Être cobaye d'études cliniques, comment ça fonctionne?

Créer un médicament pour soulager ou guérir les êtres humains prend plusieurs années. Il faut le concevoir, le fabriquer, puis faire des essais sur les animaux. Lorsque le produit semble donner des résultats, il faut mettre des humains à contribution. Mais est-ce dangereux pour ces « cobayes » qui participent aux études cliniques?

Plusieurs laboratoires et centres de recherches effectuent des études cliniques. Ils recrutent des volontaires pour tester ces médicaments, en échange d’une contribution financière. La somme versée (entre 500 $ et 5000 $, libres d’impôts) est généralement proportionnelle au temps consacré à l’étude. Plus le séjour en clinique est long et plus les retours sont fréquents, mieux ils sont payés.

Pour plusieurs, le terme « cobaye » est péjoratif. Ceux qui choisissent de participer à ces études cliniques le font d’une façon volontaire. Pour les uns, c’est une façon de boucler les fins de mois, pour d’autres, c’est un moyen de se payer un voyage, des appareils électroniques, des électroménagers dernier cri qu’ils ne pourraient s’offrir autrement.

La sélection des cobayes

Le volontaire qui accepte de participer à ces essais doit se soumettre à un bilan médical complet. Puis, selon son état de santé, son poids et son âge, il pourrait être recruté pour une étude clinique.

Chaque étude a des critères différents. Il est possible que femme puisse participer à une étude sur un médicament pour contrer le reflux gastrique, par exemple, mais elle sera inapte pour une autre qui porte sur un produit qui soulage les symptômes de la ménopause.

Une personne qui vient de participer à un essai clinique, de même que celle qui abuse des médicaments ou de l’alcool, pourrait être exclue.

Le séjour lors d'une étude clinique

Le Québec est une terre de prédilection pour les essais de médicaments conçus ailleurs dans le monde. Et le séjour en « clinique » est très encadré.

Voici quelques informations intéressantes à ce sujet :

  • Il sera plus ou moins long, selon le médicament testé.
  • L’horaire est très strict, tant pour le séjour que pour les visites de retour.
  • Le participant se soumet à plusieurs prises de sang, parfois en l’espace de quelques minutes. Donc, si vous avez peur des piqûres, abstenez-vous!
  • Les participants sont regroupés dans des salles communes et dorment dans des dortoirs.
  • Ils doivent meubler leurs temps libres en regardant la télé, des films sur DVD. D’autres lisent ou travaillent sur leur ordinateur portable.
  • Les fumeurs, de moins en moins recrutés, ne peuvent conserver leurs cigarettes sur eux. C’est un préposé qui leur en remettra une, sur demande.

Les risques pour la santé d'être cobaye

Quelles qu’elles soient, ces études comportent des risques plus ou moins importants.

Chaque clinique affiche une longue liste d’effets secondaires possibles (certains peuvent être pris de vomissements ou ressentir des nausées, des étourdissements.). Évidemment, les participants sont informés des risques potentiels avant de signer leur consentement. Toutefois, si un participant se sent mal, ou si les impacts pour sa santé dépassent un niveau acceptable, il peut se retirer de l'étude en tout temps.

Les volontaires sont suivis par la clinique lors des visites de retour, voire pris en charge médicalement en cas de problème majeur. Il est aussi important de savoir que plusieurs cobayes reçoivent un placebo. Le « médicament » n’aura donc aucun effet sur leur santé. Cette technique permet de vérifier scientifiquement la véritable action d'un médicament.

Quand les études cliniques dérapent

Si les études cliniques sont bien encadrées au Québec, il se produit parfois des dérapages ailleurs dans le monde. Certains ont fait la manchette d'ailleurs.

  • Entre 1945 et 1989, 50 000 Allemands de l’Est auraient participé, à leur insu, à quelque 600 études cliniques. Les compensations auraient été versées au gouvernement communiste.
  • En Inde, des milliers de femmes sont devenues stériles après avoir absorbé un médicament antipaludique (contre la malaria).
  • Un médicament anticancéreux a été administré à 400 femmes qui souhaitaient améliorer leur fertilité. Il s’est avéré toxique pour les embryons.
  • Plusieurs enquêtes à travers le monde ont révélé que des participants à des études avaient été mal informés des risques.

Si certains y voient un moyen facile d’obtenir un revenu additionnel, d’autres participent aux essais cliniques pour contribuer à la recherche afin de traiter divers problèmes de santé. Contribuer à l’avancement de la science est un geste louable, mais avant de vous lancer dans cette aventure, mesurez-en tous les risques. Mieux vaut s'informer pour faire un choix éclairé.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie
 

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