Cancer du col utérin et vaccin anti-VPH

Le cancer du col de l'utérus est le treizième en importance chez les femmes canadiennes. En 2010, on estime qu'il a été à l'origine de plus de 370 décès et qu'environ 1300 femmes ont reçu un diagnostic de cancer du col utérin au Canada.

Parmi les facteurs de risques liés à cette maladie, l'infection par le virus de papillome humain (VPH) est le plus important. La bonne nouvelle est qu'il existe maintenant un vaccin qui peut réduire la propagation du virus et par la même occasion le nombre de cancers du col de l'utérus.

Quelques mots sur le cancer du col utérin

Le col de l'utérus fait partie du système reproducteur féminin. Il est situé à la base de l'utérus, dans sa partie la plus étroite. Il relie l'utérus au vagin. Un cancer du col de l'utérus commencera toujours par la présence de cellules précancéreuses, que l'on détecte facilement grâce à un test Pap. Cet état précancéreux, qui n'est pas rare, peut toutefois évoluer vers un cancer en l'absence de traitement. Il faut savoir que la plupart des femmes qui présentent une dysplasie (changements anormaux dans les cellules) ne développeront pas un cancer du col de l'utérus.

Causes

On ne connaît pas les causes qui favorisent le cancer du col de l'utérus, mais le facteur de risque le plus important est l'infection au VPH.

Symptômes

Le cancer du col de l'utérus, dans ses premiers stades ou lorsqu'il s'agit d'un état précancéreux, peut se développer sans qu'aucun signe ou symptôme ne se manifeste. Voilà pourquoi il est d'autant plus important pour les femmes de passer un test Pap régulièrement.

Si vous expérimentez l'un ou l'autre des symptômes suivants, il serait bon de consulter votre médecin afin d'établir leur cause :

  • Des saignements vaginaux inhabituels.
  • Des pertes vaginales inhabituelles.
  • Des douleurs durant les relations sexuelles.
  • Des douleurs au bassin.
  • Des écoulements vaginaux clairs et aqueux.
  • Des écoulements vaginaux malodorants.

Traitement

Si votre médecin a diagnostiqué un cancer du col de l'utérus, vous devrez suivre un traitement pour éradiquer la maladie. Plusieurs options s'offrent à vous et c'est en discutant avec les spécialistes que vous pourrez définir celles qui seront le plus efficaces dans votre cas personnel :

  • La chirurgie : dépendamment de la taille de la tumeur, on pourrait procéder à une ablation totale ou partielle de l'utérus.
  • La radiothérapie externe ou interne.
  • La chimiothérapie.

Qu'est-ce que le VPH?

  • C'est un virus transmissible sexuellement.
  • Très commun et très contagieux, le VPH peut être contracté par contact entre les organes génitaux, mais aussi par contacts bucco-génitaux et « peau à peau ».
  • Même si vous utilisez des préservatifs, le virus peut être présent sur une partie de la peau non couverte par le préservatif (anus ou scrotum, par exemple).
  • Il existe plus de 100 formes différentes du virus et la plupart des porteurs ne se rendront jamais compte qu'ils ont contracté le VPH parce qu'il n'y a pas de symptômes spécifiques.
  • On estime que jusqu'à 75 % des hommes et des femmes contracteront ce virus à un moment donné au cours de leur vie, ce qui peut sembler banal.
  • Si certains types du virus sont à l'origine de verrues génitales et anales (virus de type 6 et 11), d'autres, à plus haut risque, peuvent provoquer des lésions précancéreuses au col de l'utérus, à l'anus et à d'autres parties de la zone génitale (virus de type 16 et 18).
  • Si quelqu'un contracte le VPH, il n'y a pas de remède pour éradiquer le virus et seul le temps le fera disparaître. Il est cependant possible de traiter certains symptômes (éliminer les verrues, par exemple).
  • La présence des virus de type 16 ou 18 prédispose à l'apparition de cellules précancéreuses qui pourraient évoluer vers un cancer du col de l'utérus ou, moins souvent, vers un cancer du vagin, de la vulve ou de l'anus.
  • Environ 70 % de ces cancers du col utérin débutent par une infection au VPH de type 16 ou 18.

Le vaccin anti-VPH

Il existe désormais deux vaccins très efficaces qui éliminent le risque de contracter les types de virus cités plus haut :

  • Le Cervarix : il offre une protection, pendant au moins 5 ans, contre les types 16 et 18 de VPH, soit uniquement ceux qui pourraient causer un cancer.
  • Le Gardasil : il offre une protection, pendant au moins 5 ans, contre les types, 16 et 18 du VPH, mais aussi contre les types 6 et 11 responsables d'environ 90 % des condylomes (verrues génitales)

Ces deux vaccins devraient être administrés aux jeunes femmes qui n'ont encore jamais été exposées au VPH. Le Gardasil est le vaccin le plus utilisé, car il offre une plus large protection. Il est sans danger et son efficacité pour prévenir l'apparition de cellules précancéreuses au col de l'utérus est de presque 100 % pour les virus ciblés par le vaccin (16 et 18). Les infections déjà existantes ou les cellules précancéreuses ne peuvent être soignées par le vaccin.

Toutefois, même si elles ont été vaccinées contre le virus du papillome humain ou VPH, les femmes doivent continuer à passer des tests de dépistage du cancer du col de l'utérus (test Pap). Le vaccin anti-VPH prévient l'infection causée par les types de VPH associés à 70 % des cancers du col de l'utérus.

L'autre 30 % des cancers du col de l'utérus est causé par des types de VPH non ciblés par le vaccin. La vaccination ne peut donc remplacer un test de dépistage du cancer de l'utérus.

Qui devrait être vacciné?

Au Québec, le système de santé provincial offre la vaccination gratuitement pour les jeunes filles âgées de 9 à 17 ans.

Il est conseillé de faire vacciner vos enfants à un jeune âge parce que leur système immunitaire est alors plus réceptif. De plus, il est toujours mieux de faire vacciner vos filles quand elles ne sont pas encore sexuellement actives : puisque le virus est extrêmement contagieux, c'est la meilleure façon de leur assurer une protection contre les 4 types de virus ciblés par le vaccin. Voici la politique de vaccination actuelle au Québec :

  • Le réseau public assure la couverture aux filles de 9 à 17 ans inclusivement.
  • Vaccin administré : le Gardasil
  • En 4e primaire : le vaccin se donne en 3 doses à 0, 6 et 60 mois
  • En secondaire 3, les 3 doses se donnent à des intervalles de 0, 2 et 6 mois

Hors du milieu scolaire, la vaccination se fait en milieu communautaire pour la clientèle visée, soit les jeunes femmes de 9 à 17 ans.

En faisant vacciner vos jeunes filles contre le VPH, vous leur éviterez peut-être de contracter plus tard un cancer de l'utérus. Peut-être pensez-vous qu'il est trop tôt pour penser à la future vie sexuelle de votre petite princesse de 9 ans, mais ce geste simple (et gratuit) pourrait lui sauver la vie. Alors, il n'y a pas d'hésitation qui vaille! Le cancer est une maladie longue, douloureuse, traumatisante... et souvent mortelle! Réfléchissez-y...

Pour plus d'informations sur le sujet, vous pouvez consulter le site de la SCC et le site d'information sur le VPH.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie 

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