exposé effectué lors d’une rencontre de l’American Association for Cancer Research, le docteur Mace Rothenberg a dévoilé les résultats d’une expérience clinique réalisée auprès de 165 patientes.

La recherche clinique, évidemment au stade embryonnaire, visait à inclure une molécule inhibitrice, le palbociclib, dans le traitement de ce type de cancer. Combinée au Femara (un médicament déjà sur le marché), la molécule a permis d’arrêter la progression de la tumeur sur une période allant jusqu’à 20 mois.

Les patientes traitées uniquement avec le Femara ont vu la progression du cancer s’arrêter, mais pour une période de 10 mois seulement. Il est réapparu par la suite.

Une avancée

Pour le Dr Rothenberg, ces résultats constituent une avancée majeure dans le traitement d’un type de cancer particulièrement agressif dont la croissance est stimulée par les hormones féminines identifiées par les chercheurs par les codes CDK4 et CDK6, et qui contribuent à la division des cellules cancéreuses. Il estime que 80 % des femmes pourraient bénéficier de ce cocktail de médicaments pour traiter, voire guérir, ce cancer hormonosensible.

Pour l’heure, le traitement porte le gain général de survie de ce type de cancer à 37,5 mois chez les patientes traitées avec le mélange palbociclib  / Femara contre 33,3 pour les autres. Certes, on ne peut parler ici de résultats significatifs, mais, pour Pfizer, il s’agit de données encourageantes. La compagnie pharmaceutique souhaite donc obtenir le feu vert de la Food and Drug Administration (le pendant de Santé Canada aux États-Unis) pour la mise en marché de ce médicament.

Par ailleurs, le palbociclib est à l’essai dans le traitement d’autres cancers avancés, dont le sarcome, un cancer particulièrement agressif qui touche les tissus conjonctifs. Et si le médicament est approuvé, Pfizer prévoit des ventes de plus de 3 milliards de dollars d’ici 2020.

Parlons cancer

Le cancer du sein demeure, chez les femmes, le type de cancer le plus courant. En 2013 (dernières statistiques disponibles), au Canada, 23 800 femmes ont reçu un diagnostic de ce type, soit 65 femmes par jour. Ce sont surtout les femmes de 50 à 69 ans (52 % de tous les diagnostics) qui sont les plus touchées. Et, en moyenne, une victime sur 29 y laissera sa vie.

La prévention et les méthodes de détection précoce (mammographie, auto examen des seins, visites régulières chez le docteur, etc.) ont largement contribué à diminuer le taux de mortalité chez les Canadiennes. Toutefois, les statistiques font état d’un cancer plus agressif chez les moins de 50 ans. Dans ce groupe, une victime sur 10 perdra son combat contre cette maladie.

Les hommes aussi peuvent en être atteints. Mais la gent masculine représente 1/5 de tous les cancers du sein détectés au pays. Et leur taux de survie est de 80 %, après 5 ans.

C’est en Ontario (9300) et au Québec (6000) qu’on trouve le plus grand nombre de victimes de cancer du sein au Canada : une situation qui s’explique par la population plus importante qui vit dans ces deux provinces. Suivent ensuite la Colombie-Britannique (3100) et l’Alberta (2100). Heureusement, près de 157 000 Canadiennes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein au cours des 10 dernières années sont toujours en vie.

 

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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